Lycée français ou école locale : quel établissement pour étudier à l’étranger ?

Lycées français, cours à distance, établissements locaux… Les enfants d’expatriés passent souvent d’une formule à l’autre. Et les lycées français n’ont pas systématiquement leurs faveurs.

Avant même de terminer son installation à l’étranger se pose la question de la scolarité. Dans quels écoles, collèges ou lycées s’inscrire quand on doit suivre ses parents à l’étranger? Faut-il privilégier un établissement français ou local? Le bac obtenu à l’étranger permet-il de s’inscrire dans une école ou université française? Le Figaro fait le point sur les différentes solutions qui s’offrent aux enfants d’expatriés.

● Les établissements français de l’AEFE: la solution la plus sécurisante

Collège Stanislas de Montréal, lycée Charles de Gaulle de Londres, lycée français international Victor Segalen de Hong Kong… La plupart des grandes métropoles du monde disposent d’établissement français. Le réseau d’enseignement français à l’étranger, encadré par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), compte 497 écoles, collèges et lycées dans 137 pays. Ces établissements accueillent 350.000 élèves dont 126.000 Français et 224.000 étrangers. Ils sont soit gérés directement par l’AEFE, soit conventionnés (associations ou fondations privées), soit partenaires (avec notamment la Mission laïque française, qui dispose de 109 établissements d’enseignement français dans 38 pays, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient).

Le lycée français de Londres se trouve dans le quartier de Kensington, très fréquenté par les Français.

Leur point commun? Ces établissements sont homologués par l’Éducation nationale: leur enseignement est reconnu comme «conforme aux principes, aux programmes et à l’organisation pédagogique du système éducatif français». Des cours de langue et de culture locale sont prévus dans les emplois du temps.

Quels diplômes? Ils préparent aux deux examens du secondaire, à savoir le diplôme national du brevet (DNB) et le bac. Au bac, les élèves peuvent choisir l’option internationale du baccalauréat (OIB). Les lycéens passent toutes les épreuves correspondant à leur série, à l’exception de la langue étrangère de la section et de l’histoire-géographie qui font l’objet d’épreuves spécifiques, à l’écrit et à l’oral. Pour les sections chinoises, une épreuve spécifique de mathématiques remplace l’épreuve d’histoire-géographie. Quatorze sections conduisent à l’OIB: allemande, américaine, arabe, britannique, chinoise, danoise, espagnole, italienne, japonaise, néerlandaise, polonaise, portugaise, russe et suédoise. Les lycées français de l’étranger se distinguent par des taux de réussite au bac (97,3 % en 2018) bien plus élevés qu’en France (88,3%).

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Quels prix? Contrairement aux établissements publics implantés en France, la scolarité dans ces établissements est payante, et souvent très chère. Une année au lycée français Charles de Gaulle de Londres coûte par exemple 7800 € par an. Au lycée français de San Francisco, ces frais s’élèvent à 26.300 € par an. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, les frais d’inscription dans les établissements étrangers étaient pris en charge par l’État. Trop coûteuse, la mesure a été supprimée en 2012 par son successeur François Hollande. Les parents peuvent toujours solliciter une bourse auprès de l’AEFE. Le montant de l’aide est fixé selon les ressources de la famille et le coût de la vie du pays. En complément, des bourses d’établissements sont parfois proposées.

Il existe un lycée français dans toutes les grandes villes du monde, mais les frais de scolarités sont bien plus élevés qu’en France.

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Quelle pédagogie? Autre différence avec les lycées publics en France: «Les effectifs des classes sont plus réduits qu’en France. Cela facilite les rapports avec les professeurs et les autres élèves, quasiment tous expatriés, souligne Victor, inscrit pendant trois ans au lycée français international Charles de Gaulle de Pékin. L’ensemble des cours était assuré en français, mais nous pouvions apprendre le chinois en première langue (LV1), deuxième langue (LV2) ou en OIB». Une fois son bac S obtenu, il a pu s’inscrire dans la prestigieuse université McGill à Montréal (Canada). «Un choix né de mes rencontres avec des expatriés canadiens en Chine», se souvient l’étudiant qui entame sa quatrième année d’études.

Comment poursuivre ses études? Comme pour les élèves français ayant étudié en France, l’inscription dans l’enseignement supérieur se fait via la plateforme Parcoursup.

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● Les autres lycées internationaux: l’International Baccalaureate

La plupart des lycées internationaux privés préparent à l’International Baccalaureate (IB). L’enseignement peut être fait en anglais, français et espagnol. La liste des lycées internationaux concernés est visible sur le site de l’IB.

Quelle poursuite d’études? Ce diplôme dispense les lycéens français de passer le bac et permet d’intégrer une université française ou étrangère (3000 établissements d’enseignement supérieur dans le monde). Certains établissements imposent des conditions d’admission supplémentaires, notamment Sciences Po, les universités Paris 2 Panthéon Assas, Paris 7 ou Paris Nanterre. Attention: si l’IB est préparé dans une autre langue que le français, le niveau en français peut être un peu juste pour réussir ses études en France. Arthur termine sa scolarité Bavarian International School de Munich (Allemagne) où il prépare l’IB en anglais. Si le jeune homme parle un français parfait, sa mère redoute que son niveau à l’écrit ne l’empêche de réussir en classe préparatoire. C’est pourquoi Arthur envisage un bachelor en anglais dans une école de commerce française.

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● Les lycées locaux: la solution la plus économique

Rien n’empêche les parents de scolariser leurs enfants dans une école, un collège ou un lycée public local. C’est une solution moins coûteuse qui permet une immersion totale. Un bon niveau dans la langue locale est forcément requis pour s’y inscrire. Il faudra constituer un dossier scolaire complet (bulletins, attestation du niveau de langue) et le faire traduire. Cette formule est à privilégier dans le cadre d’une expatriation longue durée ou lorsqu’il n’existe pas de lycée français à proximité. «J’envisageais de poursuivre mes études supérieures au Royaume-Uni. Après avoir passé quatre ans dans le système français du CE1 au CM2 (deux ans au lycée Alexandre Dumas de Moscou, deux ans à Paris), j’ai réintégré le système britannique. J’ai poursuivi mes études en Angleterre au collège et au lycée, en internat pour trouver un peu plus de stabilité», détaille Lucie, 21 ans, aujourd’hui étudiante à l’University College de Londres (UCL).

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Bon à savoir: en Chine, il n’est pas possible de s’inscrire dans une école publique locale. «Les enfants des expatriés ne peuvent pas être scolarisés dans une école publique, il faut avoir obligatoirement un passeport chinois», témoigne Caroline qui a vécu avec sa famille à Shanghaï. Toutefois, ajoute-t-elle, il existe des lycées privés chinois ouverts aux étrangers et d’excellent niveau, comme YK Pao School à Shanghaï.»

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Quelle poursuite d’études en France? Cette formule ne convient pas toujours aux enfants qui envisagent un retour au pays, comme le rappelle Marjorie Murphy, journaliste expatriée pendant dix ans au Canada et créatrice du podcast ExExpat qui s’intéresse aux difficultés de l’impatriation. «Au retour, l’adaptation n’est pas seulement linguistique, elle est aussi culturelle. Par exemple, mon fils ne connaissait aucun poème car ce n’est pas une coutume d’en apprendre au Canada. Il a aussi dû se familiariser avec de nouveaux mots et expressions. Ces petits détails peuvent déstabiliser au début», prévient la mère.

Le retour peut être compliqué pour les élèves ayant étudié dans un établissement non reconnu par le ministère français de l’Éducation. Pour s’inscrire ou se réinscrire en France, «ils doivent réussir un examen qui déterminera leur classe, rappelle le site Service-public. Organisé par le chef d’établissement d’accueil souhaité, l’examen porte sur les principales disciplines communes à la classe fréquentée et à la classe dans laquelle l’élève souhaite poursuivre ses études».

À noter que les candidats français qui ont passé l’équivalent du bac à l’étranger (Abitur, A-level…) peuvent tout à fait postuler dans l’enseignement supérieur français via la plateforme Parcoursup.

● L’enseignement à distance avec le Cned

Les élèves ne disposant pas d’établissements français dans leur ville ou région peuvent suivre une scolarité complète à distance, de la maternelle à la terminale, avec le Centre national d’enseignement à distance (Cned). «Ils peuvent effectuer une inscription réglementée afin de suivre l’intégralité du programme scolaire officiel, rappelle Étienne Rabaté, directeur délégué en charge des affaires internationales au Cned. Le certificat de scolarité, les relevés de notes et l’avis d’orientation sont alors émis par le Cned».

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Il est aussi possible de combiner une scolarité locale avec ces cours à distance. «Les élèves installés aux États-Unis et au Royaume-Uni sont les plus nombreux à suivre les cours du Cned en complément d’une scolarité locale», précise Étienne Rabaté. Ce programme complémentaire est recentré sur trois matières, généralement le français, les maths et l’histoire-géographie. Il doit faciliter une éventuelle poursuite d’études dans le système français. En cas de retour en France, les démarches sont les mêmes que pour un changement de domicile.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/lycee-francais-ou-ecole-locale-quel-etablissement-pour-etudier-a-l-etranger-_3f7b5596-a092-11e8-9b41-e9c4ac128ac5/
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Quand Charles Aznavour était élève à l’École des enfants du spectacle

Comme Benoît Magimel ou Clovis Cornillac après lui, Charles Aznavour fut élève au collège Rognoni de Paris, l’École des enfants du spectacle. De 1933 à 1936, il y apprit le chant, mais aussi la danse et la comédie.

«Charles Aznavour habitait juste en face du collège, dans des bâtiments qui ont été détruits depuis», explique Alexis Lebert, directeur du collège Rognoni, rue du Cardinal Lemoine à Paris, dans le 5ème arrondissement. Aussi connu sous le nom d’«École des enfants du spectacle», cet établissement pleure aujourd’hui la mort de l’un de ses plus illustres anciens. À partir de 1933 et pendant trois ans, de ses neuf à ses onze ans, l’interprète de La bohème prend des cours de chant, de musique, de danse et de comédie. Cette école, qui a ensuite formé des artistes comme Clovis Cornillac, Virginie Ledoyen ou Benoît Magimel, continue d’attirer de jeunes artistes en leur proposant des emplois du temps aménagés.

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«Je n’avais qu’à traverser la rue, puisque mon père habitait en face, avait expliqué Charles Aznavour devant les collégiens de son ancienne école le 1er février 2018 alors qu’il venait leur rendre une visite. L’école des enfants

Charles Aznavour en visite dans son ancien collège, en février 2018.

du spectacle était ouverte, on venait un peu quand on voulait, elle accueillait les jeunes comédiens peu fortunés… et m’a tout appris!» D’après le blog de l’école, Charles Aznavour avait rencontré «à l’improviste» en ce début d’année les élèves qui avaient cours de musique au moment de sa visite. Ainsi, Clément au violon et Leith à l’accordéon, tous deux élèves de cinquième, lui ont joué «Adios Nonino», du bandonéoniste argentin Piazzola, pour célébrer sa venue.

Au théâtre à 9 ans

Dès l’âge de 9 ans, Charles Aznavour se dirigeait donc déjà vers une carrière artistique. Son père Misha Aznavourian avait à cette époque ouvert un café rue du Cardinal-Lemoine, juste en face du collège Rognoni où il inscrivit donc son fils. «Monsieur Rognoni, le fondateur du collège et sociétaire de la Comédie- Française, s’était lié d’amitié avec le très jeune Charles, c’est pour ça qu’il l’avait reçu dans son collège», explique le directeur actuel de l’école, Alexis Lebert.

En parallèle de son cursus à L’école des enfants du spectacle, Shahnourh Varenagh Aznavourian, le vrai nom de l’artiste, s’inscrit dès 1933 au théâtre du Petit monde de Roland Pilain, dans le 11ème arrondissement de Paris, aux côtés de sa sœur Aïda. C’est là qu’il décide de prendre comme nom de scène «Charles Aznavour».

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Aujourd’hui, l’école accueille environ 270 élèves dans ses rangs, avec une philosophie restée inchangée. «Nous avons des classes aménagées pour des enfants qui suivent un parcours artistique, explique encore le directeur de l’école. Les cours de chant, musique, danse ou comédie sont pris à l’extérieur de l’école». Les élèves peuvent s’inscrire du CM1 à la troisième au collège Rognoni, et ils choisissent s’ils veulent y prendre des cours le matin ou l’après-midi.

«L’école et le collège Rognoni visent l’excellence», témoigne Sabine dont la fille, qui chantait à la chorale Saint-Merri à Paris, a été scolarisée en CM1 et CM2 à l’École des enfants du spectacle. «Elle était avec des enfants qui lui ressemblaient, des comédiens, des chanteurs, mais aussi des patineurs, des joueurs de tennis». «Mais l’entrée est assez sélective», poursuit Sabine. Et sa fille a raté l’audition permettant d’intégrer la 6 ème du collège.

Aujourd’hui, aucune salle ni amphithéâtre ne porte le nom d’Aznavour, mais cela ne saurait tarder. «Nous sommes en train de construire une nouvelle salle de théâtre qui pourrait bien être rebaptisée au nom de ce génie de la chanson française», confie Alexis Lebert. Une association, Génération Rognoni, a par ailleurs été créée le 22 septembre pour encourager davantage les rencontres entre les anciens, dont certains sont célèbres, et les jeunes collégiens de la petite école du cinquième arrondissement.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/le-college-rognoni-l-ecole-des-enfants-du-spectacle-de-l-eleve-aznavour_5e792fc2-c572-11e8-8ab8-0865eb3bb52c/
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La « troisième révolution industrielle » des Hauts-de-France embarque les étudiants

Elèves de l’école d’ingénieurs IMT Lille Douai. Celle-ci est partenaire pédagogique des deux accélérateurs de start-up Rev3, dont l’un est accueilli au sein de l’école.

Le local sent encore la peinture fraîche, les imprimantes 3D sont toutes neuves, au plafond l’éclairage LED côtoie une vieille lampe industrielle. Au fond, un établi, une fraiseuse et un tableau noir accroché au mur. L’atelier vient tout juste d’ouvrir, niché au cœur du lycée technologique et scientifique Baggio, au sud de Lille.

Dans cet établissement de 1 600 élèves et plus de 200 professeurs, les élèves pourront bientôt venir s’essayer à la fabrication. Ceux des collèges et lycées voisins sont aussi invités à y mener des projets technologiques. « Nous voulons que les plus jeunes expérimentent ce qu’est la construction d’un objet, qu’ils prennent le goût des machines », explique le proviseur, Jean-Marie Trapani à propos de ce Fab Lab :

« Cet espace d’innovation partagé doit permettre aux collégiens d’approcher le métier d’ingénieur. »
Des métiers qui recrutent

Ici, ils parlent conception, matériel, robots, créativité, mécanique, automatisation… Et élaborent de petits prototypes. Derrière ce Fab Lab, la volonté de mener des élèves vers des métiers qui recrutent… mais qui peinent à trouver des candidats formés. La faute à une mauvaise image de l’industrie, dans une région qui a traversé plusieurs crises. Ainsi, résume Jean-Marie Trapani :

« Quand une industrie ferme, ça fait beaucoup de bruit, les images sont marquantes, beaucoup plus que le tertiaire ou les start-up du numérique qui ont aussi des licenciements. Résultats : les parents gardent en tête que l’industrie va mal. »
37 000 emplois à l’horizon 2020 et 165 000 d’ici à 2050

Son lycée, équipé de capteurs par IBM, participe, comme cinq autres de la région, à un programme initié en 2013 pour relancer l’industrie dans les Hauts-de-France (ex-région Nord-Pas de Calais). Il s’agit d’en faire « un territoire pionnier de l’économie de demain, basée sur la transition énergétique et les technologies numériques », selon la feuille de route établie dès…

Source: https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/10/01/la-troisieme-revolution-industrielle-des-hauts-de-france-embarque-les-etudiants_5362803_4401467.html
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Latin et grec: Jean-Michel Blanquer veut «revitaliser» les langues anciennes

Dans une interview pour le Journal du dimanche, le ministre de l’Éducation nationale s’est présenté comme «le défenseur absolu des langues anciennes». Il a assuré que le nombre de «latinistes» augmente en 2018.

«Le latin et le grec sont la sève de notre langue. Nous devons les cultiver, et les considérer non pas comme des langues mortes, mais comme l’essence vitale de notre langue. C’est un enjeu majeur de civilisation.» Dans une interview donnée au Journal du dimanche ce week-end, Jean-Michel Blanquer s’est montré particulièrement éloquent en ce qui concerne l’apprentissage du latin et du grec à l’école. Devant l’inquiétude de certains professeurs de langues anciennes face à la réforme du baccalauréat prévue pour 2021, le ministre de l’Éducation nationale a voulu se montrer particulièrement rassurant en détaillant une politique «extrêmement volontariste».

«Non seulement il n’y aura pas de régression, mais il y aura des progrès.» Jean-Michel Blanquer l’assure: les élèves qui choisiront le latin ou le grec pour le bac dans les années à venir seront particulièrement chouchoutés. Certains professeurs s’inquiétaient en effet du cœfficient trois qui disparaîtrait avec la nouvelle réforme du bac. Mais dans une tirade un peu ésotérique, le ministre a prétendu le contraire. «Le latin et le grec seront pris en compte dans la note de contrôle continu et seront, en plus, les deux seules options qui rapporteront des points bonus dans le nouveau baccalauréat, a-t-il expliqué. Les points obtenus au-dessus de dix en première et terminale compteront, pour un coefficient trois, en plus du total des notes qui entrent dans le calcul final.» Autrement dit, Jean-Michel Blanquer l’assure, les notes de latin et de grec compteront bien pour un fort cœfficient dans sa réforme du bac.

Le ministre a, au passage, égratigné sa prédécesseur Najat Vallaud-Belkacem, assurant que l’enseignement des langues anciennes avait d’ores et déjà été rétabli «là où il avait été supprimé lors de la réforme du collège de 2015». «Cela nous a permis d’avoir 17.000 latinistes de plus en 2017», se félicite-t-il avant d’anticiper que ce chiffre «augmentera encore en 2018». En tout, il y a 493.000 élèves qui apprennent le latin en France. Ils sont 15 % de collégiens en classe de troisième à être inscrits, mais seulement 5 % d’élèves de seconde.

Apprentissage à distance

Une autre inquiétude concerne la répartition des professeurs, avec cette question sous-jacente: sera-t-il possible de prendre des cours de latin partout sur le territoire en 2021? «Nous allons constituer une carte au niveau de chaque académie comme au niveau national de l’implantation de ces spécialités, a répondu le ministre. Cela permettra de proposer cet enseignement non pas à chaque fois, mais souvent.» Pour les élèves éloignés des lycées où sera dispensé le latin, un site Internet permettra de suivre les cours à distance.

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Le ministre a enfin reconnu que l‘apprentissage du latin n’était pas suffisamment homogène sur le territoire français, avant de décréter que cela demandait du temps et que «Rome ne s’est pas faite un jour». Pour conclure, il a expliqué lui-même avoir fait trop peu de latin, jusqu’à la troisième seulement, mais s’être aussi «beaucoup intéressé au droit romain en tant que professeur de droit».

Des propos «rassurants», a déclaré ce lundi lundi François Martin, président de la Coordination nationale des associations de professeurs de langues anciennes (Cnarela). Mais il souhaite connaître le pourcentage dans la note finale du bac que représentera ce coefficient 3.

A partir de la session 2021, les bacs général et technologique sont resserrés autour d’une épreuve écrite et orale de français (coeff 10) en classe de Première, et quatre épreuves en Terminale: deux portant sur un enseignement de spécialité (coeff 16 chacun), une épreuve de philosophie (coeff 8) et un oral (coeff 10). Les notes de contrôle continu représenteront 30% de la note finale.

La mobilisation des professeurs de grec et latin a d’autre part conduit le ministère à proposer, parmi les enseignements de spécialité du nouveau bac, un intitulé «Littératures, langues et cultures de l’Antiquité», qui n’existait pas dans la première mouture du projet.

La Cnarela appelle cependant à une amélioration des conditions d’enseignement, notamment au lycée. Elle regrette que les trois heures hebdomadaires de latin et trois heures de grec en seconde, première et terminale soient parfois ramenées à deux heures et très souvent placées à des horaires décourageants, tels que le mercredi en toute fin d’après-midi. Voire, que les élèves de seconde, première et terminale soient regroupés dans la même classe pour ces options, ce qui ne permet pas de progresser.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/latin-et-grec-jean-michel-blanquer-veut-revitaliser-les-langues-anciennes_a7a19532-c54e-11e8-8ab8-0865eb3bb52c/
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Dans cette école, la journée de classe commence par le petit-déjeuner

Debout devant ses camarades de classe, Nour, 8 ans, tient un paquet de Krisprolls à deux mains. Son enseignante, Céline Haller, pointe du doigt le sac et interroge la classe : « Quelqu’un a déjà mangé ça ? » Il est 8h30 ce jeudi de septembre et les portes de l’école Karine, située en réseau « super-prioritaire » d’éducation (REP+) dans la cité strasbourgeoise de Hautepierre, viennent d’ouvrir. 

La vingtaine d’élèves de la classe qui nous accueille découvre les galettes suédoises au nom imprononçable, bientôt recouvertes de miel ou de confiture. Les enfants ont aussi droit à une compote, un verre de lait, du cacao en poudre et une prune. « Attention, il y a un noyau », insiste la maîtresse, qui s’enquiert également à chaque début d’année des allergies alimentaires de chacun. 

En France, entre 200.000 et 300.000 enfants sont en difficulté alimentaire, selon le gouvernement qui entend donner les moyens aux écoles de REP et REP+ d’organiser des petits déjeuners à l’école. « Maîtresse Céline », comme l’appellent ses élèves, n’a pas attendu ce feu vert pour se lancer. Depuis six ans, elle propose chaque semaine à ses élèves de CM1 ou CM2 deux repas du matin équilibrés et éducatifs.
« Lorsque j’ai eu l’idée de ce projet, beaucoup le trouvaient farfelu, voire inutile », nous raconte-elle.

Loin de renoncer, elle fait des demandes de subventions et exige une participation aux parents  – deux euros par mois et par enfant. Une seule association, Rotary International, lui fait alors confiance. Il faudra attendre quelques articles dans la presse régionale pour que la ville suive : elle verse désormais 300 euros par an à l’école.

L’histoire par le cacao

Le projet est réfléchi. D’abord, il permet aux enfants de tenir jusqu’au déjeuner. Ce qui n’est pas évident pour ceux qui arrivent en classe le ventre vide, notamment depuis la suppression de la collation de 10 heures. Et ils sont nombreux. Selon une étude réalisée en 2015 par le Credoc, 25% des 3-11 ans ne prennent pas de petit déjeuner tous les matins. Les populations défavorisées étant les plus touchées. Chez ces enfants, les enseignants constatent une baisse de concentration et une augmentation de la fatigue dans environ 80% des cas. 

Ensuite, c’est un moment d’apprentissage important. En une demi-heure, entre 8h30 et 9 heures, les enfants développent leur autonomie : ils installent et nettoient à tour de rôle. Sans se faire prier, ceux qui sont désignés déposent les assiettes, verres et couverts multicolores sur les tables, toutes tournées les unes vers les autres. 

« Maîtresse Céline » discute du contenu nutritif du petit déjeuner du jour avec une élève de sa classe de CM1. 

Ils font aussi un maximum de découvertes. Après la présentation des aliments, place à la dégustation. « C’est amer », commente un enfant qui s’attendait sûrement à du Nesquik plutôt qu’à du véritable chocolat en poudre. D’autres n’osent pas mélanger le lait et le cacao, des camarades touilleurs viennent alors à leur rescousse.

Une élève se désole d’avoir une prune pourrie ? Sa voisine lui offre la moitié de la sienne. Amyra, elle, refuse de manger sa compote. « Il y a de la pêche dedans et j’aime pas ça. » Or il n’y a pas de pêche dans la recette, simplement une illustration sur l’opercule. L’enseignante explique : 

« Tu vois comme tu peux te faire avoir par une image, par la publicité mensongère ? »

Succès ! L’élève accepte d’ouvrir le petit pot, avant d’en dévorer le contenu avec plaisir.

« Je les encourage à tout goûter, après ils ont le droit de ne pas aimer. »

Partage, découverte et travail en équipe : difficile de ne pas adhérer à ces petits déjeuners à l’école.

« Déplucher »

D’ici le mois prochain, entre deux bouchées, l’enseignante profitera surtout du rituel pour introduire les savoirs fondamentaux, pas loin de la pédagogie Freinet, celle-là même qui a irrigué l’école Karine depuis sa création. Toutes les matières vont y passer.

« Le cacao permet d’aborder l’histoire et la géographie. Au cours de l’année, nous cuisinons souvent. Les gâteaux, tourtes, et autres servent à travailler les masses, la proportionnalité et les fractions, en situation concrète. C’est motivant pour les enfants. »

Sans oublier l’enrichissement du vocabulaire, dont manquent cruellement ces élèves ; beaucoup vivent en situation précaire et certains, allophones, débarquent à peine en France. Au total, les 252 élèves de l’école Karine parlent « une trentaine de langues différentes », nous assure le directeur, Martial Lauck.  

La semaine dernière, les élèves de Céline Haller ont découvert le mot « quetsche ». Ambitieux pour des CM1. Dans une autre classe, celle de la charismatique « Maîtresse Amélie » qui s’inspire de la pédagogie petit déjeuner de sa collègue, les CE1 ont appris à dire « éplucher », et non pas « déplucher ».

Bonnes habitudes

Ce jeudi, Céline Haller parle aussi santé bucco-dentaire. En croquant dans leur Krisprolls, deux élèves se sont plaints d’avoir mal aux dents. « Tu l’as dit à ta maman ? », interroge l’enseignante auprès d’Amyra. L’enfant hoche la tête. « Et alors, tu vas aller chez le dentiste ? » Réponse mitigée. Les élèves de l’école Karine « ne se brossent pas les dents tous les jours », nous dit-on. Les situations familiales des élèves étant parfois plus que compliquées. Dans une classe voisine, une élève, qui a fui le Nigéria avec sa mère, vit sans domicile fixe depuis l’été. 

Les quatre élèves de CM1 chargés de faire la vaisselle du petit déjeuner ce jeudi. 

Céline, Amélie, Annaïg, Karen, Yves… tous les enseignants de l’école s’efforcent d’adapter leur pédagogie à ces jeunes élèves, parfois violemment ballottés par la vie. Notamment en leur apportant les repères qu’ils n’ont pas. 

« Au début de l’année de CM1, le petit déjeuner des élèves n’est pas très varié à la maison. C’est soit des gâteaux, soit des céréales, soit rien. Ici, ils découvrent des fruits, des produits non-transformés, ils apprennent à lire les étiquettes. »

Et ils en redemandent. Amir avoue avoir « déjà mangé des céréales » avant de venir, mais ne boude pas pour autant son assiette colorée : « Je re-mange parce que c’est différent. » Plus raisonnable, Imène s’est réservée pour l’école : « Ce matin, quand j’ai vu mon petit frère manger une madeleine au chocolat, je suis vite partie de la maison ! ».

A 16 heures, point de sonnerie classique, c’est la chanson « Children » de Robert Miles qui retentit. Des parents récupèrent leurs enfants. Peu loquaces mais unanimement conquis par cette école « originale », qui s’apparente pour les plus enthousiastes à une « deuxième famille ».

Au cours de l’année, eux aussi seront conviés à quelques-uns des célèbres petits déjeuners de « Maîtresse Céline ». « C’est un travail sur deux ans : CM1, CM2 », insiste Céline Haller. « Les élèves rapportent chez eux ces bonnes habitudes alimentaires. » Inès, rentrée en 6e au collège voisin cette année, confirme : « Avec ces petits déjeuners, la nourriture a changé à la maison. »

Barbara Krief

Barbara Krief
Source: http://www.nouvelobs.com/education/20180927.OBS3076/dans-cette-ecole-la-journee-de-classe-commence-par-le-petit-dejeuner.html?xtor=RSS-78
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Violent règlement de comptes entre migrants devant l’université de Marseille

VIDÉO – Une rixe à l’arme blanche a éclaté mardi entre une trentaine d’invidus devant la faculté d’éco-gestion de l’université d’Aix-Marseille. Depuis, la présence policière devant la faculté a été «nettement renforcée».

Les images sont très violentes. Sous les arcades de la halle Puget, juste devant la faculté d’économie et de gestion de l’université d’Aix-Marseille, une trentaine de migrants réunis autour de quelques matelas de fortunes disposés ça et là s’invectivent et se frappent violemment. Certains d’entre eux ont en main de «longs couteaux courbés», qualifiés par la voix off de la vidéo de «sabres». Postée sur les réseaux sociaux et reprise par France 3, cette bagarre qui a eu lieu mardi est la deuxième de la semaine sous cette halle. À chaque fois, les étudiants «absolument paniqués» de la faculté voisine ont été confinés derrière les grilles de l’université. Devant un tel niveau de violence, son doyen Pierre Granier a alerté la mairie, sans solution concluante pour l’instant. De son côté, la préfecture des Bouches-du-Rhônes assure avoir «nettement renforcé» la présence policière en ces lieux depuis la bagarre.

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«Des bagarres comme celle-là, il y en a tout le temps devant la fac, raconte au Figaro un étudiant en licence d’économie et de gestion de l’université Aix Marseille. Ce sont des règlements de compte entre eux, mais ils ne s’en prennent jamais aux étudiants.» Ils sont en effet une cinquantaine de migrants à squatter le dessous de la halle Puget depuis le mois de septembre 2017. «Ils étaient arrivés l’année dernière, et ça s’était déjà très mal passé avec les jeunes du quartier, confie Pierre Granier. Au bout de deux mois, la halle s’était vidée jusqu’au mois de mars de cette année où ils sont revenus.»

«Des couteaux courbés qui ressemblent à des sabres»

L’insalubrité sous les colonnades préoccupe le personnel de l’université depuis quelques mois. «Les conditions d’hygiène sont terribles, explique encore Pierre Granier. Nous n’avons pas de toilettes publiques ici, alors ces jeunes utilisent la rue pour cela, c’est une saleté épouvantable.» Depuis quelques semaines, des affrontements entre migrants ont régulièrement lieu. «Cela fait deux fois cette semaine qu’on est obligé de fermer les grilles de l’université et de confiner nos étudiants à l’intérieur. Plusieurs jeunes portent à la ceinture des couteaux courbés qui ressemblent plus à des sabres qu’à des instruments de cuisine.»

Devant une situation qui inquiète tout le monde, enseignants, étudiants et personnel administratif, Pierre Granier a décidé d’alerter le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui a renvoyé la balle à la préfecture des Bouches-du-Rhônes. «La préfecture nous répond pour l’instant qu’un groupe de travail constitué de personnel de la ville, de l’université et du département a été constitué. Il ambitionne de faire occuper autrement la halle, mais vu l’état de la situation en cours, je vois mal comment on pourrait la transformer en marché aux fleurs» poursuit, fataliste, le doyen de la faculté. Au Figaro, la préfecture assure toutefois que «l’État et la ville de Marseille travaillent de concert pour renforcer la sécurisation (police nationale et municipale sur place) et la salubrité (nettoyage quotidien) de ce lieu».

«On a peur de perdre 50% de nos étudiants sur Marseille»

Le personnel de la faculté a décidé hier matin de lancer une pétition qui sera en ligne prochainement pour faire réagir directement le préfet sur cette question de sécurité des étudiants. «Si nous n’agissons pas tout de suite, plus aucun parent ne voudra inscrire son enfant dans notre faculté. On a peur de perdre 50% de nos étudiants sur Marseille l’an prochain» conclut Pierre Granier.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/violents-reglement-de-comptes-entre-migrants-devant-l-universite-de-marseille_d4a31268-c2fb-11e8-af9a-1ecac13903f7/
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Le parquet de Toulouse ouvre une enquête après le bizutage d’élèves infirmiers

Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Toulouse pour des faits de bizutage dont avaient été victimes quelque 250 élèves infirmiers de première année, quelques jours après leur rentrée à Toulouse.

Des jeunes élèves infirmiers ligotés, aspergés de farine, d’œufs et de vinaigre. Début septembre, 250 étudiants de première année avaient été bizutées par leurs aînés dans un grand amphithéâtre du Pôle régional d’enseignement et de formation aux métiers de la santé (PREFMS) de Toulouse. Après une enquête interne ouverte juste après les faits, l’affaire sera donc portée en justice puisqu’une enquête judiciaire vient d’être ouverte par le parquet de Toulouse.

Cette enquête a été confiée au commissariat de Toulouse, a précisé à l’AFP Alix-Marie Cabot-Chaumeton, la procureure adjoint au TGI de Toulouse, confirmant une information de La Dépêche du Midi. Mi-septembre, le Centre hospitalier universitaire, qui avait mené une enquête interne, avait transmis au procureur de la République le dossier de ce bizutage.

Copeaux de litière pour lapin et soupe de poisson

Celui-ci s’était déroulé le 5 septembre, au troisième jour de la rentrée des étudiants infirmiers de première année, dans un amphithéâtre du CHU. Attachés par deux avec du scotch, les étudiants avaient été ensuite aspergés à l’extérieur avec divers produits: «eau, œufs, farine, ketchup, vinaigre, bétadine, mousse à raser, ail, pâtée, copeaux de litière pour lapin, soupe de poisson…», avait détaillé mi-septembre une étudiante interrogée par l’AFP.

Certains avaient aussi été obligés de porter des couches sur la tête, quand d’autres, surtout des filles, s’étaient vus écrire «bizut» sur la poitrine. Selon la CGT du CHU, des étudiants tentant de quitter le groupe avaient été empêchés de partir et plusieurs étudiantes, «dont certaines étaient mineures, avaient mal vécu cette situation» qui avait duré plus d’une heure. Dans un tweet, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait jugé «intolérable» ce genre de «pratique dégradante» et avait apporté tout son soutien à l’enquête interne ouverte par le CHU de Toulouse.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/le-parquet-de-toulouse-ouvre-une-enquete-apres-le-bizutage-d-eleves-infirmiers_bf860fde-c30f-11e8-af9a-1ecac13903f7/
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Jeunes ingénieurs, vieille industrie : histoire d’un désamour

Un étudiant en école d’ingénieurs.

« Le pays a besoin de 40 000 ingénieurs diplômés par an d’ici à cinq ans. C’est un défi pour la compétitivité de son économie et de son industrie. » Cet avertissement de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) visait à alerter sur les conséquences d’une pénurie d’ingénieurs, « acteurs-clés du développement économique des entreprises ». Le message date de mai 2012. Six années ont passé, et l’estimation des besoins s’avère juste.

La France peut recruter, aujourd’hui, 40 000 jeunes ingénieurs par an. Mais l’avertissement n’a pas été entendu. Ou les conséquences d’un déficit de cerveaux pour faire tourner la machine industrielle nationale ont été mal appréhendées. Les 201 écoles de l’Hexagone habilitées à délivrer le titre d’ingénieur n’en forment, en effet, que 33 000 annuellement selon le rapport 2018 de la Conférence des grandes écoles (CGE). Résultat, à l’heure où l’économie repart doucement, « des entreprises sont à saturation de capacité, elles sont bloquées par l’impossibilité de recruter, elles subissent un vrai goulot d’étranglement », observe Thierry Weil, délégué général de la Fabrique de l’industrie, think tank consacré aux problématiques du secteur industriel, rattaché à l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM).

Vision passéiste de l’industrie

Non seulement le nombre d’ingénieurs formés est insuffisant pour satisfaire aux besoins, mais une proportion considérable des nouveaux diplômés se détourne de l’industrie traditionnelle. Dans son rapport d’insertion, la CGE observe ainsi que le premier secteur d’activité vers lequel s’oriente le plus gros bataillon de nouveaux ingénieurs est celui des « sociétés de conseil et bureaux d’étude » (16,5 %). Viennent ensuite les « technologies de l’information et communication » (15,3 %). L’industrie des transports (construction automobile, aéronautique, ferroviaire, navale) qui compte, pourtant, de très…

Source: https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/09/28/jeunes-ingenieurs-vieille-industrie-histoire-d-un-desamour_5361401_4401467.html
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Éric Coquerel (LFI): «On est en train d’entériner la sélection à la fac comme une chose normale»

INTERVIEW – Très présent au côté des manifestants pour fustiger la récente loi pour l’orientation et la réussite des étudiants, le député La France Insoumise (LFI) lutte pour que le bac reste l’unique passeport pour l’université.

Le député de la France Insoumise (LFI) Éric Coquerel est un hyperactif de la cause étudiante. On l’a vu, au printemps, mégaphone en bout de bras, alpaguer les étudiants du centre Pierre Mendès France (Tolbiac) de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. On l’a vu aussi, en avril, se faire entarter par un militant anti-blocage de l’Action Française. Pour cette rentrée universitaire 2018, il est allé sur le campus de Nanterre pour venir en soutien aux «sans facs», ces étudiants sans affectation dans l’enseignement supérieur qui déposent leurs dossiers en dernier recours auprès du syndicat Unef. Celui qui se déclare «au plus proche de toutes les luttes», regrette aujourd’hui la sélection instaurée par la loi pour l’orientation et la réussite des étudiants (ORE), la perte de crédibilité du baccalauréat et le manque de moyens alloués à l’université, notamment dans son département de Seine-Saint-Denis (93).

LE FIGARO – D’après les chiffres officiels, il reste 900 candidats inscrits sur Parcoursup qui n’ont pas trouvé de place dans l’enseignement supérieur. L’an dernier ils étaient 3.000 à la même époque. Par ailleurs, la grogne étudiante semble s’être calmée depuis la rentrée. Est-ce que Parcoursup a finalement mieux fonctionné que vous ne le prévoyiez?

Éric Coquerel – Parcoursup n’est pas un succès, tout le monde l’admet. Il y a beaucoup plus de gens qui se retrouvent sur le carreau que ce que l’on dit. Il y a 40.000 personnes qui étaient considérées comme inactifs et qui sont dans un trou noir dont on ne sait comment ils y sont répartis. Il y en a probablement parmi eux qui n’ont toujours rien pour cette année. Mais surtout, le vrai problème est ailleurs: vu qu’il n’y a pas eu de hiérarchisation dans les choix que pouvaient faire les étudiants (comme c’était le cas avec APB, ndlr), ils sont nombreux à se retrouver dans des filières qu’ils ne voulaient absolument pas rejoindre.

Le gouvernement se félicite d’une plus grande ouverture aux recrutements de candidats en dehors des académies de chaque université. Cela pourrait en principe permettre aux meilleurs candidats de banlieues et de province de rejoindre plus facilement les universités parisiennes les plus prestigieuses. Faut-il «désectoriser» complètement le système d’accession à l’enseignement supérieur?

Le fait d’avoir la liberté de pouvoir s’inscrire dans l’université de son choix est une bonne chose. Il ne faut pas que toute la Seine-Saint-Denis aille à l’université Paris 8, par exemple. Nos étudiants devraient pouvoir postuler avec les mêmes chances dans toute l’Île-de-France. Mais je reste quand même attaché à une forme de sectorisation régionale, pour que les étudiants n’aient pas à traverser la France entière pour faire les études de leurs choix, car cela est invivable.

«On est en train d’entériner la sélection comme une formalité, quelque chose de normal»Éric Coquerel, député La France insoumise

L’an dernier, certains candidats dans des filières sous tension (psycho, Staps…) ont été tirés au sort pour rentrer à l’université. Cette année, ils ont été sélectionnés grâce à leurs dossiers de première et de terminale. Quelle est la meilleure solution?

Les deux solutions sont mauvaises, mais la seconde l’est encore plus. Le problème, c’est qu’on est en train d’entériner la sélection comme une formalité, quelque chose de normal. Dans trois ans, elle ne posera plus de problème à personne, on n’en parlera plus. Pourtant, cette sélection a un impact majeur sur notre système éducatif: le bac ne garantira tout simplement plus l’accès à l’université dans la filière de son choix. C’est principalement pour cette raison que je m’oppose à cette loi. Au lieu de faire correspondre le nombre de places au nombre d’étudiants, on est en train de faire l’inverse, on sélectionne le nombre d’étudiants en fonction du nombre de places.

Le gouvernement a ouvert 30.000 nouvelles places à l’université et en BTS pour la rentrée. Il table aussi sur un

«À Tolbiac, l’état des locaux était quasiment le même avant et après les manifestations»Éric Coquerel, député LFI

budget de l’enseignement supérieur en hausse de 173 millions d’euros en 2019. Est-ce suffisant?

Ce n’est pas assez! Nous aurons 55.000 étudiants en plus à la rentrée prochaine, et si l’on tient compte du nombre d’étudiants en plus qui arrivent chaque année, le budget par élève baisse. Dans l’est de mon département, par exemple, la Seine-Saint-Denis, il est indispensable de construire très vite une nouvelle université.

Au printemps dernier, les blocages dans le seul campus de Tolbiac ont coûté 1,7 million d’euros au contribuable. 7 millions au moins si l’on compte tous les campus de France. Quel message apportez-vous aux étudiants qui souhaiteraient poursuivre la «lutte» cette année dans les universités françaises?

Je réfute ces chiffres. Ce sont les données officielles qui ne se basent sur rien puisqu’aucun état des lieux n’avait été fait nulle part avant les blocages. Ma fille, qui est à Tolbiac, m’a dit que l’état des locaux était quasiment le même avant et après les manifestations: les tags existaient déjà! Et puis un blocage est une forme de lutte qui permet de se faire entendre. Quand je suis passé l’an dernier à Tolbiac, ils étaient 2.000 à se réunir en assemblée générale, contre 250 deux ans avant contre la loi El Khomri quand le campus n’était pas bloqué (Loi relative au travail adoptée en 2016, ndlr). Cette façon de manifester fonctionne, et je continuerai de soutenir les jeunes dans leurs combats, comme ailleurs je soutiens les salariés dans d’autres luttes.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/eric-coquerel-lfi-on-est-en-train-d-enteriner-la-selection-a-la-fac-comme-une-chose-normale-_f1aea2a8-c24e-11e8-af9a-1ecac13903f7/
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Une bande dessinée pour lutter contre les idées reçues sur les ingénieurs

Les métiers de l’ingénierie recrutent, mais ils sont encore bien trop souvent méconnus. Pour y remédier, Syntec-Ingénierie a décidé de lancer une série de bande dessinées pour sensibiliser les lycéens à ces professions.

Sensibiliser les lycéens aux métiers de l’ingénierie. Tel est le but de la série de bande dessinées que lance aujourd’hui le Syntec-Ingénierie, la fédération professionnelle des entreprises d’ingénierie de France. Ce support ludique, destiné aux lycéens et aux jeunes qui se posent des questions sur leur orientation, entend faire de la pédagogie sur les métiers et carrières de l’ingénierie.

«Il y a un problème de connaissance des professions et des opportunités professionnelles dans notre secteur, introduit Nicolas Jachiet, président du Syntec-Ingénierie. L’objectif de ces bande dessinées est de faire de la pédagogie en permettant aux jeunes de s’identifier aux personnages», ajoute-t-il.

Des exemples parlants

Dans l’une de ces BD, on retrouve par exemple Charlène, 29 ans, responsable d’études dans le domaine de l’aviation. Au cours du récit, la jeune femme raconte que son métier consiste notamment à la répartition des avions dans le ciel afin qu’il n’y ait jamais de collision entre eux. Autre exemple: Sahar, un écologue de 33 ans, qui s’assure que la construction d’un nouveau tramway n’ait aucun impact négatif sur des espèces d’animaux rares ou protégées.

Des histoires qui ont pour but de faire prendre conscience aux jeunes que les métiers de l’ingénierie ne ressemblent pas forcément à l’image qu’ils s’en font. «Il existe beaucoup d’idées reçues sur l’ingénierie. On entend fréquemment que c’est un secteur réservé aux hommes, qui n’emploie que des ingénieurs, ou encore que ce sont des métiers de bureau. Tout cela est évidemment faux. De l’aéronautique aux bâtiments, en passant par l’environnement et le digital, l’ingénierie emploie des hommes et des femmes issus d’horizons très divers», précise le président du Syntec-Ingénierie.

«Ces supports pédagogiques seront distribués dans tous les lycées de France et sont en accès libre sur le site www.avenir-ingenierie.fr», renseigne la fédération. Un partenariat devrait d’ailleurs être signé avec l’Onisep, organisme national sous tutelle du ministère de l’Education nationale qui a pour but d’informer sur les études et les métiers.

L’ingénierie: un secteur en forte croissance

Depuis plusieurs années, l’ingénierie est en forte croissance. En 2017, 53 000 recrutements ont été engagés dans le secteur, contre 36 000 en 2016. Et le chiffre devrait continuer à croître dans les années à venir. L’insertion professionnelle des diplômés d’écoles d’ingénieurs est très bonne, et les salaires d’embauche sont attractifs. Selon l’enquête d’insertion 2018 de la Conférence des grandes écoles, seuls 8,3% des diplômés d’écoles d’ingénieurs en 2017 étaient en recherche d’emploi en 2018. Un chiffre inférieur à celui des jeunes diplômés d’écoles de commerce (10,6%), pourtant également très convoités.

» LIRE AUSSI – Écoles d’ingénieurs: pourquoi des étudiants parisiens passent les concours en province

Ces écoles d’ingénieurs connaissent d’ailleurs un succès de plus en plus grand. Le concours commun Puissance-Alpha, qui permet à 16 écoles de recruter des étudiants après le bac, va d’ailleurs ouvrir 1000 places supplémentaires dès cette année. «Le nombre de candidats a augmenté en 2018, et sa croissance devrait se poursuivre l’an prochain», prévient Jean-Marc Idoux, président de Puissance-Alpha. Et ce concours est loin d’être le seul à enregistrer une telle progression. Le secteur de l’ingénierie a donc de beaux jours devant lui.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/une-bande-dessinee-pour-lutter-contre-les-idees-recues-sur-les-ingenieurs_86dafe94-c23b-11e8-ad1e-60c1e544ba7a/
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