Débat sur le climat au lycée : à Montpellier et dans la région, on s’organise

Il a choisi une journée symbolique, celle de la grande grève des lycéens pour le climat pour demander l’organisation de débats « dans tous les lycées de France, de 16 h à 18 h ».

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, a annoncé la tenue de ces débats lundi sur la chaîne « LCI ». Débattre d’environnement dans les lycées, « ça va encore plus loin que d’aller dans la rue », a-t-il estimé. Que son avis soit partagé ou pas, le délai pour organiser ce débat, trois jours, juste au retour des vacances scolaires pour les lycées d’Occitanie, c’est court.

À Mende, la proviseure du lycée Émile-Peytavin, Christine Larguier, n’est pas impressionnée par la demande de réactivité exigée. « Organiser des débats sur une thématique, on le fait, de façon régulière. On est habitués. Sans compter que le climat est une thématique transversale, travaillée à l’année ». L’équipe de direction, le Conseil de vie lycéenne, les CPE et des enseignants-ressources ont été sollicités pour l’organisation, dont les détails n’étaient pas encore établis ce mercredi : « On y travaille. » L’action a toutefois été déplacée de 14 h à 16 h, dans un souci de compatibilité avec les transports en commun.

Entre enthousiasme et difficultés d’organisation

Au lycée Albert-Camus, à Nîmes, la demande du ministre de l’Education est vécue avec enthousiasme : « On est une équipe de direction un peu extraterrestre », s’amuse Laurent Delorme, proviseur adjoint et chargé du dossier développement durable. On avait déjà envie de proposer quelque chose aux élèves au sein du lycée donc on fonce à 200 %. » Une experte en économie environnementale de la fac de Nîmes participera au débat. Une clean-walk, marche écologique visant à ramasser un maximum de déchets, dans le lycée et le quartier, est aussi prévue. « On voulait proposer une journée efficace, avec de vraies actions ».

Seul frein à cet enthousiasme : le délai « court, très compliqué » à gérer pour bousculer l’emploi du temps de tout un lycée. Pas de cours annulés : « Seuls les élus de la Maison et du Conseil de vie lycéenne, les délégués de classe et ceux qui veulent se joindre à eux » participeront.

Olivier Briard, proviseur du lycée Jean-Mermoz, à Montpellier, comprend l’importance des enjeux climatiques mais s’inquiète de l’emploi du temps chargé de ce vendredi : « On a les conseils de classes, la fin de Parcoursup, des concours généraux… En plus, nous avons 350 internes qui partent plus tôt. »

Pourtant, le chef d’établissement veut faire vivre la volonté ministérielle : « Il y aura des débats mais ça ne s’improvise pas. Ça se développera plus dans les jours et les semaines à venir. »

L’Etat français attaqué en justice pour inaction sur le climat

Les ONG Oxfam France, Greenpeace, Notre affaire à tous et la Fondation Nicolas Hulot (FNH) ont déposé jeudi un recours en justice contre l’Etat pour non-respect de ses engagements climatiques, une procédure judiciaire sans précédent à cette échelle en France et qui se multiplie à l’international.

« L’Etat n’est pas à la hauteur des engagements qu’il a pris lui-même », notamment dans le cadre de l’accord de Paris de 2015, a dit sur France Inter Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France. « L’Etat est un justiciable comme un autre, notre objectif, c’est qu’il soit condamné à agir. »

Le dépôt de cette plainte devant le tribunal administratif de Paris est la concrétisation d’une menace brandie en décembre par ces quatre organisations à l’origine d’une pétition en ce sens qui a recueilli plus de 2,1 millions de signatures.

Elles avaient adressé le 18 décembre à plusieurs ministres une « demande préalable indemnitaire démontrant l’inaction de l’Etat depuis des décennies face au changement climatique et demandant une réparation des préjudices causés par cette inaction » et avaient prévenu qu’en l’absence de réponse satisfaisante dans les deux mois, elles saisiraient la justice.

Dans une lettre aux ONG rendue publique le 15 février dernier, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, avait assuré que l’exécutif était mobilisé « afin de répondre à l’urgence », mais cette réponse a été jugée insuffisante par les associations qui réclament notamment la reconnaissance d’un préjudice moral et écologique.

Le gouvernement a « refusé de mettre en œuvre des mesures supplémentaires pour atteindre ses propres objectifs climatiques », écrit Greenpeace France dans un communiqué, fustigeant « le déni » dans lequel s’enfermerait l’exécutif.

Source: https://www.midilibre.fr/2019/03/14/debat-sur-le-climat-au-lycee-a-montpellier-et-dans-la-region-on-sorganise,8066941.php
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