#PasDeVague : les profs sont victimes des « objectifs de performance »

« La réalité dans les établissements ? Elle est loin de ce que décrit Jean-Michel Blanquer, elle est loin de ce que décrit une partie de l’institution. Dans les collèges et les lycées, il y a des incivilités tous les jours : ça c’est une réalité ! » Après la diffusion de la vidéo de l’agression d’une prof à Créteil, la parole des enseignants s’est libérée à travers le hashtag PasDeVague. Des milliers de témoignages en quelques heures.

Professeur de Sciences économiques et sociales et secrétaire générale du Snes (Syndicats National des Enseignants du Second degré), Sophie Vénétitay tient pourtant à préciser que la situation n’est pas nouvelle. La syndicaliste insiste sur le sentiment de solitude et d’abandon d’une grande partie du corps enseignant face au déni de leur hiérarchie.

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Le Snes condamne toute forme de violence dans l’enceinte des établissements, envers les adultes mais aussi envers les élèves. Une situation « pas si surprenante que ça » car les témoignages remontent depuis des années, « bien avant l’emballement médiatique de ces derniers jours ».

Les « objectifs de performance »

De nombreux profs vivent des situations difficiles dans leur classe sans trouver le soutien qu’ils recherchent :

« On en est arrivé là parce qu’il n’y a pas eu cette prise de conscience de l’importance de mettre l’éducatif au centre de tout. »

Sophie Vénétitay donne l’exemple de l’académie de Versailles où elle enseigne : 288 postes d’assistantes sociales pour 437.000 élèves à la rentrée 2018 dans les collèges et les lycées. Un nombre dérisoire alors que ces assistantes sociales jouent aussi un rôle important pour « raccrocher » les élèves et les familles à l’institution scolaire :

« On voit bien qu’il n’y a pas eu une prise de conscience de la nécessité d’investir dans le service public d’éducation. »

La syndicaliste rejette la réponse de l’institution qui consiste à renvoyer aux objectifs de performances qui freinent pour prendre la décision d’un conseil de discipline ou d’exclusion :

« C’est la politique de l’affichage qui a primé sur l’humain. »

 Des objectifs de performance ? Les académies organisent des réunions pour rappeler l’existence de ces fameux indicateurs de performance. Certains établissements peuvent ainsi s’entendre dire qu’ils ont effectué trop de conseils de discipline par rapport à la moyenne départementale. Ensuite, lorsqu’un un enseignant vient signaler une incivilité, il peut s’entendre répondre : « Etes-vous bien sûr que ça s’est passé comme ça ? » Juste pour atteindre l’objectif de diminution de conseils de discipline.

Changer de modèle

Un mode de management du système éducatif est en fait calqué sur le modèle privé et le modèle anglo-saxon. Un fonctionnement que dénonce le Snes depuis longtemps :

« Ce pilotage par des objectifs de performance explique que, pendant des années, tous ces faits d’incivilités et de violences ont été mis sous le tapis par l’administration. »

Le Snes demande au ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, de prendre des mesures pour changer de curseur mais réclame aussi plus de moyens humains « alors que le ministère s’apprête à supprimer plusieurs milliers de postes l’année prochaine. »

Louis Morice
Source: http://www.nouvelobs.com/societe/20181024.OBS4417/pasdevague-les-profs-sont-victimes-des-objectifs-de-performance.html?xtor=RSS-13
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« Tu me mets présent ! » A Créteil, un lycéen braque sa prof

« Menacer un professeur est inacceptable. J’ai demandé au ministre de l’Éducation nationale et au ministre de l’Intérieur de prendre toutes les mesures pour que ces faits soient punis et définitivement proscrits des écoles. » Emmanuel Macron a réagi samedi soir, sur Twitter, à la mise en garde à vue, à Créteil, d’un lycéen soupçonné d’avoir braqué sa professeure avec une arme qui s’est révélée factice.

Les faits ont aussi été condamnés par les ministres Christophe Castaner (Intérieur) et Jean-Pierre Blanquer (Education nationale).

Une vidéo postée sur les réseaux sociaux

La scène a été filmée jeudi matin, au lycée Edouard-Branly de Créteil, dans le Val-de-Marne, puis a été diffusée sur les réseaux sociaux. Elle a été divulguée samedi par « Le Parisien ». On voit le lycéen brandir une arme – factice – et l’approcher du visage de l’enseignante. « Tu me mets absent », lance-t-il, avant de réaliser qu’il veut dire l’inverse et de se reprendre. « Tu me mets présent. »

L’enseignante « semble plus lasse qu’apeurée », commente le journal. Elle a porté plainte le lendemain, accompagnée de sa hiérarchie, a indiqué le rectorat de Créteil.

En garde à vue

Un adolescent de 16 ans, soupçonné d’être celui qui brandit la réplique d’arme, s’est rendu avec son père au commissariat vendredi. Il était toujours en garde à vue samedi en fin d’après-midi et devait être présenté ce dimanche à un juge pour enfants, a déclaré le parquet.

Selon LCI, il a déclaré avoir agi sur le ton de la rigolade, sans vouloir intimider l’enseignante, car il n’admettait pas qu’elle l’inscrive sur la liste des absents. Il a également affirmé qu’il n’avait pas connaissance que la scène avait été filmée.

Un autre adolescent du même âge, soupçonné d’avoir introduit l’arme dans l’établissement, a été interpellé vendredi à son domicile et placé en garde à vue, selon le parquet. Il a ensuite été remis en liberté sans poursuites samedi en fin de journée, l’arme de la vidéo s’avérant bien être un pistolet à billes « de type airsoft », a précisé une source proche du dossier.

Des poursuites sont aussi engagées à l’encontre de la personne qui a enregistré et diffusé la vidéo, qui est « en cours d’identification », et une « évaluation du retentissement psychologique de la victime » va être menée, a indiqué le parquet.

Conseil de discipline

Les réactions politiques sont nombreuses depuis samedi. « Ce n’est pas un lycée qui est habitué à ce genre de choses », a cependant nuancé Didier Sablic, professeur depuis près de 25 ans au sein du lycée Edouard-Branly, où il y a selon lui « beaucoup de projets » et de « travail avec les élèves sur la communication et le respect ».

Les élèves concernés ont été « à titre conservatoire retirés des cours et il y aura un conseil de discipline à la rentrée, ce qui ne préjuge pas du reste de la procédure judiciaire », a-t-il ajouté. Une réunion est prévue après les vacances scolaires avec l’équipe du lycée « pour que tout le monde puisse donner son ressenti » et pour « essayer d’avoir un message commun envers les élèves et les parents ».

(avec AFP)

L'Obs
Source: http://www.nouvelobs.com/societe/20181021.OBS4248/un-lyceen-braque-une-arme-sur-sa-prof-inacceptable-pour-macron.html?xtor=RSS-13
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« Tu me mets présent ! » A Créteil, un lycéen braque sa prof avec une arme

Un lycéen menace son enseignante d’une arme pour qu’elle note sa présence sur la feuille d’appel. La scène a été filmée jeudi matin, dans un établissement de Créteil, dans le Val-de-Marne, puis a été diffusée sur les réseaux sociaux. Elle est racontée ce samedi par « Le Parisien ».

Le lycéen approche son arme du visage de l’enseignante. « Tu me mets absent », dit-il, avant de réaliser qu’il veut dire l’inverse et de se reprendre. « Tu me mets présent. »

L’enseignante « semble plus lasse qu’apeurée », commente le journal. « Elle fixe l’écran de son ordinateur et échange quelques mots inaudibles avec des élèves. »

Une enquête a confiée à la sûreté territoriale du Val-de-Marne. Les deux élèves du lycée Edouard-Branly qui apparaissent sur la vidéo ont été interpellés, tandis que celui qui tient l’arme s’est rendu de lui-même, explique « le Parisien ».

L'Obs
Source: http://www.nouvelobs.com/societe/20181020.OBS4237/tu-me-mets-present-a-creteil-un-lyceen-braque-sa-prof-avec-une-arme.html?xtor=RSS-13
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