Réforme du baccalauréat : des 20/20 pour protester dans les lycées sétois

Depuis le mois de décembre, les mobilisations contre les réformes du lycée et du baccalauréat se suivent à Sète. Mais trop souvent noyées dans les manifestations des Gilets jaunes, les revendications ont eu du mal à percer.

Alors on est monté d’un cran dans les lycées sétois : « On cherche tous les moyens d’action pour faire réagir. La grève n’est pas assez suivie. On a donc opté pour un principe de réalité afin de faire entendre notre désaccord profond avec la réforme des lycées et du baccalauréat », note Lionel Hertzog, professeur de SVT au lycée Joliot-Curie.

Le responsable syndical au Snes, cache mal sa colère. Avec d’autres enseignants du lycée sétois, ils ont acté un principe : mettre des 20/20 avec l’appréciation suivante : « Je vous fais confiance ». Un système qui ravit certains lycéens mais qui fausse les moyennes.

Des notes sans coefficient pour les secondes de Paul-Va

Autre initiative au lycée Paul-Valéry, mettre des notes avec un coefficient zéro aux élèves de seconde, les plus concernés par la réforme, de façon à ce que la moyenne n’apparaisse pas sur Pronote, le logiciel qui centralise les évaluations. « On approche des conseils de classe du deuxième trimestre et forcément, cette rétention de notes va être remarquée au Rectorat et au-delà », relève Laurence Danjou, professeur à Paul-Va.

Vers une démission collective de la fonction de professeur principal

Car l’objectif est de gripper le système informatique de l’Éducation nationale, notamment pour éviter que la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup ne puisse pas avoir accès aux notes des élèves. Dans tous les cas, les élèves concernés ont été avertis de la note réelle qu’ils ont obtenue.

A Joliot-Curie on a franchi un autre palier. « On a demandé une démission collective des fonctions de professeur principal. Mais nous fonctionnons par binôme et cela reste un peu compliqué à mettre en œuvre », explique Lionel Hertzog.

Néanmoins, certains professeurs ont accepté de lâcher la centaine d’euros associée à cette fonction. Là encore pour dénoncer la réforme du lycée « qui, selon Lionel Hertzog, va entraîner une dégradation considérable des conditions d’apprentissage des élèves et des conditions d’enseignement dès 2021 ».

Enfin les lycées sétois ne désespèrent pas d’organiser une “nuit au lycée”. Une soirée de lutte pour que la parole se libère. Mais aucune date n’est encore retenue. Les professeurs attendent des retours de leurs différentes actions. Et cela ne saurait tarder.

Une réforme inéquitable

Pour les professeurs sétois comme partout en France, la réforme des lycées et du baccalauréat est synonyme d’inéquité : « On va avoir des bacs maison avec une part de contrôle continu qui va passer à 50 ou 60 % de la note finale. Un bac obtenu au lycée Joffre vaudra plus que celui obtenu à Joliot-Curie », regrette Lionel Hertzog.

En outre, il n’y aura plus de filière. Il faudra choisir trois spécialités dès la seconde. Avec la crainte de la disparition des mathématiques qui vont disparaître du tronc commun et des matières scientifiques. La notion de classe va s’estomper « on ne pourra plus faire progresser une classe car elle sera scindée en deux avec des groupes de spécialités », se désole Laurence Danjou.

Les parents d’élèves sont aussi inquiets de cette réforme. De nombreuses organisations sont mobilisées auprès des enseignants pour tenter de faire reculer le ministère.

Source: https://www.midilibre.fr/2019/03/14/sete-des-2020-pour-protester-contre-la-reforme-du-baccalaureat,8066682.php
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