Elles racontent leur quotidien dans des écoles «traditionnellement masculines»

Dans beaucoup d’écoles d’ingénieurs et d’informatique, les hommes représentent entre 80 et 90% des étudiants. Comment les femmes vivent-elles la situation ? Des étudiantes racontent leur quotidien au Figaro.

Comment les jeunes filles parviennent à se faire une place dans des écoles où les garçons sont largement majoritaires? Si elles sont de plus en plus nombreuses dans les écoles d’ingénieurs (27 % en 2017 contre 20 % en 1991), les filles se concentrent dans les écoles d’agronomie (63 % à AgroParisTech). Dans les sciences dures (math, physique, info), les femmes peinent à faire leur place: 8% en sciences à l’ENS Ulm (chiffres 2013), 15,5 % à l’École polytechnique, 19% à CentraleSupélec Paris (selon L’Etudiant). Et dans les écoles de développeurs et de jeux vidéo, elles ne sont qu’une poignée par promotion, entre 5 et 10 % en moyenne. Comment vivent-elles la situation?

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«Quand j’ai annoncé à ma conseillère d’orientation que je voulais travailler dans l’informatique, elle a essayé de m’en dissuader en disant que c’était un milieu trop masculin», se souvient Dipty Chander, qui termine sa

«Quand je suis arrivée à l’Epitech pour la «piscine», j’ai d’abord pensé que les autres filles étaient dans d’autres groupes»Dipty, étudiante à Epitech

cinquième année à Epitech. Elle fait partie de la dizaine de filles de sa promotion, sur 500 étudiants au total. Pour Margaux*, qui vient de terminer sa quatrième année à l’École polytechnique, les filles qui intègrent l’école ont déjà un profil «particulier»: elles ont choisi de faire une classe préparatoire scientifique, puis l’École polytechnique. Autrement dit, des filières dans lesquelles les filles sont très minoritaires. «Dans les filières scientifiques, on a tendance à orienter davantage les filles vers la biologie, et les garçons vers l’informatique par exemple», confirme Sarah*, entrée à l’école 42 après avoir passé la période de test de la «piscine» (phase de sélection, ndlr).

Un humour «politiquement incorrect»

Le jour de la rentrée, la faible proportion de femmes dans l’école peut être un choc. «Quand je suis arrivée à l’Epitech pour la «piscine», j’ai d’abord pensé que les autres filles étaient dans d’autres groupes. Très vite, je me suis rendu compte qu’il n’y en avait en fait que très peu», raconte Dipty. Les étudiantes doivent ensuite s’intégrer dans une promotion où elles sont minoritaires. Cela passe par la participation à des conversations dans lesquelles elles ne sont pas toujours les bienvenues.

«Sur Discord (une messagerie instantanée, ndlr), on a une grande conversation de groupe sur laquelle on partage beaucoup de «memes» (images virales à caractère humoristique, ndlr). C’est souvent ‘politiquement incorrect’, avec des blagues parfois lourdes sur les femmes», raconte Sarah. Idem pour Lauriana, en troisième année en filière jeux vidéo à Lisaa, qui passe essentiellement ses journées avec un groupe de quatre garçons. «Souvent, je me fais interrompre, du coup je ne dis pas grand-chose. Je ne veux pas les embêter et j’ai peur de parler dans le vide», relate-t-elle. Un problème auquel n’a pas été confrontée Margaux à l’Ecole Polytechnique, où elle a constaté «une vraie écoute de tout le monde». «Je n’aime pas trop les blagues vaseuses, je l’ai vite fait comprendre. Ils n’en faisaient pas en ma présence», affirme-t-elle.

«Taper du poing sur la table»

Comment faire ses preuves dans un environnement traditionnellement considéré comme «masculin» Contrairement à Margaux, qui a plusieurs fois pris la tête de projets de groupe, Sarah a remarqué une forme de «paternalisme» chez ses camarades masculins à 42. Elle raconte: «Une fois, j’ai dû relire le travail d’un étudiant

« Je me sens moins obligée de porter une robe ou de me maquiller pour paraître féminine. Le but, c’est presque de mettre les vêtements les plus moches possible »Clara, étudiante à Centrale Supélec

moins expérimenté que moi. Il ne me prenait pas au sérieux, et ne comprenait pas que je puisse lui donner des conseils». «Lors des travaux de groupe, il ne faut pas se laisser faire, et ne pas hésiter à taper du poing sur la table pour se faire entendre», explique Dipty. Sa technique est d’être «très sèche», mais aussi d’expliquer fermement et concrètement quels sont les apports de sa proposition. Ainsi, elle évite d’être trop remise en question.

«Les garçons se contentent de dire ‘on fait ça’, ils ont moins à se justifier», raconte Dipty. Une atmosphère qui laisse donc peu de place à la timidité. L’association présidée par Dipty au sein d’Epitech, E-mma, a d’ailleurs mis en place un système de «marrainage»: des étudiantes plus âgées prennent sous leur aile les filles de première année pour leur donner des conseils.

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Pour gagner en légitimité, une autre «stratégie» consiste à travailler davantage, nous confie Sarah. «À 42, il y a une rumeur selon laquelle les femmes seraient admises plus facilement que les garçons. Et donc moins légitimes. Du coup, nous avons une pression supplémentaire pour prouver que notre place est ici», explique-t-elle. C’est aussi le cas de Lauriana, qui est l’une des meilleures de sa classe.

«J’ai été agréablement surprise par des étudiants très bienveillants, qui comprennent l’enjeu de la mixité dans l’école»Sarah, étudiante à l’école 42

Mais être en minorité n’est pas toujours négatif. «J’ai été agréablement surprise par des étudiants très bienveillants, qui comprennent l’enjeu de la mixité dans l’école, et plus largement dans le secteur de la tech», confie Sarah. De son côté, Dipty Chander affirme avoir trouvé beaucoup de soutien auprès de l’équipe pédagogique d’Epitech, et notamment du directeur, qui sanctionne les comportements déplacés des hommes. «On a beaucoup de chance de ce côté-là», reconnaît-elle.

Enfin, il y a également des aspects positifs à cet environnement masculin, comme le souligne Margaux: «On se fait de très bons amis avec qui les conversations sont parfois différentes et complémentaires de celles qu’on peut avoir entre filles, et c’est une richesse». De son côté, Clara*, à CentraleSupélec, se sent aussi plus libre de s’habiller comme elle l’entend. «Je me sens moins obligée de porter une robe ou de me maquiller pour paraître féminine. Le but, c’est presque de mettre les vêtements les plus moches possible», s’amuse-t-elle.

*Le prénom a été modifié

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/elles-racontent-leur-quotidien-dans-des-ecoles-traditionnellement-masculines-_7b8b7a2a-deae-11e8-ba30-3ab75dcee0d5/
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Mort à CentraleSupélec : « Pourtant il y avait un énorme dispositif de sécurité ce soir-là »

La famille d’Hugo, 21 ans, qui a trouvé la mort lors d’une soirée étudiante durant la nuit du vendredi 12 au samedi 13 octobre, a décidé de porter plainte contre son école, Centrale-Supélec.

Un drame terrible. Ce week-end, dans la nuit du 12 au 13 octobre, Hugo, étudiant à Centrale-Supélec à Gif-sur-Yvette (Essonne), une école d’ingénieurs, est mort en tombant du balcon de sa chambre, située au deuxième étage de sa résidence étudiante. Plus tôt dans la soirée, il avait enchaîné les pré-soirées dans les différents appartements du campus avant de se rendre à la grande soirée électro organisée dans les locaux de Centrale-Supélec. Son école accueillait 2500 étudiants ce soir-là.

Refusé à l’entrée de la soirée par les organisateurs en raison de son comportement – il titubait selon, plusieurs témoins – il est reconduit par ses colocataires dans son appartement. Plus tard dans la soirée, c’est le drame. Il ouvre la fenêtre et fait une chute de 7 mètres 50, à laquelle il ne survivra pas.

» LIRE AUSSI – Frédérique Vidal lance un plan pour éviter les dérapages en week-end d’intégration

Ses parents portent plainte contre l’école

Ce jeudi 18 octobre, RTL révèle que la famille d’Hugo porte plainte contre la prestigieuse école pour non-assistance à personne en danger. Le logement dans lequel était le jeune homme lorsqu’il est tombé appartient à l’école. Il se trouve à 200 mètres des bâtiments dans lesquels ont lieu les cours.

« De grandes mesures de sécurité sont prises sur le campus durant les soirées »Marie, étudiante à Centrale-Supélec

L’école a-t-elle tout fait pour éviter ce drame? Selon Marie*, étudiante à Centrale-Supélec qui était présente le jour du drame, «de grandes mesures de sécurité sont prises durant les soirées étudiantes à Centrale depuis la mort d’un étudiant en 2005, lors d’une fête. Selon elle, «il y avait énorme dispositif de sécurité ce soir-là». Comme tous les étudiants, la jeune femme est très affectée: «Nous sommes traumatisés. Tout était fait pourtant pour que cela ne se reproduise plus. Par exemple, des étudiants membres des l’organisation, forcément sobres, font des tours durant toute la soirée sur le campus. Ils sont là pour veiller à ce qu’il n’y ait pas d’accident. Et ils interrogent les jeunes qu’ils croisent pour leur demander s’ils vont bien.»

«Il était fatigué, il en avait marre parce qu’il y avait des soirées tous les soirs»

Sur RTL, le frère jumeau d’Hugo explique qu’il lui avait «confié qu’il était fatigué, qu’il en avait marre parce qu’il y avait des soirées tous les soirs». La famille du jeune homme souhaite que la mort d’Hugo soit utile et que l’école ainsi que les autres parents réagissent.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé jeudi avoir demandé une enquête administrative sur le décès du jeune homme. Elle a également ordonné l’interdiction de la consommation d’alcool sur le campus de CentraleSupélec.

Il y a quelques jours, la ministre avait lancé un plan pour éviter les dérapages lors des week-ends d’intégration. Sébastien Marret, le frère d’un étudiant mort l’an dernier pendant l’un d’eux, pointait notamment la responsabilité des écoles: «C’est beaucoup trop facile de rejeter la faute sur les étudiants», arguait-il.

* Le prénom de l‘étudiante a été changé afin de préserver son anonymat.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/mort-a-centralesuplelec-pourtant-il-y-avait-un-enorme-dispositif-de-securite-ce-soir-la-_19880d18-d2a4-11e8-81a3-d8f987bd6afe/
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Mort à CentraleSupélec : « Pourtant il y avait un énorme dispositif de sécurité »

Fortement alcoolisé, Hugo, 21 ans, est mort après être tombé par la fenêtre de sa chambre, sur le campus de Centrale-Supélec à Gif-sur-Yvette. Sa famille porte plainte pour non-assistance à personne en danger.

Un drame terrible. Ce week-end, dans la nuit du 12 au 13 octobre, Hugo, étudiant à Centrale-Supélec à Gif-sur-Yvette (Essonne), une grande école d’ingénieurs, est tombé de la fenêtre de sa chambre, située au deuxième étage de sa résidence étudiante. Il est mort mardi matin à l’hôpital.

Ce jeudi 18 octobre, RTL révèle que la famille d’Hugo porte plainte contre la prestigieuse école pour non-assistance à personne en danger. Le logement dans lequel était le jeune homme lorsqu’il est tombé appartient à l’école. Il se trouve à 200 mètres des bâtiments dans lesquels ont lieu les cours. Sur RTL, Enzo, le frère jumeau d’Hugo, explique que ses parents et lui l’ont vu peu à peu «tomber dans une spirale infernale, faite de jeux d’alcool, de soirées à répétition et d’absences en cours». Il leur avait «confié qu’il était fatigué, qu’il en avait marre parce qu’il y avait des soirées tous les soirs». Et aussi que «si on ne prend pas part à ces soirées, on se retrouve seul dans son appartement». La famille du jeune homme souhaite que la mort d’Hugo soit utile et que l’école ainsi que les autres parents réagissent.

Voici ce qu’on sait. Hugo était allé dans des pré-soirées organisées dans les chambres du campus avant de se rendre à la grande soirée électro, QuadraBang, organisée dans les locaux de Centrale-Supélec. Son école accueillait 2500 étudiants ce soir-là lors de cette fête préparée par l’Association des résidents.

Refusé à l’entrée par les vigiles en raison de son comportement – il titubait selon, plusieurs témoins – il est reconduit par ses colocataires dans son appartement. Plus tard dans la soirée, c’est le drame. Pour une raison encore inconnue, il fait une chute de 7 mètres 50 par la fenêtre, à laquelle il ne survivra pas. Avait-il pris de la drogue en plus de l’alcool comme le soupçonnent certains de ses camarades de promotion au Figaro? L’enquête le dira.

» LIRE AUSSI – Frédérique Vidal lance un plan pour éviter les dérapages en week-end d’intégration

« De grandes mesures de sécurité sont prises sur le campus durant les soirées »Marie, étudiante à Centrale-Supélec

L’école a-t-elle tout fait pour éviter la mort de ce jeune de 21 ans seulement, étudiant dans l’une des plus grandes écoles de France? «Sous le choc», Romain Soubeyran, le directeur, a publié un communiqué jeudi pour présenter ses condoléances à la famille. Il assure qu’une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame. Il insiste sur le fait que l’école «avait mis en place ces dernières années et en liaison avec les représentants des organisations étudiantes, un ensemble de mesures destinées à prévenir les comportements excessifs et à limiter la consommation d’alcool».

» LIRE AUSSI – Après la mort de son frère, il milite pour plus de sécurité

Présent le soir du drame, Paul Cappuccio, président du bureau des étudiants (BDE), connaissait Hugo. «Nous sommes tous très touchés par ce qui est arrivé», dit-il avec émotion. Il tient toutefois à démentir les propos du frère d’Hugo: «Non, il n’y a pas de beuverie tous les soirs à CentraleSupélec». Il insiste aussi sur le fait que, depuis le décès d’un étudiant alcoolisé en 2005 à Centrale, toutes les soirées sont désormais très sécurisées. «Ce soir-là, il y avait une quarantaine de vigiles et une dizaine de membres de la Croix-Rouge».

Interdiction de la consommation d’alcool sur le campus de CentraleSupélec

Très affectée par la mort de son camarade, Marie, étudiante en deuxième année et présente le soir du drame, confirme aussi qu’il y avait un «important dispositif de sécurité». «Ce soir-là, j’ai vu les “staffeurs”, des étudiants de l’organisation qui ont l’obligation d’être sobre, patrouiller sur le campus. À chaque fois qu’ils croisaient des étudiants, ils leur demandaient s’ils allaient bien», se souvient la jeune femme. Ce sont d’ailleurs ces «staffeurs» qui ont découvert le corps d’Hugo au pied de la résidence.

Jeudi, Frédérique Vidal a ordonné l’interdiction de la consommation d’alcool sur le campus de CentraleSupélec. Il y a quelques jours, la ministre avait lancé une charte pour éviter les dérapages lors des week-ends d’intégration. Et Sébastien Marret, le frère d’un étudiant en dentaire de Rennes, mort l’an dernier pendant l’un d’eux, pointait la responsabilité des écoles et réclamait plus d’encadrement.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/mort-a-centralesuplelec-pourtant-il-y-avait-un-enorme-dispositif-de-securite-ce-soir-la-_19880d18-d2a4-11e8-81a3-d8f987bd6afe/
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Étudiant mort à CentraleSupélec : « Pourtant, il y avait un important dispositif de sécurité»

Fortement alcoolisé, Hugo, 21 ans, est mort après être tombé par la fenêtre de sa chambre, sur le campus de Centrale-Supélec à Gif-sur-Yvette. Sa famille porte plainte contre l’école qui a interdit l’alcool depuis jeudi.

Un drame terrible. Ce week-end, dans la nuit du 12 au 13 octobre, Hugo, étudiant à Centrale-Supélec à Gif-sur-Yvette (Essonne), une grande école d’ingénieurs, est tombé de la fenêtre de sa chambre, située au deuxième étage de sa résidence étudiante. Il est mort mardi matin à l’hôpital.

Jeudi 18 octobre, RTL révèle que la famille d’Hugo porte plainte contre la prestigieuse école pour non-assistance à personne en danger. Le logement dans lequel était le jeune homme lorsqu’il est tombé appartient à l’école. Il se trouve à 200 mètres des bâtiments dans lesquels ont lieu les cours. Sur RTL, Enzo, le frère jumeau d’Hugo, explique que ses parents et lui l’ont vu peu à peu «tomber dans une spirale infernale, faite de jeux d’alcool, de soirées à répétition et d’absences en cours». Il leur avait «confié qu’il était fatigué, qu’il en avait marre parce qu’il y avait des soirées tous les soirs». Et aussi que «si on ne prend pas part à ces soirées, on se retrouve seul dans son appartement». La famille du jeune homme souhaite que la mort d’Hugo soit utile et que l’école ainsi que les autres parents réagissent.

Voici ce qu’on sait. Hugo était allé dans des pré-soirées organisées dans les chambres du campus avant de se rendre à la grande soirée électro, QuadraBang, organisée dans les locaux de Centrale-Supélec. Son école accueillait 2500 étudiants ce soir-là lors de cette fête préparée par l’Association des résidents.

Refusé à l’entrée par les vigiles en raison de son comportement – il titubait selon, plusieurs témoins – il est reconduit par ses colocataires dans son appartement. Plus tard dans la soirée, c’est le drame. Pour une raison encore inconnue, il fait une chute de 7 mètres 50 par la fenêtre, à laquelle il ne survivra pas. Avait-il pris de la drogue en plus de l’alcool comme le soupçonnent certains de ses camarades de promotion au Figaro? L’enquête le dira.

» LIRE AUSSI – Frédérique Vidal lance un plan pour éviter les dérapages en week-end d’intégration

« De grandes mesures de sécurité sont prises sur le campus durant les soirées »Marie, étudiante à Centrale-Supélec

L’école a-t-elle tout fait pour éviter la mort de ce jeune de 21 ans seulement, étudiant dans l’une des plus grandes écoles de France? «Sous le choc», Romain Soubeyran, le directeur, a publié un communiqué jeudi pour présenter ses condoléances à la famille. Il assure qu’une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame. Il insiste sur le fait que l’école «avait mis en place ces dernières années et en liaison avec les représentants des organisations étudiantes, un ensemble de mesures destinées à prévenir les comportements excessifs et à limiter la consommation d’alcool».

» LIRE AUSSI – Après la mort de son frère, il milite pour plus de sécurité

Présent le soir du drame, Paul Cappuccio, président du bureau des étudiants (BDE), connaissait Hugo. «Nous sommes tous très touchés par ce qui est arrivé», dit-il avec émotion. Il tient toutefois à démentir les propos du frère d’Hugo: «Non, il n’y a pas de beuverie tous les soirs à CentraleSupélec». Il insiste aussi sur le fait que, depuis le décès d’un étudiant alcoolisé en 2005 à Centrale, toutes les soirées sont désormais très sécurisées. «Ce soir-là, il y avait une quarantaine de vigiles et une dizaine de membres de la Croix-Rouge».

Interdiction de la consommation d’alcool sur le campus de CentraleSupélec

Très affectée par la mort de son camarade, Marie, étudiante en deuxième année et présente le soir du drame, confirme aussi qu’il y avait un «important dispositif de sécurité». «Ce soir-là, j’ai vu les “staffeurs”, des étudiants de l’organisation qui ont l’obligation d’être sobre, patrouiller sur le campus. À chaque fois qu’ils croisaient des étudiants, ils leur demandaient s’ils allaient bien», se souvient la jeune femme. Ce sont d’ailleurs ces «staffeurs» qui ont découvert le corps d’Hugo au pied de la résidence.

Jeudi, Frédérique Vidal a ordonné l’interdiction de la consommation d’alcool sur le campus de CentraleSupélec. Il y a quelques jours, la ministre avait lancé une charte pour éviter les dérapages lors des week-ends d’intégration. Et Sébastien Marret, le frère d’un étudiant en dentaire de Rennes, mort l’an dernier pendant l’un d’eux, pointait la responsabilité des écoles et réclamait plus d’encadrement.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/mort-a-centralesuplelec-pourtant-il-y-avait-un-enorme-dispositif-de-securite-ce-soir-la-_19880d18-d2a4-11e8-81a3-d8f987bd6afe/
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Étudiant mort à CentraleSupélec : l’alcool est désormais interdit sur le campus

Fortement alcoolisé, Hugo, 21 ans, est mort après être tombé par la fenêtre de sa chambre, sur le campus de Centrale-Supélec à Gif-sur-Yvette. Sa famille porte plainte contre l’école qui a interdit l’alcool depuis jeudi.

Un drame terrible. Ce week-end, dans la nuit du 12 au 13 octobre, Hugo, étudiant à Centrale-Supélec à Gif-sur-Yvette (Essonne), une grande école d’ingénieurs, est tombé de la fenêtre de sa chambre, située au deuxième étage de sa résidence étudiante. Il est mort mardi matin à l’hôpital.

Jeudi 18 octobre, RTL révèle que la famille d’Hugo porte plainte contre la prestigieuse école pour non-assistance à personne en danger. Le logement dans lequel était le jeune homme lorsqu’il est tombé appartient à l’école. Il se trouve à 200 mètres des bâtiments dans lesquels ont lieu les cours. Sur RTL, Enzo, le frère jumeau d’Hugo, explique que ses parents et lui l’ont vu peu à peu «tomber dans une spirale infernale, faite de jeux d’alcool, de soirées à répétition et d’absences en cours». Il leur avait «confié qu’il était fatigué, qu’il en avait marre parce qu’il y avait des soirées tous les soirs». Et aussi que «si on ne prend pas part à ces soirées, on se retrouve seul dans son appartement». La famille du jeune homme souhaite que la mort d’Hugo soit utile et que l’école ainsi que les autres parents réagissent.

Voici ce qu’on sait. Hugo était allé dans des pré-soirées organisées dans les chambres du campus avant de se rendre à la grande soirée électro, QuadraBang, organisée dans les locaux de Centrale-Supélec. Son école accueillait 2500 étudiants ce soir-là lors de cette fête préparée par l’Association des résidents.

Refusé à l’entrée par les vigiles en raison de son comportement – il titubait selon, plusieurs témoins – il est reconduit par ses colocataires dans son appartement. Plus tard dans la soirée, c’est le drame. Pour une raison encore inconnue, il fait une chute de 7 mètres 50 par la fenêtre, à laquelle il ne survivra pas. Avait-il pris de la drogue en plus de l’alcool comme le soupçonnent certains de ses camarades de promotion au Figaro? L’enquête le dira.

» LIRE AUSSI – Frédérique Vidal lance un plan pour éviter les dérapages en week-end d’intégration

« De grandes mesures de sécurité sont prises sur le campus durant les soirées »Marie, étudiante à Centrale-Supélec

L’école a-t-elle tout fait pour éviter la mort de ce jeune de 21 ans seulement, étudiant dans l’une des plus grandes écoles de France? «Sous le choc», Romain Soubeyran, le directeur, a publié un communiqué jeudi pour présenter ses condoléances à la famille. Il assure qu’une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame. Il insiste sur le fait que l’école «avait mis en place ces dernières années et en liaison avec les représentants des organisations étudiantes, un ensemble de mesures destinées à prévenir les comportements excessifs et à limiter la consommation d’alcool».

» LIRE AUSSI – Après la mort de son frère, il milite pour plus de sécurité

Présent le soir du drame, Paul Cappuccio, président du bureau des étudiants (BDE), connaissait Hugo. «Nous sommes tous très touchés par ce qui est arrivé», dit-il avec émotion. Il tient toutefois à démentir les propos du frère d’Hugo: «Non, il n’y a pas de beuverie tous les soirs à CentraleSupélec». Il insiste aussi sur le fait que, depuis le décès d’un étudiant alcoolisé en 2005 à Centrale, toutes les soirées sont désormais très sécurisées. «Ce soir-là, il y avait une quarantaine de vigiles et une dizaine de membres de la Croix-Rouge».

Interdiction de la consommation d’alcool sur le campus de CentraleSupélec

Très affectée par la mort de son camarade, Marie, étudiante en deuxième année et présente le soir du drame, confirme aussi qu’il y avait un «important dispositif de sécurité». «Ce soir-là, j’ai vu les “staffeurs”, des étudiants de l’organisation qui ont l’obligation d’être sobre, patrouiller sur le campus. À chaque fois qu’ils croisaient des étudiants, ils leur demandaient s’ils allaient bien», se souvient la jeune femme. Ce sont d’ailleurs ces «staffeurs» qui ont découvert le corps d’Hugo au pied de la résidence.

Jeudi, Frédérique Vidal a ordonné l’interdiction de la consommation d’alcool sur le campus de CentraleSupélec. Il y a quelques jours, la ministre avait lancé une charte pour éviter les dérapages lors des week-ends d’intégration. Et Sébastien Marret, le frère d’un étudiant en dentaire de Rennes, mort l’an dernier pendant l’un d’eux, pointait la responsabilité des écoles et réclamait plus d’encadrement.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/mort-a-centralesuplelec-pourtant-il-y-avait-un-enorme-dispositif-de-securite-ce-soir-la-_19880d18-d2a4-11e8-81a3-d8f987bd6afe/
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Une «ode au viol» écrite par des étudiants suscite la polémique à Caen

Plusieurs chansons paillardes d’une violence rare envers femmes ont été partagées par des étudiants d’une école d’ingénieurs caennaise. Certaines d’entre elles sont des incitations au viol ou à la pédophilie.

Les paroles sont d’une violence inouïe. Elles incitent sous couvert d’humour au viol, à la pédophilie, à la violence et au machisme. Les étudiants de l’École nationale supérieure d’ingénieurs (Ensi) de Caen ont distribué en début d’année un carnet de chants où figurent des propos qui restent habituellement entre les murs de l’école. Mais cette année des étudiantes brésiliennes, en échange à Caen, se sont fait traduire ces paroles et ont décidé de les exhumer sur internet.

«À trois ans, ça dit pas nan»

«À trois ans, ça dit pas nan. A quatre ans, c’est consentant», «Bois d’l’alcool pour que j’te viole», «j’te défonce pendant que tu pionces», ou encore «j’vais devenir un ingénieur pour pouvoir niquer ta sœur». La cruauté des paroles de ce «livret de chants» semble sans limite. Le compte Instagram qui l’a publié, «tasjoui», explique qu’elles sont issues d’une «fiche chanson qui a été distribuée par des élèves de l’Ensi Caen […] aux nouveaux élèves en ce début d’année scolaire».

«L’Ensi Caen reçoit des étudiants étrangers en échange scolaire, peut-on encore lire dans la publication Instagram de «tasjoui», «aimée» plus de 3.600 fois. Des étudiantes brésiliennes en ingénierie ont été outrées de découvrir ces textes et sont donc montées au créneau en allant voir la direction de l’école. La direction les a d’abord rembarrées en affirmant qu’ils n’étaient pas responsables vu que c’était une «vieille tradition des élèves». Sur Twitter, les réactions sont unanimes. «On s’étonne qu’il n’y ait pas assez de filles dans ces métiers», souligne par exemple @fatima_bent, quand @MottaisteJr n’hésite pas à parler d’«ode au viol». Contactée par Le Figaro, l’école ne souhaite pas commenter pour l’instant et prendra la parole dès le début de semaine prochaine.

«Vivre ensemble dans la joie et la bonne humeur»

Certains commentaires publiés sur Facebook ont également fait réagir le compte «Tasjoui». Comme celui de l’association d’anciens étudiants Memsicaen. «J’aurais été assez curieux de savoir ce qu’il serait advenu du petit français venu foutre le zbeul (le bazar, ndlr) dans 40 ans de tradition d’une université brésilienne», a écrit l’association en inversant l’histoire des Brésiliennes ayant dénoncé les propos des chansons. Avant de défendre «une culture collective» qui n’est «sûrement pas celle du viol mais celle du vivre ensemble dans la joie et la bonne humeur».

» LIRE AUSSI – Bizutage: les Arts et métiers suppriment leur traditionnelle période d’intégration

Il n’est pas rare que les «vieilles traditions» d’écoles d’ingénieurs remontent à la surface lors des séminaires d’intégration. L’an dernier par exemple, une dizaine d’étudiants de deuxième année de l’Ensam avait infligé des brûlures à des premières années lors de la sempiternelle «période de transmission de valeurs, ce qui avait poussé l’école à supprimer ces périodes d’intégration.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/une-ode-au-viol-ecrite-par-des-etudiants-suscite-la-polemique-a-caen_ffc31d12-ce2c-11e8-896c-7d05c73a49da/
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Un chant à caractère sexuel diffusé dans une école d’ingénieurs fait scandale

Une chanson paillarde d’une violence rare envers les femmes a profondément choqué des étudiantes étrangères en échange à l’Ensicaen, suscitant un «bad buzz» sur internet. La direction a aussitôt réagi.

Les paroles sont d’une violence inouïe. Elles incitent sous couvert d’humour au viol, à la pédophilie, à la violence et au machisme. Les étudiants de l’Ensicaen, une école d’ingénieurs, ont distribué en début d’année un carnet de chants (bréviaire), où figurent des propos qui restent habituellement entre les murs de l’école. Mais cette année des étudiantes brésiliennes, en échange à Caen, se sont fait traduire ces paroles et ont décidé de les exhumer sur internet.

«À trois ans, ça dit pas nan»

«À trois ans, ça dit pas nan. À quatre ans, c’est consentant», «Bois d’l’alcool pour que j’te viole», «j’te défonce pendant que tu pionces», ou encore «j’vais devenir un ingénieur pour pouvoir niquer ta sœur». La cruauté des paroles de ce «livret de chants» semble sans limite. Le compte Instagram qui l’a publié, «tasjoui», explique qu’elles sont issues d’une «fiche chanson qui a été distribuée par des élèves de l’Ensi Caen […] aux nouveaux élèves en ce début d’année scolaire».

«L’Ensi Caen reçoit des étudiants étrangers en échange scolaire, peut-on encore lire dans la publication Instagram de «tasjoui», «aimée» plus de 3.600 fois. Des étudiantes brésiliennes en ingénierie ont été outrées de découvrir ces textes et sont donc montées au créneau en allant voir la direction de l’école. La direction les a d’abord rembarrées en affirmant qu’ils n’étaient pas responsables vu que c’était une «vieille tradition des élèves». Sur Twitter, les réactions sont unanimes. «On s’étonne qu’il n’y ait pas assez de filles dans ces métiers», souligne par exemple @fatima_bent, quand @MottaisteJr n’hésite pas à parler d’«ode au viol». Contactée par Le Figaro, l’école ne souhaite pas commenter pour l’instant et prendra la parole dès le début de semaine prochaine.

«Vivre ensemble dans la joie et la bonne humeur»

Certains commentaires publiés sur Facebook ont également fait réagir le compte «Tasjoui». Comme celui de l’association d’anciens étudiants Memsicaen. «J’aurais été assez curieux de savoir ce qu’il serait advenu du petit français venu foutre le zbeul (le bazar, ndlr) dans 40 ans de tradition d’une université brésilienne», a écrit l’association en inversant l’histoire des Brésiliennes ayant dénoncé les propos des chansons. Avant de défendre «une culture collective» qui n’est «sûrement pas celle du viol mais celle du vivre ensemble dans la joie et la bonne humeur».

Le sujet a fait parler sur Instagram.

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Il n’est pas rare que les «vieilles traditions» d’écoles d’ingénieurs remontent à la surface lors des séminaires d’intégration. L’an dernier par exemple, une dizaine d’étudiants de deuxième année de l’Ensam avait infligé des brûlures à des premières années lors de la sempiternelle «période de transmission de valeurs, ce qui avait poussé l’école à supprimer ces périodes d’intégration.

La direction de l’école a réagi par un droit de réponse

●  Le samedi 13 octobre, l’Ensicaen a envoyé un droit de réponse au Figaro Etudiant que nous publions: «Suite aux messages postés sur les réseaux sociaux Twitter et Instagram vendredi 12 octobre 2018, la direction de l’Ensicaen réaffirme sa position contre la publication de propos outrageants dans un bréviaire lors de la rentrée 2018», peut-on lire dans le communiqué. Et de poursuivre:

«Après avoir été alertée par des étudiants étrangers, jeudi 6 septembre, de la diffusion d’un recueil de chansons pouvant porter atteinte à la dignité des personnes, contrairement à ce qui est annoncé sur les réseaux, la direction de l’Ensicaen a reçu ces étudiants le soir même. Dès le lendemain matin, une convocation officielle a été adressée aux responsables du Bureau des élèves, à l’initiative de la diffusion du bréviaire. Lors de l’entretien du lundi 10 septembre entre les représentants du Bureau des élèves, le directeur de l’école, la directrice des études et le directeur de la vie étudiante, les mesures suivantes ont été prises par la direction de l’Ensicaen:

■Interdiction formelle de diffuser des textes pouvant porter atteinte à la dignité et au respect des personnes sous peine de sanctions disciplinaires.

■Diffusion d’un message électronique d’excuses adressé à l’ensemble des étudiants et des enseignants.

■Intervention dès le lundi 10 septembre de la direction des études en amphithéâtre devant les élèves.

■La direction a profité du conseil des études du 27 septembre 2018, pour rappeler fermement la gravité du contenu du bréviaire et les sanctions encourues.

La directrice des relations internationales a assuré un suivi régulier des étudiants internationaux offensés par les propos publiés dans le bréviaire depuis le 6 septembre dernier. Les étudiants qui ont pu être rencontrés le vendredi 12 octobre 2018, lui ont réitéré se sentir parfaitement intégrés et n’envisagent pas de quitter l’école, comme ils l’avaient déjà indiqué à la direction des études par courrier daté du 15 septembre».

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/une-ode-au-viol-ecrite-par-des-etudiants-suscite-la-polemique-a-caen_ffc31d12-ce2c-11e8-896c-7d05c73a49da/
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Une « Ode au viol» diffusée dans une école d’ingénieurs fait scandale

Une chanson paillarde d’une violence rare envers les femmes a profondément choqué des étudiantes brésiliennes en échange à l’Ensicaen, suscitant un «bad buzz» sur internet. La direction de l’école a aussitôt réagi.

Les paroles sont d’une violence inouïe. Elles incitent sous couvert d’humour au viol, à la pédophilie, à la violence et au machisme. Les étudiants de l’Ensicaen, une école d’ingénieurs, ont distribué en septembre un carnet de chants (bréviaire), où figurent des propos qui restent habituellement entre les murs de l’école. Des étudiantes brésiliennes, en échange à Caen, n’ont pas apprécié cet humour particulier, et sont venues se plaindre à la direction. Et vendredi 12 octobre, l’affaire s’est répandue sur Internet.

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«Bois d’l’alcool pour que j’te viole»

«À trois ans, ça dit pas nan. À quatre ans, c’est consentant», «Bois d’l’alcool pour que j’te viole», «j’te défonce pendant que tu pionces», ou encore «j’vais devenir un ingénieur pour pouvoir niquer ta sœur». La grossièreté des paroles de ce «livret de chants» est à vomir. Le compte Instagram qui l’a publié, «tasjoui», explique qu’elles sont issues d’une «fiche chanson qui a été distribuée par des élèves de l’Ensi Caen […] aux élèves de première année.

«Vous trouvez normal qu’une ode au viol circule librement au sein de votre établissement ??»@Firewalk

«Baisse ta culotte c’est moi qui pilote»

L’époque où les chansons paillardes étaient une tradition dans les écoles d’ingénieurs semble terminée. «L’Ensicaen reçoit des étudiants étrangers en échange scolaire, peut-on encore lire dans la publication Instagram de «tasjoui», «aimée» plus de 3.600 fois. Et ces étudiantes brésiliennes en ingénierie n’ont pas du tout apprécié les traditions de l’école.

Sur Twitter aussi, les réactions ont été vives. «On s’étonne qu’il n’y ait pas assez de filles dans ces métiers», souligne par exemple @fatima_bent, quand @MottaisteJr n’hésite pas à parler d’«ode au viol». Quant à @Firewalk, il interpelle le maire de Caen, Joël Bruneau sur Twitter en publiant le chant en question intitulé «Baisse ta culotte c’est moi qui pilote»: «La honte absolue que de voir ce genre de texte à @ENSICAEN sans que la direction réagisse urgemment!! vous trouvez normal qu’une ode au viol circule librement au sein de votre établissement?? Très belle image pour la ville de @CaenOfficiel…»

«Vivre ensemble dans la joie et la bonne humeur»

Certains commentaires publiés sur Facebook ont également fait réagir le compte «Tasjoui». Comme celui de l’association d’anciens étudiants Memsicaen: «J’aurais été assez curieux de savoir ce qu’il serait advenu du petit français venu foutre le zbeul (le bazar, ndlr) dans 40 ans de tradition d’une université brésilienne», a écrit l’association en inversant l’histoire des Brésiliennes ayant dénoncé les propos des chansons. Avant de défendre «une culture collective» qui n’est «sûrement pas celle du viol mais celle du vivre ensemble dans la joie et la bonne humeur».

Le sujet a fait parler sur le compte @tasjoui

La direction de l’école a réagi rapidement

Face au scandale rendu public, dès le samedi 13 octobre, la direction de l’Ensicaen a envoyé un droit de réponse aux médias, où elle «réaffirme sa position contre la publication de propos outrageants dans un bréviaire lors de la rentrée 2018». «Après avoir été alertée par des étudiants étrangers, jeudi 6 septembre, de la diffusion d’un recueil de chansons pouvant porter atteinte à la dignité des personnes, contrairement à ce qui est annoncé sur les réseaux, la direction de l’Ensicaen a reçu ces étudiants le soir même. Dès le lendemain matin, une convocation officielle a été adressée aux responsables du Bureau des élèves, à l’initiative de la diffusion du bréviaire. Lors de l’entretien du lundi 10 septembre entre les représentants du Bureau des élèves, le directeur de l’école, la directrice des études et le directeur de la vie étudiante, les mesures suivantes ont été prises:

■Interdiction formelle de diffuser des textes pouvant porter atteinte à la dignité et au respect des personnes sous peine de sanctions disciplinaires.

■Diffusion d’un message électronique d’excuses adressé à l’ensemble des étudiants et des enseignants.

■Intervention dès le lundi 10 septembre de la direction des études en amphithéâtre devant les élèves.

■La direction a profité du conseil des études du 27 septembre 2018, pour rappeler fermement la gravité du contenu du bréviaire et les sanctions encourues.

La directrice des relations internationales a assuré un suivi régulier des étudiants internationaux offensés par les propos publiés dans le bréviaire depuis le 6 septembre dernier. Les étudiants qui ont pu être rencontrés le vendredi 12 octobre 2018, lui ont réitéré se sentir parfaitement intégrés et n’envisagent pas de quitter l’école, comme ils l’avaient déjà indiqué à la direction des études par courrier daté du 15 septembre».

Il n’est pas rare que les «vieilles traditions» d’écoles d’ingénieurs remontent à la surface lors des séminaires d’intégration. L’an dernier par exemple, une dizaine d’étudiants de deuxième année de l’Ensam avait infligé des brûlures à des premières années lors de la sempiternelle «période de transmission de valeurs, ce qui avait poussé l’école à supprimer ces périodes d’intégration.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/une-ode-au-viol-ecrite-par-des-etudiants-suscite-la-polemique-a-caen_ffc31d12-ce2c-11e8-896c-7d05c73a49da/
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Le concours de polytechnique favorise-t-il «la reproduction sociale»?

Une enquête menée par un ancien élève et son professeur de l’époque souligne que le concours d’admission à l’Ecole polytechnique favorise «les grandes prépas et la reproduction sociale». L’«X» a répondu au Figaro.

Le concours de Polytechnique favorise-t-il les catégories sociales les plus élevées? C’est en tout cas la conclusion d’une très large enquête menée par un enseignant de l’école d’ingénieurs basée à Saclay, Pierre François, et son ancien élève, Nicolas Berkouk. Leur conclusion est sans appel: Polytechnique admet en ses murs, dans une immense majorité, des hommes, parisiens, et de catégorie sociale privilégiée. Et d’après l’étude, c’est en partie le fonctionnement du concours de l’école qui engendrerait une telle homogénéité sociale.

De son côté, l’école défend ardemment ce concours, commun à celui de l’école normale supérieure (ENS), rappelant qu’elle se trouve «au bout de la chaîne de sélection» et que «beaucoup de décisions concernant l’orientation des étudiants sont prises en amont et n’ont rien à voir avec le concours de l’École polytechnique». L’école indique au Figaro qu’elle n’envisage pas d’en changer les modalités en profondeur.

Seulement 1% de filles et fils d’ouvriers

L’étude en question évalue une catégorie bien précise d’étudiants admis à Polytechnique: ceux qui sont passés par une classe préparatoire (c’est l’immense majorité, 95%), et qui y ont suivi un parcours de mathématiques, physique chimie (MP), ou de physique chimie (PC). L’ambition de l’étude est de prouver que le concours de Polytechnique écarte structurellement et systématiquement les enfants d’ouvriers, les jeunes femmes et les provinciaux.

17.5% des 18-23 ans ont des parents cadres, contre 81,3% des admis à l’X.

«Si la population française est constituée de 29,2% de filles et fils d’ouvriers, elles et ils ne constituent que 1,1% des élèves de l’École polytechnique» écrivent les auteurs. Et d’appuyer: «À la fin des étapes de sélection, la proportion de filles et fils de cadres et professions intellectuelles supérieures admis à l’X a quadruplé par rapport à la proportion en vigueur dans la population, passant à 80 %.» Selon eux, plusieurs biais sont à constater.

La moitié des admis viennent de Louis-Le-Grand et Sainte-Geneviève

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Le premier étant le programme même du concours, qui est séparé des banques de concours pour écoles d’ingénieurs comme le concours commun Mines Ponts. L’étude souligne en effet que 50% des admis à Polytechnique proviennent de deux classes préparatoires, Louis-Le-Grand et Sainte-Geneviève (Versailles) car celles-ci pourraient se permettre de créer des programmes spécifiques pour que leurs élèves réussissent au concours de l’X. Dans des classes préparatoires moins huppées, il serait impossible d’aborder certains points du programme d’admissibilité à Polytechnique.

Reprenant l’étude, une association d’élèves de l’X propose donc, pour que ces classes d’excellence cessent de se concentrer exclusivement sur l’X et que tous les élèves soient sur le même pied d’égalité, de «transférer le concours de Polytechnique vers le concours commun Mines Ponts».

À cela, Frank Pacard, le directeur de l’enseignement de Polytechnique, répond que «le concours de Polytechnique restera unique parce qu’il permet de sélectionner des candidats qui reflètent les valeurs de l’école». «S’il n’y avait qu’un seul concours national, il y aurait beaucoup trop d’élèves avec des résultats presque identiques, ajoute-t-il. Ce qui rendrait l’admission à l’école extrêmement aléatoire.»

Les mathématiques «élégantes»

Autre biais souligné par l’étude: la notation des épreuves de mathématiques. Pierre François et Nicolas Berkouk expliquent qu’il existe une façon «élégante» de résoudre un problème mathématique, et une autre, plus basique et technique, mais tout aussi juste scientifiquement parlant. L’enquête précise que cette manière «élégante» est partagée entre les lycées d’élite et les examinateurs du concours, et qu’elle favorise les classes sociales supérieures.

Professeur de mathématiques lui-même, Frank Pacard connaît cette problématique. «La rédaction est importante, reconnaît-il. Les maths ne sont pas qu’une suite de formules. Il y a encore des personnes qui s’étonnent d’apprendre qu’une démonstration doit être rédigée, avec une argumentation, et qu’elle n’est pas uniquement une suite de formules pour arriver au résultat.» Il ajoute que «toutes les classes préparatoires préparent à cela, pas seulement les plus huppées».

«Nous aimerions avoir beaucoup plus de dossiers provenant d’universités!»Frank Pacard, Directeur de l’Enseignement et de la Recherche de Polytechnique

«Un candidat a deux fois plus de chances qu’une candidate d’être admissible aux concours»

L’enquête pointe d’autres vecteurs d’inégalités, notamment liées au genre. À l’X, les femmes représentent entre 15% et 20% des effectifs. «Les données montrent que toutes choses égales par ailleurs, un candidat a deux fois plus de chances qu’une candidate d’être admissible aux concours» peut-on lire. Là encore, Frank Pacard s’inscrit en faux. «Premièrement les écrits sont anonymes et donc ne favorisent personne, explique-t-il. Ensuite pour les oraux, nous sommes extrêmement vigilants. Nous analysons les notes des différents examinateurs et nous demandons des ajustements si l’on se rend compte que l’un d’entre eux est trop sévère ou trop généreux, notamment dans les biais de notation entre les jeunes hommes et les jeunes filles.»

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Enfin, l’association d’anciens élèves reprenant l’étude regrette aussi qu’il n’y ait pas assez d’élèves issus de l’université. «Aujourd’hui, les admis en provenance d’université ne représentent que 23 sur les 400 qui intègrent chaque année, reconnaît Frank Pacard. Mais nous souhaitons augmenter ce nombre! Nous recevons trop peu de candidatures de la part d’étudiants d’universités parce qu’ils s’autocensurent.»

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/le-concours-de-polytechnique-favorise-t-il-la-reproduction-sociale-_8e17ad16-cad7-11e8-896c-7d05c73a49da/
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Une bande dessinée pour lutter contre les idées reçues sur les ingénieurs

Les métiers de l’ingénierie recrutent, mais ils sont encore bien trop souvent méconnus. Pour y remédier, Syntec-Ingénierie a décidé de lancer une série de bande dessinées pour sensibiliser les lycéens à ces professions.

Sensibiliser les lycéens aux métiers de l’ingénierie. Tel est le but de la série de bande dessinées que lance aujourd’hui le Syntec-Ingénierie, la fédération professionnelle des entreprises d’ingénierie de France. Ce support ludique, destiné aux lycéens et aux jeunes qui se posent des questions sur leur orientation, entend faire de la pédagogie sur les métiers et carrières de l’ingénierie.

«Il y a un problème de connaissance des professions et des opportunités professionnelles dans notre secteur, introduit Nicolas Jachiet, président du Syntec-Ingénierie. L’objectif de ces bande dessinées est de faire de la pédagogie en permettant aux jeunes de s’identifier aux personnages», ajoute-t-il.

Des exemples parlants

Dans l’une de ces BD, on retrouve par exemple Charlène, 29 ans, responsable d’études dans le domaine de l’aviation. Au cours du récit, la jeune femme raconte que son métier consiste notamment à la répartition des avions dans le ciel afin qu’il n’y ait jamais de collision entre eux. Autre exemple: Sahar, un écologue de 33 ans, qui s’assure que la construction d’un nouveau tramway n’ait aucun impact négatif sur des espèces d’animaux rares ou protégées.

Des histoires qui ont pour but de faire prendre conscience aux jeunes que les métiers de l’ingénierie ne ressemblent pas forcément à l’image qu’ils s’en font. «Il existe beaucoup d’idées reçues sur l’ingénierie. On entend fréquemment que c’est un secteur réservé aux hommes, qui n’emploie que des ingénieurs, ou encore que ce sont des métiers de bureau. Tout cela est évidemment faux. De l’aéronautique aux bâtiments, en passant par l’environnement et le digital, l’ingénierie emploie des hommes et des femmes issus d’horizons très divers», précise le président du Syntec-Ingénierie.

«Ces supports pédagogiques seront distribués dans tous les lycées de France et sont en accès libre sur le site www.avenir-ingenierie.fr», renseigne la fédération. Un partenariat devrait d’ailleurs être signé avec l’Onisep, organisme national sous tutelle du ministère de l’Education nationale qui a pour but d’informer sur les études et les métiers.

L’ingénierie: un secteur en forte croissance

Depuis plusieurs années, l’ingénierie est en forte croissance. En 2017, 53 000 recrutements ont été engagés dans le secteur, contre 36 000 en 2016. Et le chiffre devrait continuer à croître dans les années à venir. L’insertion professionnelle des diplômés d’écoles d’ingénieurs est très bonne, et les salaires d’embauche sont attractifs. Selon l’enquête d’insertion 2018 de la Conférence des grandes écoles, seuls 8,3% des diplômés d’écoles d’ingénieurs en 2017 étaient en recherche d’emploi en 2018. Un chiffre inférieur à celui des jeunes diplômés d’écoles de commerce (10,6%), pourtant également très convoités.

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Ces écoles d’ingénieurs connaissent d’ailleurs un succès de plus en plus grand. Le concours commun Puissance-Alpha, qui permet à 16 écoles de recruter des étudiants après le bac, va d’ailleurs ouvrir 1000 places supplémentaires dès cette année. «Le nombre de candidats a augmenté en 2018, et sa croissance devrait se poursuivre l’an prochain», prévient Jean-Marc Idoux, président de Puissance-Alpha. Et ce concours est loin d’être le seul à enregistrer une telle progression. Le secteur de l’ingénierie a donc de beaux jours devant lui.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/une-bande-dessinee-pour-lutter-contre-les-idees-recues-sur-les-ingenieurs_86dafe94-c23b-11e8-ad1e-60c1e544ba7a/
Dans l’Hérault, CAMINA vous guide dans votre orientation scolaire, universitaire et professionnelle
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