L’université de Reims s’offre l’un des ordinateurs les plus puissants au monde

«Roméo 5», ce supercalculateur à 6 millions d’euros, fait partie des 300 plus performants au monde. Il permettra aux chercheurs de l’université et à des entreprises affiliées de simuler des phénomènes réels, commme la météo.

L’université de Reims Champagne-Ardenne vient de se doter d’un monstre de technologie. Caché derrière de grandes armoires métalliques aux néons bleus, «Roméo 5», c’est son nom, est l’un des ordinateurs les plus puissants au monde. Et il risque de rendre de grands services aux chercheurs champenois, ainsi qu’aux entreprises qui ont passé un accord avec l’université pour l’utiliser. Quatre fois plus puissant que son prédécesseur et deux fois plus petit, celui-ci coûte la bagatelle de six millions d’euros et a été conçu en partenariat avec les plus grandes entreprises du numérique.

Le président de l’université de Reims Champagne-Ardenne Guillaume Gelle explique au Figaro que «le programme Roméo a commencé dès 1998 avec le premier supercalculateur installé dans l’université». Depuis vingt ans, l’université s’est donc fait une spécialité de ces mastodontes technologiques. L’établissement s’est associé successivement à l’entreprise de services du numérique Atos, à celle de cartes graphiques Nvidia et au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour créer des nouvelles machines toujours plus performantes. Elle est aujourd’hui l’université française qui possède la machine la plus avancée. Roméo 5 aura coûté six millions d’euros à l’université, la ville, la région, le fonds européen de développement régional et l’état.

Sécurité et climatisation

Pour se faire une idée du niveau de performance de ce bloc de trois mètres cubes, il existe un classement, le Top 500 des supercalculateurs mondiaux. Roméo 5 y apparaît à la 234ème place, avec notamment de très bonnes performances en matière écologique. Or c’est principalement le ratio performance/consommation qui calcule la puissance d’un supercalculateur. «À l’heure actuelle, la limite de ces engins n’est pas la capacité à faire les calculs, mais la limite énergique, parce qu’on n’a pas encore les moyens de les alimenter dans la durée», explique encore Guillaume Gelle.

L’utilisation de Roméo 5 reste toutefois contraignante pour l’université qui doit lui réserver une salle ultrasécurisée et climatisée car «la machine chauffe beaucoup». Pourtant celle-ci ne sera pas réservée au seul personnel enseignant et étudiant de l’université de Reims-Champagne-Ardenne. «Nous avons des conventions pour que des professeurs d’autres universités, mais aussi des PME ou de grands groupes industriels puissent s’en servir», précise encore Guillaume Gelle.

Prévisions météorologiques

«Roméo 5 est capable de réaliser un million de milliards de calculs en une seconde!», se réjouit sur le site de France Bleu Michael Krajecki, le directeur du centre de calcul de l’université. Dans le détail, les calculs de Roméo devraient permettre de s’atteler à une tâche en particulier: simuler de manière très précise des phénomènes physiques réels, comme les conditions météorologiques, la diffusion d’un médicament dans le sang en fonction du temps, la conception des voitures ou même la décision dans un engagement militaire en simulant une guerre. Et Michael Krajecki de conclure: «On [peut faire] des présentations de véhicules qui n’existent pas encore grâce à la capacité de calcul de Roméo, qui permet de faire un rendu photo-réaliste d’un véhicule et de prendre des décisions sur le fait de choisir de le produire en masse ou non.»

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/l-universite-de-reims-s-offre-l-un-des-ordinateurs-les-plus-puissants-au-monde_c16c1aac-c614-11e8-8ab8-0865eb3bb52c/
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Éric Coquerel (LFI): «On est en train d’entériner la sélection à la fac comme une chose normale»

INTERVIEW – Très présent au côté des manifestants pour fustiger la récente loi pour l’orientation et la réussite des étudiants, le député La France Insoumise (LFI) lutte pour que le bac reste l’unique passeport pour l’université.

Le député de la France Insoumise (LFI) Éric Coquerel est un hyperactif de la cause étudiante. On l’a vu, au printemps, mégaphone en bout de bras, alpaguer les étudiants du centre Pierre Mendès France (Tolbiac) de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. On l’a vu aussi, en avril, se faire entarter par un militant anti-blocage de l’Action Française. Pour cette rentrée universitaire 2018, il est allé sur le campus de Nanterre pour venir en soutien aux «sans facs», ces étudiants sans affectation dans l’enseignement supérieur qui déposent leurs dossiers en dernier recours auprès du syndicat Unef. Celui qui se déclare «au plus proche de toutes les luttes», regrette aujourd’hui la sélection instaurée par la loi pour l’orientation et la réussite des étudiants (ORE), la perte de crédibilité du baccalauréat et le manque de moyens alloués à l’université, notamment dans son département de Seine-Saint-Denis (93).

LE FIGARO – D’après les chiffres officiels, il reste 900 candidats inscrits sur Parcoursup qui n’ont pas trouvé de place dans l’enseignement supérieur. L’an dernier ils étaient 3.000 à la même époque. Par ailleurs, la grogne étudiante semble s’être calmée depuis la rentrée. Est-ce que Parcoursup a finalement mieux fonctionné que vous ne le prévoyiez?

Éric Coquerel – Parcoursup n’est pas un succès, tout le monde l’admet. Il y a beaucoup plus de gens qui se retrouvent sur le carreau que ce que l’on dit. Il y a 40.000 personnes qui étaient considérées comme inactifs et qui sont dans un trou noir dont on ne sait comment ils y sont répartis. Il y en a probablement parmi eux qui n’ont toujours rien pour cette année. Mais surtout, le vrai problème est ailleurs: vu qu’il n’y a pas eu de hiérarchisation dans les choix que pouvaient faire les étudiants (comme c’était le cas avec APB, ndlr), ils sont nombreux à se retrouver dans des filières qu’ils ne voulaient absolument pas rejoindre.

Le gouvernement se félicite d’une plus grande ouverture aux recrutements de candidats en dehors des académies de chaque université. Cela pourrait en principe permettre aux meilleurs candidats de banlieues et de province de rejoindre plus facilement les universités parisiennes les plus prestigieuses. Faut-il «désectoriser» complètement le système d’accession à l’enseignement supérieur?

Le fait d’avoir la liberté de pouvoir s’inscrire dans l’université de son choix est une bonne chose. Il ne faut pas que toute la Seine-Saint-Denis aille à l’université Paris 8, par exemple. Nos étudiants devraient pouvoir postuler avec les mêmes chances dans toute l’Île-de-France. Mais je reste quand même attaché à une forme de sectorisation régionale, pour que les étudiants n’aient pas à traverser la France entière pour faire les études de leurs choix, car cela est invivable.

«On est en train d’entériner la sélection comme une formalité, quelque chose de normal»Éric Coquerel, député La France insoumise

L’an dernier, certains candidats dans des filières sous tension (psycho, Staps…) ont été tirés au sort pour rentrer à l’université. Cette année, ils ont été sélectionnés grâce à leurs dossiers de première et de terminale. Quelle est la meilleure solution?

Les deux solutions sont mauvaises, mais la seconde l’est encore plus. Le problème, c’est qu’on est en train d’entériner la sélection comme une formalité, quelque chose de normal. Dans trois ans, elle ne posera plus de problème à personne, on n’en parlera plus. Pourtant, cette sélection a un impact majeur sur notre système éducatif: le bac ne garantira tout simplement plus l’accès à l’université dans la filière de son choix. C’est principalement pour cette raison que je m’oppose à cette loi. Au lieu de faire correspondre le nombre de places au nombre d’étudiants, on est en train de faire l’inverse, on sélectionne le nombre d’étudiants en fonction du nombre de places.

Le gouvernement a ouvert 30.000 nouvelles places à l’université et en BTS pour la rentrée. Il table aussi sur un

«À Tolbiac, l’état des locaux était quasiment le même avant et après les manifestations»Éric Coquerel, député LFI

budget de l’enseignement supérieur en hausse de 173 millions d’euros en 2019. Est-ce suffisant?

Ce n’est pas assez! Nous aurons 55.000 étudiants en plus à la rentrée prochaine, et si l’on tient compte du nombre d’étudiants en plus qui arrivent chaque année, le budget par élève baisse. Dans l’est de mon département, par exemple, la Seine-Saint-Denis, il est indispensable de construire très vite une nouvelle université.

Au printemps dernier, les blocages dans le seul campus de Tolbiac ont coûté 1,7 million d’euros au contribuable. 7 millions au moins si l’on compte tous les campus de France. Quel message apportez-vous aux étudiants qui souhaiteraient poursuivre la «lutte» cette année dans les universités françaises?

Je réfute ces chiffres. Ce sont les données officielles qui ne se basent sur rien puisqu’aucun état des lieux n’avait été fait nulle part avant les blocages. Ma fille, qui est à Tolbiac, m’a dit que l’état des locaux était quasiment le même avant et après les manifestations: les tags existaient déjà! Et puis un blocage est une forme de lutte qui permet de se faire entendre. Quand je suis passé l’an dernier à Tolbiac, ils étaient 2.000 à se réunir en assemblée générale, contre 250 deux ans avant contre la loi El Khomri quand le campus n’était pas bloqué (Loi relative au travail adoptée en 2016, ndlr). Cette façon de manifester fonctionne, et je continuerai de soutenir les jeunes dans leurs combats, comme ailleurs je soutiens les salariés dans d’autres luttes.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/eric-coquerel-lfi-on-est-en-train-d-enteriner-la-selection-a-la-fac-comme-une-chose-normale-_f1aea2a8-c24e-11e8-af9a-1ecac13903f7/
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