Grève pour le climat : Antoine Soulas, de l’Ecole nationale supérieure à la désobéissance civile

L’étudiant, qui se destinait à une carrière de chercheur, hésite à « tout plaquer » pour vivre au plus près de la nature.

Par Audrey Garric Publié aujourd’hui à 17h26

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Antoine Soulas, étudiant à l’Ecole nationale supérieure, est l’un des leaders du mouvement de grève scolaire pour le climat à Paris.
Antoine Soulas, étudiant à l’Ecole nationale supérieure, est l’un des leaders du mouvement de grève scolaire pour le climat à Paris. Antoine Soulas

Antoine Soulas est à un carrefour. Face à lui s’ouvre la voie royale, qu’il trace depuis qu’il rêve, gamin, de faire de la recherche scientifique : le prestigieux lycée Montaigne de Bordeaux, l’illustre Ecole normale supérieure, un cursus de mathématiques, de physique et de philosophie qui devrait déboucher, espère-t-il, sur une thèse en cosmologie ou en informatique quantique. Et enfin un poste de chercheur. A moins que le jeune homme de 22 ans, l’un des leaders du mouvement parisien de grèves scolaires pour le climat, n’emprunte un tout autre sentier, assurément moins battu et probablement plus tortueux : « tout plaquer » pour vivre dans une communauté locale, autonome et résiliente, au plus près de la nature.

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Ce retour aux sources, Antoine Soulas en caresse l’idée depuis quelques mois maintenant. Une « crise de sens » qu’il partage, assure-t-il, avec beaucoup d’autres amis. « On se bourre le crâne pendant nos études, pour trouver un travail et surconsommer toute sa vie, observe-t-il. La finalité qui nous est offerte, c’est de participer à une société aliénante et basée sur la destruction de l’environnement. »

Or le Bordelais, qui vit aujourd’hui dans une capitale « étouffante », s’est toujours senti proche de la nature. Il se remémore comme si c’était hier ce jour où ses parents, lui charpentier devenu architecte et elle factrice passée comptable, lui ont parlé du réchauffement climatique. Il avait 6 ans ; la conscience de la « gravité de la situation » ne l’a plus quitté depuis.

D’abord, Antoine Soulas a modifié son mode de vie. Il ne prend plus l’avion, est végétarien, se nourrit par le biais d’une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture de proximité), sélectionne des produits bio, si possible en vrac, et n’achète plus de textiles ni d’appareils électroménagers neufs. Il ne possède pas de smartphone qui, comme la voiture, « nous dispense de rencontrer des gens ».

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Puis le jeune homme a entrepris de verdir son école. Devenu le président de l’association EcoCampus ENS de 2016 à 2017, il a mis en place un tri des déchets, construit un potager et des ruches sur les toits et même conçu une centrale solaire qui sera installée à la fin de l’année. Souhaitant s’engager encore davantage, à une échelle plus large, il est nommé trésorier du collectif des jeunes pour le pacte finance-climat, une initiative signée par 600 personnalités, qui propose notamment la création d’une banque européenne du climat.

Source: https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/03/14/greve-pour-le-climat-antoine-soulas-de-l-ecole-nationale-superieure-a-la-desobeissance-civile_5436106_3244.html
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