Augmentation des droits d’inscription pour les étrangers : le choix de l’inégalité

Pierre Bayard, Denis Bertrand, Jean-Louis Fournel et Mireille Séguy, professeur(e)s à l’université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis, s’élèvent contre l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers n’appartenant pas à l’Union européenne. 

Honte et stupéfaction. Sous le label « Bienvenue en France » et avec la prétention d’améliorer notre « attractivité pour les étudiants internationaux », le président Macron et le gouvernement Philippe multiplient soudain par 16, d’un geste jupitérien, le montant des frais d’inscription dans les universités françaises pour les étrangers d’origine non-européenne (« hors communauté », disent-ils) : de 170 à 2.770 euros pour la licence, de 243 à 3.770 euros pour le master.

Cette hausse, disent-ils encore, doit permettre d’augmenter le nombre de bourses ou d’exonérations de droits d’inscriptions, mais le compte n’y est pas. Ils viennent d’ériger, au service de l’inégalité, un monument d’hypocrisie et de cynisme.

Rhétorique du cynisme 

Renforcer l’attractivité en fermant les portes ? Cette rhétorique est digne d’être enseignée comme « modèle » dans nos cours : que diraient nos étudiants d’argumentaires selon lesquels la brusque augmentation des limites de vitesse va diminuer le nombre des morts sur la route, la hausse soudaine des impôts élever le niveau de vie de tous et la suppression pure et simple des élections développer la démocratie ?

Aussi choquants pour l’intelligence et la morale ordinaires que soient de tels arguments, il se trouvera toujours des serviteurs zélés d’une vision exclusivement avaricieuse du monde pour les soutenir et, en l’occurrence, « faire le ménage » dans les formations universitaires.

Et peu importe que cette vision de l’échange, en contrepartie, détruise le paradigme français : celui d’une éducation supérieure universaliste, laïque, ouverte à tous et à toutes au sein d’un espace qui ne saurait être réduit à une logique nationale, et encore moins à une logique comptable, d’un espace qui ne saurait traiter différemment les étudiants en fonction de leurs origines, ni établir une ségrégation entre étrangers « recherchés » et étrangers « rejetés », en préférant ceux qui viennent d’un pays « bankable » à ceux qui viennent de pays pauvres. Une conception qui vise enfin, par la connaissance, la rationalité et la réflexion critique, à améliorer la maîtrise du sens, à faire fructifier les interactions et à atténuer les inégalités.

Comme il est peu probable qu’une argumentation aussi délibérément absurde ait été produite par esprit d’humour (noir), il est vraisemblable que le Premier ministre l’a utilisée sciemment pour détourner l’attention des objectifs réels de cette réforme, lesquels sont d’autant moins dicibles qu’ils transgressent les principes qui sont au cœur du statut de l’enseignement supérieur dans notre République : l’égalité des universités dans l’unité du territoire, l’enseignement libre et gratuit (ou du moins abordable pour tous), la reconnaissance de droits identiques pour chacune.

Notre modèle transgressé

La première transgression est que le gouvernement, dans la logique libérale qui est la sienne et contrairement à ses affirmations, n’investira pas davantage dans les universités, en les contraignant à assumer l’accroissement mécanique de leur déficit. Résultat : 30 postes de professeurs disparaissent en un an de notre université, emportant autant de disciplines et de champs de recherche, pour récupérer 1,7 million d’euros cette année. Le couteau sous la gorge, sur le mode trumpiste, il faudra bien que le modèle anglo-saxon de la privatisation rampante l’emporte. Pour quelle « Ivy League » à la française ?

La deuxième transgression est que cette réforme des tarifs pour les étrangers est un ballon d’essai visant à tester les réactions des étudiants vis-à-vis de l’augmentation plus générale des droits universitaires. Il est à parier que l’étape suivante, s’il s’avère que les protestations sont limitées, sera évidemment, au nom du principe d’égalité dont la réforme hypocritement se pare, d’augmenter les droits des étudiants de l’Union européenne, puis ceux des Français. Même si le gouvernement dément aujourd’hui une telle évolution, est-ce un hasard si, moins de 48 heures après l’intervention d’Edouard Philippe, la Cour des Comptes fait figurer dans ses préconisations la hausse des droits d’inscription pour tous ?

Cette augmentation viendra rompre ce qui était jusque-là l’un des trois fondements du consensus national sur l’enseignement supérieur et la recherche avec l’absence de sélection à l’entrée de l’université (utopique égalité des chances, délibérément érodée par Parcoursup) et l’égalité territoriale appuyée sur le cadrage national des diplômes.

La troisième transgression, encore plus difficile à reconnaître que les deux précédentes, donne à humer, au fameux pays des droits de l’homme, un parfum de xénophobie. Cette réforme vise à « rééquilibrer » la part des différents pays, en diminuant drastiquement le nombre d’étudiants venus du Maghreb ou de l’Afrique subsaharienne. Aussi imparfaite que soit la situation actuelle, lorsque arrivent dans nos universités des jeunes peu ou mal formés initialement, nous contribuons aussi à répondre aux responsabilités historiques – anciennes et actuelles – à l’égard des pays dont ils sont issus. En outre, si l’on veut s’en tenir au principal critère dont l’actuel gouvernement tient compte, notre travail académique n’est pas sans importance économique, si l’on rappelle ce que « coûte » et ce que « rapporte » l’accueil des étudiants étrangers, même si ces mots ne nous plaisent pas.

Le mirage des bourses

Si elle est maintenue, cette réforme des droits d’inscription laisse prévoir de nombreux drames humains dans les universités françaises. La nôtre, Paris-VIII, compte plus de 30% d’étudiants étrangers, dont un grand nombre, originaires d’Afrique, sont incapables de payer des droits aussi élevés et, pour la plupart, ne seront pas éligibles aux bourses annoncées.

Il est clair en effet que le nombre de ces bourses – 15.000, au lieu des 7.000 actuelles – est bien inférieur au nombre d’étudiants étrangers actuellement en France (surtout ceux d’Afrique noire et du Maghreb) ou potentiellement candidats. Avec 15.000 bourses pour les 324.000 étudiants étrangers, dont 150.000 Africains, cela réduira de facto les admissions de manière massive.

Et les conditions de leur obtention complexifieront suffisamment le système pour en décourager beaucoup. Il n’est pas impossible, du reste, que l’instrument ait été construit à cette fin.

Cette réforme creuse délibérément l’abîme des inégalités. Ici et ailleurs.

Pierre Bayard, Denis Bertrand, Jean-Louis Fournel et Mireille Séguy, professeur(e)s à l’université Paris-VIII.

L'Obs

Pierre Bayard, Denis Bertrand, Jean-Louis Fournel et Mireille Séguy

Source: http://www.nouvelobs.com/education/20181122.OBS5875/augmentation-des-droits-d-inscription-pour-les-etrangers-le-choix-de-l-inegalite.html?xtor=RSS-78
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Hausse des frais d’inscription à la fac pour les étrangers: les syndicats sont contre

INTERVIEW – Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef et Olivier Vial, président de l’Uni, sont pour une fois d’accord. Ils sont contre une hausse des frais d’inscription à l’université pour les étrangers. Mais leurs arguments diffèrent.

Les étudiants extra-Européens vont payer dès la rentrée prochaine 2 770 euros et 3 770 euros pour s’inscrire en licence ou en master. C’est 16 fois plus cher que les 170 euros qu’ils payaient jusque-là. Mais toujours trois à quatre fois moins chers que le coût réel d’une année étudiante en France. Face à cette mesure, nous avons interrogé les responsables de deux syndicats étudiants, que tout oppose. Et une chose est claire: ils sont contre. Leurs arguments sont toutefois très différents. Lilâ Le Bas présidente de l’Unef, défend un «modèle social» d’accès à l’éducation pour tous sans regarder à la dépense publique. De son côté, Olivier Vial, président de l’Uni, juge qu’une simple augmentation des frais d’inscription «n’aidera pas les universités à accueillir les meilleurs étudiants internationaux».

« Attirer les meilleurs étudiants ne se fait pas qu’à travers la problématique de frais d’inscriptions»Olivier Vial , président de l’Uni

Le Figaro – La France doit-elle faire payer plus cher ses universités aux étudiants étrangers, dont «les parents ne paient pas leurs impôts en France» comme l’a déclaré Édouard Philippe lundi matin?

Lilâ Le Bas – C’est inacceptable, sur le fond et sur la forme. Sur la forme car cette décision a été prise sans concertation avec les syndicats. Sans que l’on ne nous demande rien, Campus France (l’antenne qui gère l’envoi des étudiants étrangers vers la France, ndlr) a déjà changé les frais d’inscriptions pour les Extra-Européens en ligne. Sur le fond, surtout, aucun gouvernement n’avait osé faire cela. Les étudiants étrangers doivent avoir les mêmes droits que les Français et les mêmes conditions d’études. Il faut arrêter de mettre des bâtons dans les roues des jeunes, car une nouvelle fois, les plus précaires seront les premiers touchés.

Olivier Vial – Nous sommes déçus de cette méthode sans concertation. J’ai la sensation que cette réflexion a été menée uniquement dans une logique économique. Le gouvernement augmente juste le curseur budgétaire pour faire rentrer un peu plus d’argent sans avoir aucune vraie stratégie pour accueillir les meilleurs étudiants internationaux. En réalité, une bonne partie des étudiants qui viennent chez nous ont souvent été refusés ailleurs, en Angleterre ou aux États-Unis où les études coûtent beaucoup plus cher. Attirer les meilleurs étudiants ne se fait pas qu’à travers la problématique de frais d’inscriptions. De plus, ce n’est même pas une bonne logique économique puisqu’une année universitaire coûte en réalité 11 500 euros, donc trois fois ce que paieront les étrangers: le contribuable français continuera de payer la différence.

N’y a-t-il pas un paradoxe de vouloir accueillir 500 000 étudiants étrangers (contre 320 000 aujourd’hui) sous un nouveau label intitulé «Bienvenue en France», et les faire payer davantage?

OV : On sent bien qu’il n’y a pas de stratégie globale derrière tout ça, le seul objectif est de faire rentrer un peu d’argent.

Entre les lignes, l’objectif est d’aller chercher une certaine élite d’étudiants internationaux. Les autres, dont la majorité vient d’Afrique avec parfois de faibles ressources, vont-ils encore pouvoir venir étudier en France?

LLB: Les Africains seront les premiers touchés par cette augmentation. J’en ai rencontré hier qui n’avaient

« Les Africains seront les premiers touchés par cette augmentation »Lilâ Le Bas, président de l’Unef

même pas encore fini leurs parcours en France et qui m’ont expliqué qu’ils allaient déjà devoir repartir. J’ai l’impression que le gouvernement n’a jamais mis un pied à l’université. Pour venir étudier en France, les coûts sont déjà élevés. Il faut justifier 7 000 euros sur un compte en banque, payer les timbres fiscaux et les billets d’avion… Et ces étudiants n’ont pas accès aux aides sociales en France. Demain, seuls les étudiants étrangers vraiment fortunés pourront faire leurs études en France.

OV: Cela fait sept ou huit ans que l’on perd des étudiants africains sur notre territoire. Les plus brillants d’entre eux partent déjà vers les pays anglo-saxons où la scolarité est très chère. Ce qui veut dire que l’argent est un faux problème. Commençons par rendre nos dossiers d’admissions et les intitulés de nos formations lisibles. Ensuite, proposons aux étrangers davantage de cours en anglais. Enfin, continuons à créer des passerelles avec l’Afrique et les Moyen-Orient, comme l’université Paris-Dauphine à Tunis ou Sorbonne Université à Abu Dhabi. Aujourd’hui le seul avantage de l’université française est son prix. Il faut que nous en trouvions d’autres.

Justement, la France est toujours loin derrière les États-Unis et l’Angleterre dans les classements internationaux, ce qui l’empêche d’attirer une partie des meilleurs élèves du monde entier. Peut-on prétendre à la cour des grands avec une université gratuite?

LLB: Ce qui se passe aux États-Unis n’est un exemple pour personne. Les étudiants sont endettés jusqu’au cou et certains remboursent leurs prêts jusqu’à la fin de leur carrière. C’est structurellement inégalitaire.

OV: Depuis 2007, le coût réel d’une année à l’université a considérablement augmenté sans améliorer la qualité des études. Nous sommes passés de 8 500 à 11 500 euros, et pourtant le taux d’échec est toujours aussi fort et l’insertion professionnelle aussi faible. Cet argent a été englouti dans les tâches administratives, comme récemment les commissions d’examen des vœux pour Parcoursup où les enseignants-chercheurs perdent leur temps. Tout a été dépensé dans la bureaucratie, au lieu de miser sur la pédagogie.

« Il faudrait laisser la liberté aux universités de choisir : tel diplôme peut être gratuit, celui-ci non. »Olivier Vial, président de L’Uni

Un rapport de la Cour des comptes dévoilé par Le Monde mercredi préconise l’augmentation des frais d’inscriptions en master et doctorat pour tous les étudiants, français ou étrangers. Même si le gouvernement a depuis assuré que cette augmentation n’était pas à l’ordre du jour, le modèle de l’université publique gratuite est-il en danger?

LLB: Il y a une dangereuse banalisation de la question de l’augmentation des frais d’inscription, qui renforcerait de facto la sélection sociale. Notre modèle est aujourd’hui remis en cause plus que jamais, or ce n’est pas aux étudiants de financer le désengagement de l’état dans les universités. Le budget d’un pays ne se calcule pas comme celui d’un ménage: le ministère ne doit pas toujours penser à l’économie, mais aussi à l’investissement. Il faut investir davantage dans notre enseignement supérieur. Le baby-boom de 2000 va continuer de drainer de plus en plus de jeunes vers le supérieur. Est-ce qu‘on doit fermer les portes à ces jeunes, ou veut-on vraiment leur donner accès aux filières de leur choix? L’Unef demande un milliard d’euros investis par an pendant dix ans dans nos universités.

OV: L’université n’est pas gratuite pour tout le monde puisqu’elle coûte au contribuable. Ce qu’on regrette aujourd’hui, c’est que les droits d’inscriptions soient fixés nationalement pour tous. Il faudrait laisser la liberté aux universités de choisir: tel diplôme peut être gratuit, celui-ci non. Toutes les formations ne coûtent en effet pas le même prix! Aussi, les parents d’étudiants qui envoient leurs enfants dans le privé paient deux fois: une pour leur enfant, et une autre à travers leurs impôts pour l’université. Eux devraient avoir droit de défiscaliser une partie des droits d’inscription de leurs enfants pour compenser.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/hausse-des-frais-d-inscription-a-la-fac-leur-seul-objectif-est-de-faire-rentrer-un-peu-d-argent-_35c0e5aa-ed7e-11e8-b93d-63abecea4c88/
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Hausse des frais d’inscription à la fac : « Leur seul objectif est de faire rentrer un peu d’argent »

INTERVIEW – Les frais d’inscription à l’université pour les étudiants étrangers vont augmenter dès la rentrée 2019. Les syndicats étudiants de droite et de gauche, pour des raisons différentes, sont vent debout contre cette réforme.

Les étudiants extra-Européens vont payer dès la rentrée prochaine 2 770 euros et 3 770 euros pour s’inscrire en licence ou en master. C’est 16 fois plus cher que les 170 euros qu’ils payaient jusque-là. Mais toujours trois à quatre fois moins chers que le coût réel d’une année étudiante en France. Deux jours après cette annonce du premier ministre Édouard Philippe, la Cour des comptes a recommandé dans un rapport la fin de la gratuité pour tous les étudiants en master, Français ou non (rapport dont le gouvernement ne donnera pas suite pour le moment a priori).

Le modèle de l’université gratuite pour tous, qui a souvent plié sans jamais rompre, est-il en train de sonner son glas? Lilâ Le Bas présidente de l’Unef, défend un «modèle social» d’accès à l’éducation pour tous sans regarder à la dépense publique. Olivier Vial, président de l’Uni, juge qu’une simple augmentation des frais d’inscription «n’aidera pas les universités à accueillir les meilleurs étudiants internationaux».

« Les étudiants étrangers doivent avoir les mêmes droits que les Français et les mêmes conditions d’études. »Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef

Le Figaro – La France doit-elle faire payer plus cher ses universités aux étudiants étrangers, dont «les parents ne paient pas leurs impôts en France» comme l’a déclaré Édouard Philippe lundi matin?

Lilâ Le Bas – C’est inacceptable, sur le fond et sur la forme. Sur la forme car cette décision a été prise sans concertation des syndicats. Sans que l’on ne nous demande rien, Campus France (l’antenne qui gère l’envoi des étudiants étrangers vers la France, ndlr) a déjà changé les frais d’inscriptions pour les extra-Européens en ligne. Sur le fond, surtout, aucun gouvernement n’avait osé faire cela. Les étudiants étrangers doivent avoir les mêmes droits que les Français et les mêmes conditions d’études. Il faut arrêter de mettre des bâtons dans les roues des jeunes, car une nouvelle fois, les plus précaires seront les premiers touchés.

Olivier Vial – On est déçus de cette méthode sans concertation. On a la sensation que cette réflexion a été menée uniquement dans une logique économique. On augmente juste le curseur budgétaire pour faire rentrer un peu plus d’argent sans avoir aucune vraie stratégie pour accueillir les meilleurs étudiants internationaux. En réalité, une bonne partie des étudiants qui viennent chez nous ont souvent été refusés ailleurs, en Angleterre ou aux États-Unis où les études coûtent beaucoup plus chers. Attirer les meilleurs étudiants ne se fait pas qu’à travers la problématique de frais d’inscriptions. De plus, ce n’est même pas une bonne logique économique puisqu’une année universitaire coûte en réalité 11 500 euros, donc trois fois ce que paieront les étrangers: le contribuable français continuera de payer la différence.

N’y a-t-il pas un paradoxe entre la volonté d’accueillir 500 000 étudiants étrangers (contre 320 000 aujourd’hui) sous un nouveau label intitulé «Bienvenue en France», et le fait de les faire payer davantage?

OV : On sent bien qu’il n’y a pas de stratégie globale derrière tout ça, le seul objectif est de faire rentrer un peu d’argent.

Entre les lignes, l’objectif est d’aller chercher une certaine élite d’étudiants internationaux. Les autres, dont la majorité vient d’Afrique avec parfois de faibles ressources, vont-ils encore pouvoir venir étudier en France?

LLB: Les Africains seront les premiers touchés par cette augmentation. J’en ai rencontré hier qui n’avaient

« Les Africains seront les premiers touchés par cette augmentation »Lilâ Le Bas

même pas encore fini leurs parcours en France et qui m’ont expliqué qu’ils allaient déjà devoir repartir. J’ai l’impression que le gouvernement n’a jamais mis un pied à l’université. Pour venir étudier en France, les coûts sont déjà élevés. Il faut justifier 7 000 euros sur un compte en banque, payer les timbres fiscaux et les billets d’avion… Et ces étudiants n’ont pas accès aux aides sociales en France. Demain, seuls les étudiants étrangers vraiment fortunés pourront faire leurs études en France.

OV: Cela fait sept ou huit ans que l’on perd des étudiants africains sur notre territoire. Les plus brillants d’entre eux partent déjà vers les pays anglo-saxons très chers, donc l’argent est un faux problème. Commençons par rendre nos dossiers d’admissions et les intitulés de nos formations lisibles. Ensuite, proposons aux étrangers davantage de cours en anglais. Enfin continuons à créer des passerelles avec l’Afrique et les Moyen-Orient, comme l’université Paris-Dauphine à Tunis ou Sorbonne Université à Abu Dhabi. Aujourd’hui le seul vrai avantage de l’université française est son prix. Il faut que nous en trouvions d’autres.

Justement, la France est toujours loin derrière les États-Unis et l’Angleterre dans les classements internationaux, ce qui l’empêche d’attirer une partie des meilleurs élèves du monde entier. Peut-on prétendre à la cour des grands avec une université gratuite?

LLB: Ce qu’il se passe aux États-Unis n’est un exemple pour personne. Les étudiants sont endettés jusqu’au cou et certains remboursent leurs prêts jusqu’à la fin de leur carrière. C’est structurellement inégalitaire. Par ailleurs, il n’y a aucune corrélation entre les classements internationaux, souvent axés sur la recherche, et les frais d’inscription, puisque le budget de la recherche est indépendant de la problématique d’accès pour tous à l’université. Pour connaître notre niveau, il faudrait classer les universités en fonction de la réussite en licence, et notamment en première année où le taux d’échec est maximal.

OV: Depuis 2007, le coût réel d’une année à l’université a considérablement augmenté sans améliorer la qualité des études. On est passé de 8 500 à 11 500 euros, et pourtant le taux d’échec est toujours aussi fort et l’insertion professionnelle aussi faible. Cet argent a été englouti dans les tâches administratives, comme récemment les commissions d’examen des vœux pour Parcoursup où les enseignants-chercheurs perdent leur temps. Tout a été dépensé dans la bureaucratie, au lieu de miser sur la pédagogie.

« Il faudrait laisser la liberté aux universités de choisir : tel diplôme peut être gratuit, celui-ci non. »Olivier Vial, président de L’Uni

Un rapport de la Cour des comptes dévoilé par Le Monde mercredi préconise l’augmentation des frais d’inscriptions en master et doctorat pour tous les étudiants, Français ou étrangers. Même si le gouvernement a depuis assuré que cette augmentation n’était pas à l’ordre du jour, le modèle de l’université publique gratuite est-il en danger?

LLB: Il y a une dangereuse banalisation de la question de l’augmentation des frais d’inscription, qui renforcerait de facto la sélection sociale. Notre modèle est aujourd’hui remis en cause plus que jamais, or ce n’est pas aux étudiants de financer le désengagement de l’état dans les universités. Le budget d’un pays ne se calcule pas comme celui d’un ménage: le ministère ne doit pas toujours penser à l’économie, mais aussi à l’investissement. Il faut investir davantage dans notre enseignement supérieur. Le baby-boom va continuer de drainer de plus en plus de jeunes vers le supérieur. Est-ce qu‘on doit fermer les portes à ces jeunes, ou veut-on vraiment leur donner accès aux filières de leur choix? L’Unef demande un milliard d’euros investis par an pendant dix ans dans nos universités.

OV: L’université n’est pas gratuite pour tout le monde puisqu’elle coûte au contribuable. Ce qu’on regrette aujourd’hui, c’est que les droits d’inscriptions soient fixés nationalement pour tous. Il faudrait laisser la liberté aux universités de choisir: tel diplôme peut être gratuit, celui-ci non. Toutes les formations ne coûtent en effet pas le même prix! Aussi, les parents d’étudiants qui envoient leurs enfants dans le privé paient deux fois: une pour leur enfant, et une autre à travers leurs impôts pour l’université. Eux devraient avoir droit de défiscaliser une partie des droits d’inscription de leurs enfants pour compenser.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/hausse-des-frais-d-inscription-a-la-fac-leur-seul-objectif-est-de-faire-rentrer-un-peu-d-argent-_35c0e5aa-ed7e-11e8-b93d-63abecea4c88/
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L’enseignement supérieur a désormais son salon à Béziers

Des bus qui stoppent devant le palais des congrès, avenue Saint-Saëns, des lycéens qui en descendent et se ruent dans le bâtiment ou discutent entre eux sur les marches avant de suivre le mouvement.

Une réussite

Ce jeudi, l’Agglo Béziers Méditerranée organisait le salon biterrois de l’enseignement supérieur. Une première édition qui, aux dires des lycéens eux-mêmes et des représentants d’établissements présents, est une réussite.

« Cette initiative est une bonne chose. On n’avait plus de salon d’orientation sur Béziers », souligne Sophie Gimenez. Développeuse de l’apprentissage et référente qualité à CCI Sud formation, elle a le sourire. « On est ravi et on a du monde, explique-t-elle. Avant, on devait se déplacer sur les établissements ou aller à Montpellier. »

L’alternance à la cote

CCI Sud formation est venu en force pour tenter de séduire les futurs étudiants. « Nous avons quatre stands, détaille Sophie Gimenez. Chacun représente un pôle et autant de formations. C’est plus pertinent que de présenter uniquement notre établissement. » Et l’alternance a visiblement la cote. « C’est avoir un pied dans la vie active », lance Sophie Gimenez qui a vu défiler de nombreux jeunes tout au long de la journée.

Alan, Izïa et Jules sont lycéens à Jean-Moulin et Henri-IV. « Nous, nous sommes intéressés par les différentes filières BTS et les CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles, NDLR) », indique Alan.

Bonne fréquentation

Le jeune garçon semble être resté sur sa faim tout comme ses deux amis : « Les filières présentées sont essentiellement sur Béziers. » Le trio a sans doute oublié qu’il venait de visiter le salon biterrois de l’enseignement supérieur. Mais, lot de consolation, « il y a aussi les universités de Montpellier », lâche Jules.

Au deuxième étage du palais des congrès, la salle qui accueille les différents établissements publics et privés proposant des formations sur Béziers ne désemplit pas. La preuve que le besoin existait.

Source: https://www.midilibre.fr/2018/11/23/lenseignement-superieur-a-desormais-son-salon-a-beziers,4975009.php
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La liste Des étudiant.e.s élue à l’université de Montpellier : « Une première à Paul-Valéry »

Tous les deux ans, les étudiants sont appelés à renouveler leurs titulaires au sein des conseils de l’université. L’issue du scrutin des représentants étudiants des conseils centraux (4 au conseil d’administration et 16 au Cevu, le conseil des études et de la vie universitaire) à Paul-Valéry, à Montpellier, s’est révélée « historique ».

En quoi la victoire de la liste Des étudiant.e.s qui vous rassemblent est-elle remarquable ?

Edgar Bruel (titulaire et nouveau vice-président des étudiants) : C’est la première fois, à l’université Paul-Valéry, qu’une liste portée par des associations de filières arrive en tête des suffrages, devant la liste portée par l’Unef.

Quelle différence entre syndicat et association ?

Les associations qui portent la liste se distinguent d’abord par la diversité de leurs actions. Elles organisent des événements festifs, culturels ou de prévention destinés à animer la vie du campus et créer du lien entre les étudiants.

Par ailleurs, le syndicat jusque-là majoritaire, l’Unef, n’est représenté que nationalement. Son bilan ces deux dernières années à l’UPV est presque inexistant, tandis que nos associations bénéficient d’un réel ancrage local, au plus près des étudiants et de leurs problématiques.

Quels sont les résultats ?

Avec 475 voix obtenues en Cevu, notre liste arrive largement en tête, suivie de l’Unef (394). Cependant, la loi du “plus fort reste” qui définit la répartition des sièges entre les différentes listes est peu représentative du vote des étudiants. Au Cevu, nous avons donc autant de sièges que l’Unef, soit 5, Solidaire étudiant(e)s 3, Fac off (liste portée par le Scum) 2 et Lapinou (liste portée par la corpo Epsylone) 1. En CA, les quatre premières ont chacune obtenu un siège.

Quel est votre programme ?

Le rôle d’un élu étudiant est de faire le lien entre les étudiants et les conseils de l’université. Le “programme” se construit donc sur toute la durée du mandat. Nous défendons cependant une université ouverte et engagée mais aussi plus durable et plus responsable. Nous travaillerons par ailleurs avec les élus issus des autres listes, ce n’est que comme cela que nous pourrons assurer une bonne représentation des étudiants.

Nous continuerons de faire avancer plusieurs projets qui nous tiennent à cœur, notamment l’inscription, sur les cartes étudiantes, du prénom d’usage des personnes transgenres, l’extension de la connexion wifi sur le campus ou encore l’intégration du centre Du-Guesclin de Béziers au sein de la vie de l’université.

Quelles sont vos relations avec le président Gilli ?

Nous sommes disposés à travailler avec l’ensemble des acteurs de l’université, y compris la présidence. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas nous y opposer si nous sommes en désaccord.

Comment vous êtes-vous situés lors du blocage l’an dernier ? Et par rapport à la loi Ore ?

Les associations n’ont pas pris officiellement position lors des blocages, considérant que les étudiants pouvaient décider eux-mêmes de la position à adopter face au mouvement. La plupart des membres de nos structures étaient opposés au blocage mais beaucoup étaient cependant présents aux manifestations contre la loi Ore.

Source: https://www.midilibre.fr/2018/11/23/la-liste-des-etudiantes-elue-a-luniversite-de-montpellier-une-premiere-a-paul-valery,4974931.php
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L’ancienne prison de Béziers filmée de l’intérieur par quatre étudiants

Depuis l’année dernière, l’IUT de Béziers a sa web TV, nommée Kafein (à prononcer comme caféine). Après une première année de balbutiements, la chaîne a été prise en main, cette année, par quatre étudiants de deuxième année en Métiers du multimédia et de l’internet (MMI), Hugo, Isabelle, Margo et Alexandre.

Leur dernier documentaire diffusé sur Kafein, réalisé à quatre mains, donne à voir, à comprendre et à sentir l’ancienne maison d’arrêt de Béziers, contiguë à la cathédrale, qui a fermé en novembre 2009.

« C’était une maison d’arrêt à taille humaine, conviviale, que j’appréciais »

Quand il parle de l’ancienne maison d’arrêt de Béziers, Éric P., aujourd’hui surveillant de prison au Gasquinoy aux quartiers arrivants, disciplinaires et isolement, a le sourire et les yeux qui brillent, le regard teinté d’une pointe de nostalgie. « J’ai connu les Baumettes de Marseille, la centrale d’Arles, Villeneuve-lès-Maguelone puis, je suis arrivé à Béziers. C’était en 2002. J’y suis resté jusqu’à sa fermeture, en novembre 2009 ».

Et d’insister sur « l’ambiance familiale », le côté « humain » de l’ancienne maison d’arrêt et de son organisation. Pour rappel, elle accueillait les prévenus, les petites et fins de peines. « La plupart des prisonniers, malgré la vétusté, les souris, les cafards, le peu d’espace, des cours de 20 m² en camembert, la promiscuité, les douches collectives, des parloirs sans intimité dans une seule petite pièce, la surpopulation, le peu de lumière, la chaleur l’été, etc., tous avaient des réticences à partir. » 

Il raconte que, quand, chaque semaine, les gardiens annonçaient la liste des transferts, le plus souvent au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès- Maguelone, « je peux dire que ça grinçait des dents ! Et, comme les détenus ne voulaient pas se retrouver en haut de la liste, ils se tenaient à carreaux, évitaient de perturber la vie de la prison. On était proches les uns des autres, détenus et surveillants. Ils appréciaient cela ».

Du côté des gardiens, Éric P. assure s’être adapté au Gasquinoy. Plus grand, moderne, aux normes, chaque surveillant travaille dans un secteur. « Même si les améliorations sont nombreuses, je vous assure que je dois être le seul de mes collègues ayant connu l’ancienne maison d’arrêt à ne pas regretter. Tous voudraient y retourner. Il est vrai que de l’accueil aux cuisines, en passant par les coursives et autres secteurs, on faisait tous les postes, on connaissait tout le monde, les détenus, leur famille, leurs problèmes… On appréciait cette proximité que l’on a perdue. »

Construite en 1857, fermée en 2009

Pour rappel, l’établissement construit en 1857 sur l’acropole biterroise qui domine la cité avec son Palais des évêques (qui abritait encore, il y a peu, le palais de justice) et sa cathédrale Saint-Nazaire, est un lieu emblématique de l’histoire de Béziers, auquel tous les Biterrois sont attachés. Pour cause notamment de vétusté et de conformité aux nouvelles normes de sécurité et d’hygiène, la prison a fermé ses portes en novembre 2009. Détenus et surveillants ont intégré le centre pénitentiaire du Gasquinoy, flambant neuf, qui a changé entièrement la vie de tous.

Neuf ans plus tard, ces jeunes étudiants de 20 ans ont réussi, avec l’autorisation de la Ville, à filmer l’intérieur du bâtiment, aujourd’hui abandonné, désaffecté, délabré, exigu, devenu une proie du temps qui passe, mais que les Biterrois gardent dans leurs souvenirs et leurs cœurs.

Sept semaines ont été nécessaires pour réaliser, de A à Z, ce documentaire fort réussi. « Nous l’avons réalisé dans le cadre du projet, dit “tutoré”, que l’on mène depuis le deuxième semestre, soit l’année dernière, sous l’égide de notre prof Adrien Gomez. En synthèse, nous devons réaliser une vidéo par mois sur un sujet libre. À la fin de la deuxième année, soit en juin, nous devons présenter notre soutenance sur l’ensemble du projet vidéo devant notre tuteur. Et là, nous serons notés ».

L’ancienne prison de Béziers, sixième vidéo du groupe, entre donc dans ce cadre. Pourquoi un tel choix de sujet ? « Nous ne sommes pas de Béziers. On avait juste entendu parler de l’ancienne prison. Il y a quelque temps, on a travaillé sur la cathédrale Saint-Nazaire. On est donc passés plusieurs fois devant sans savoir. Quand on a su, on a décidé du choix de notre futur sujet pour Kafein. »

Autorisation de la Ville accordée

La première démarche a été celle de s’adresser à la mairie (l’édifice est propriété de la Ville) pour avoir l’autorisation de tourner à l’intérieur. Que Hugo, Isabelle, Alexandre et Margo ont obtenu. Le travail de recherches a alors pu commencer. Internet, archives municipales, office de tourisme, articles de journaux…

Tout y et passé pour comprendre, préparer l’écriture du documentaire, le tournage et tout ce qui a suivi. L’enregistrement des voix off, les interviews de deux comédiens de la compagnie Là-bas Théâtre, Denise Barreiro et Pierre Astrié, qui, en 2014, animaient des ateliers théâtre auprès des prisonniers, le montage, la musique conçue et réalisée par Alexandre, le mixage sonore… Bref, les quatre étudiants ont travaillé comme des véritables professionnels.

« Bien entendu, comme d’habitude, nous avons ensuite posté, fin octobre, le documentaire, qui dure 16 minutes, sur Youtube, qui a été relayé par les réseaux sociaux, et envoyé aux étudiants et enseignants de l’IUT. » Depuis ce documentaire, les étudiants ont décidé de travailler autrement leurs vidéos.

« Jusqu’à présent, chacun réalisait ses vidéos. Hugo et Alexandre avaient choisi de parler du patrimoine de Béziers, Isabelle des lieux de vie, et Margo de cinéma. C’est la première fois que nous présentons une vidéo commune. C’est un travail beaucoup plus approfondi que nous pouvons présenter en travaillant à quatre. Désormais, nos sujets seront communs. »

Les étudiants planchent déjà sur leur prochaine vidéo qui sortira à la fin du mois (à voir sur Kafein TV), cette fois un reportage sur la Nuit des étudiants.

L’institut organise sa 9e Nuit des IUT, le 29 novembre, à 18 h 30

Étudiants, professeurs, entreprises partenaires et personnel administratif de l’IUT de Béziers donnent rendez-vous, jeudi 29 novembre, à partir de 18 h 30, dans l’établissement pour la 9e Nuit des IUT.

Le thème choisi, cette année, pour cette nouvelle édition est : Vivre ensemble dans un monde connecté. « L’objectif de la soirée, qui s’inscrit dans la manifestation nationale des IUT de France, est d’ouvrir l’établissement sur la cité », rappelle Yoan Mille.

C’est aussi pour l’établissement, l’occasion de mettre en valeur l’innovation sous toutes ses formes : de sa pédagogie, des formations, des projets des étudiants, des disciplines et technologies enseignées, des diverses organisations, de ses partenaires (entreprises, organismes et collectivités). Pour faciliter les échanges et mixer les publics, buffet et ateliers s’entremêleront.

Au programme : 18 h 30 à 19 h : accueil ; 19 h 30 à 20 h 30, buffet avec de nombreux stands de découverte, dégustations, de présentations du travail des étudiants et du corps enseignants, démonstrations… ; 20 h 30, cocktail avec concert animé par les étudiants ; 21 h, DJ. Entrée libre.

Source: https://www.midilibre.fr/2018/11/23/lancienne-prison-de-beziers-filmee-de-linterieur-par-quatre-etudiants,4975010.php
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Bagnols : scènes de crime au collège Gérard-Philipe

Laurent Gautier, le président de l’association K Net Partage, est venu ce jeudi au collège Gérard-Philipe de Bagnols-sur-Cèze avec des affiches publicitaires qui allaient être jetées à la poubelle. Dès son installation sous le préau, c’était la récréation de dix heures et beaucoup de collégiens sont venus voir ce qui se passait.

Il a été demandé aux volontaires de “faire le mort”, en se couchant sur l’une de ces affiches et prendre une attitude occupant le plus possible d’espace. De là, est figurée une “scène de crime”. Des élèves des classes Ulis (1) ont été mis à contribution pour s’habiller en légistes et tracer les contours des silhouettes couchées.

« Ces silhouettes vont être découpées. Le résultat sera exposé dans l’établissement. Quand les élèves repasseront devant, ils se souviendront du moment. Après, ils auront une vision différente quand ils verront un papier par terre », indique Laurent Gautier.
Cette intervention correspond à la semaine européenne de la réduction des déchets et également la semaine européenne de l’emploi des personnes handicapées.

Le reste de la journée, des classes ont défilé avec leur professeur. Ça a donné l’occasion à K Net Partage d’insister sur le côté pédagogique en diffusant une documentation de l’Ademe (2). C’était la dernière intervention de l’association en milieu scolaire en 2018.

(1) Ulis : unité localisée pour l’inclusion scolaire.

(2) Ademe : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Source: https://www.midilibre.fr/2018/11/23/bagnols-scenes-de-crime-au-college-gerard-philipe,4979452.php
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A la récréation, un enfant de 10 ans insulte et frappe son institutrice : 28 jours d’ITT

Le 18 octobre dernier, un enfant de 10 ans a agressé une enseignante remplaçante dans une école primaire de Villejuif (94), lui occasionnant 28 jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Ces faits de violences scolaires totalement hallucinants sont rapportés par nos confrères de LCI qui n’en ont eu connaissance que ce vendredi 23 novembre.

L’enseignante a tout d’abord été insultée par l’enfant qui la traitait de “menteuse” puis lui a intimé l’ordre de “fermer sa gueule”. L’élève agité avait perturbé la classe tout le début de la matinée.

C’est pendant la récréation que l’élève a frappé son institutrice aux bras, aux jambes et même au visage en continuant ses injures, y ajoutant des menaces de mort.

Instabilité psychologique

Connu pour son instabilité psychologique et suivi en centre médico-psychologique, l’enfant a été pris en charge par la directrice de l’école et son équipe enseignante en attendant l’arrivée du Samu.

L’institutrice de 33 ans qui a porté plainte, s’est vue prescrire une interruption temporaire de travail (ITT) de 28 jours. Une enquête est en cours.

Source: https://www.midilibre.fr/2018/11/23/a-la-recreation-un-enfant-de-10-ans-insulte-et-frappe-son-institutrice,4979416.php
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Sage-femme : le métier du rêve à la réalité

La sage-femme accompagne les femmes enceintes pendant et après la grossesse. // © plainpicture/Blend Images/John Fedele
La sage-femme accompagne les femmes enceintes pendant et après la grossesse. // © plainpicture/Blend Images/John Fedele

Émilie, 25 ans, infirmière, rêve d’exercer le métier de sage-femme et va reprendre des études pour y parvenir. Clarisse, sage-femme à Paris, nous raconte, quant à elle, les réalités de son métier.

L’Etudiant a rencontré Émilie, 25 ans, une jeune infirmière en salle de naissance qui souhaite se réorienter pour devenir sage-femme. La jeune femme nous raconte ce qui l’attire dans ce métier et comment elle l’imagine. En parallèle, Clarisse, sage-femme, évoque son quotidien et ses spécificités.

L’étudiante

Pour Émilie, 25 ans, infirmière en salle de naissance, en reconversion, à Paris : « Je suis infirmière depuis quatre ans. J’ai obtenu un bac L à 18 ans, mais je ne savais pas du tout où j’allais me diriger. Finalement, comme j’aimais beaucoup les enfants, j’ai pensé que je pouvais devenir auxiliaire puéricultrice. J’ai entrepris la formation, trois années d’école d’infirmière, plus une année de ­formation en puériculture. Et puis, le hasard m’a amenée à changer mes projets…

Un jour, à la fin de mes études, j’ai fait un stage en salle de naissance. Cela a été le déclic. En fait, on est la « petite main » de la sage-femme. On va perfuser, sonder des patientes, donner des antibiotiques… J’ai eu la chance de tomber sur une sage-femme géniale, qui m’a proposé de poser mes mains sur les siennes pendant l’accouchement. Elle a demandé à la patiente de pousser, et j’ai senti la tête du bébé, il était en train de naître dans mes mains ! C’était un moment d’émotion intense, autant pour les parents que pour moi.

Il faut avoir un caractère bien trempé pour être sage-femme

Après ce stage, je n’ai pas voulu repartir immédiatement dans de nouvelles études pour changer de voie : je venais de passer trois ans et demi à étudier, entre l’école et la pratique, puisqu’on alterne les deux. C’est seulement depuis avril 2017 qu’une passerelle a été ouverte entre le diplôme d’infirmière et celui de sage-femme, puisqu’en deuxième ou troisième année déjà, les étudiants infirmiers peuvent déposer un dossier et accéder aux études de sage-femme.

Les places sont chères : cinq places pour toute l’Île-de-France, l’an dernier ! Cette possibilité n’existait pas quand j’ai pris conscience de ma vocation. Donc, j’ai fait ce qui me semblait le plus logique : me rapprocher au maximum de cette profession en devenant infirmière dans une maternité. »

« J’ai intégré l’hôpital public pour essayer d’obtenir une formation qui me soit financée. Mais je dois d’abord exercer comme titulaire pendant un an au minimum, avant de pouvoir en faire la demande. C’est un long parcours, car il me faudra encore deux ans d’études au moins pour devenir sage-femme.

Lire aussi : Sage-femme, un cursus en quatre ans

Heureusement, je suis patiente et endurante, deux qualités qui font partie du métier. Il faut avoir un caractère bien trempé pour être sage-femme. Je les admire tellement ! Elles font preuve d’une bienveillance incroyable, elles aident les femmes à traverser toutes les épreuves.

Bien sûr, il m’arrive de douter, d’abord parce que je sais que je n’atteindrai pas mon but avant trois ou quatre ans, ensuite parce que les nuits sont courtes, le salaire bas, l’estime des médecins, faible, inversement proportionnelle aux responsabilités, et que les patientes ne sont pas toujours faciles. Mais je sens ma vocation si forte que rien, à ce stade, ne me ferait changer d’avis ! »

Le professionnel

Pour Clarisse, 41 ans, sage-femme à Paris : « Mon parcours initial ne me destinait pas du tout à devenir sage-femme. J’ai fait maths sup/maths spé, plus une année de médecine. J’étais plutôt intéressée par l’ingénierie en génétique appliquée à l’humain… Après mon bac, obtenu à Marseille, j’ai fait une classe prépa, et aussitôt après… une crise d’ado à retardement !

Mes parents bougeaient tout le temps, à cause du métier de mon père, médecin militaire de carrière. Quand ils m’ont emmenée avec eux à Paris et que je me suis retrouvée en PCEM 1 [l’actuelle PACES], j’ai arrêté de travailler. Résultat, j’ai raté mes partiels ! Il était trop tard pour rattraper le coup, à cause du numerus clausus. Je me suis donc mise à passer des tas de concours en parallèle, kiné, sage-femme et infirmière. J’ai réussi les trois.

Pour me guider dans mon choix, mon père a eu l’idée de me faire rencontrer une sage-femme qui travaillait dans une maternité militaire. Le hasard, ou le destin, a fait qu’il s’agissait de celle qui m’avait mise au monde ! Nous nous en sommes aperçues par des recoupements de lieux et de dates, elle et moi. J’ai eu une révélation !

Lire aussi : Test. Êtes-vous fait pour devenir sage-femme ?

J’ai intégré l’école de sages-femmes de Poissy, où il y avait une sorte de prérentrée pendant trois jours, pour découvrir le métier. Et j’y suis restée quatre ans et demi ! Je travaille depuis 2001.

Aujourd’hui, j’alterne entre la clinique Sainte-Félicité à Paris, et une activité libérale à domicile, et je donne des cours à la maternité de Port-Royal. J’ai complété ma formation avec un diplôme universitaire en lactation maternelle, que j’ai obtenu à Lille, en deux ans. »

Quand on est sage-femme, on transfuse, on réanime, on côtoie la vie et la mort en permanence

« Ce métier est à la fois extraordinaire et très difficile. Surtout quand on sort de l’école et qu’on se retrouve confronté à de grosses responsabilités. Par exemple, quand on doit accompagner les accouchements d’enfants décédés, ou qu’une patiente décède peu après l’accouchement. J’ai le souvenir d’avoir fait des prélèvements sur un fœtus qui était décédé et qui avait exactement l’âge du bébé que je portais…

Quand on est sage-femme, on transfuse, on réanime, on côtoie la vie et la mort en permanence. On n’est jamais complètement off. Et il n’existe pas de métier où l’on approche autant les gens, où l’on distingue le pire et le meilleur de l’être humain…

Cela nécessite beaucoup d’investissement de soi, mais il faut savoir se ‘blinder’ émotionnellement. Difficile de garder la foi ! D’autant qu’il y a beaucoup de chômage dans cette profession, même si les gens l’ignorent.

C’est la raison pour laquelle je déconseille de s’installer en libéral tout de suite après les études. Les salaires sont bas, voire très bas, et le stress, élevé, ce qui explique sans doute que beaucoup de sages-femmes abandonnent et se reconvertissent.

Mais quand on la chance de vivre l’accouchement parfait, comme le tout-premier auquel j’ai assisté, je crois qu’on a la vocation pour la vie ! »

Cinq ans d’études après le bac pour devenir sage-femme

Le diplôme d’État de sage-femme se prépare en quatre ans dans une école rattachée à un CHU (centre hospitalier universitaire), après réussite à la PACES (première année commune aux études de santé). Le concours est sélectif. En 2018–2019, le numerus clausus pour les sages-femmes (nombre de places ouvertes au concours fixé chaque année par l’État) s’élève à 991 places*. À noter qu’il existe des prépas privées et un système de tutorat en fac pour s’y préparer. Il existe en France 35 écoles de sages-femmes.
Les salaires vont de 1.800 € brut par mois (+ primes diverses) pour une sage-femme en début de carrière dans la fonction publique hospitalière, à 2.300 € brut par mois environ pour une sage-femme en libéral.

*Le numerus clausus, qui limite l’accès à la deuxième année des études de médecine, de pharmacie, d’odontologie ou de sages-femmes, sera supprimé à la rentrée 2020.

Source: https://www.letudiant.fr/metiers/metiers—portraits-de-pros/sage-femme-le-metier-du-reve-a-la-realite.html
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Les bonnes techniques pour trouver un job sur les sites de recherche d’emploi

VIDÉO – Attente des entreprises, démarches à suivre pour les candidats, référencement du CV… Fleur Portier et Boris Paulmier du «jobboard» Cadremploi livrent aux jeunes diplômés leurs secrets de fabrication.

Comment renseigner au mieux son CV pour plaire aux employeurs? Comment les entreprises piochent dans les bibliothèques de CV en ligne? Quel est l’intérêt à l’heure des réseaux sociaux de postuler sur les traditionnels sites de recherche d’emploi? Toutes ces questions et bien plus encore, Le Figaro Etudiant les a posées à Fleur Portier et Boris Paulmier de la plate-forme de recherche d’emplois Cadremploi*. Pour maximiser ses chances de trouver votre job de rêve, certains conseils simples et pratiques sont à suivre. Suivez le guide!

*Site appartenant au groupe Le Figaro

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/les-bonnes-techniques-pour-trouver-un-job-sur-les-sites-de-recherche-d-emploi_a7114b42-ee59-11e8-b93d-63abecea4c88/
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