Sécher les cours pour le climat : les étudiants français s’y mettent (enfin !)

« Zéro degré ou zéro pointé ». Tel est le slogan des jeunes grévistes français pour le climat. Car oui, parti de Suède l’été dernier, sous l’impulsion de la jeune Greta Thunberg, le mouvement de « grève scolaire » contre le réchauffement gagne enfin la France ! Cette mobilisation de lycéens et d’étudiants, qui vise à dénoncer l’inaction des gouvernements dans la lutte contre le dérèglement climatique en séchant les cours pour manifester chaque vendredi, s’est étendue ces derniers mois à plusieurs pays européens, en Belgique et en Suisse notamment. Avec un question : pourquoi devrions-nous travailler pour notre avenir s’il n’y a pas d’avenir ?

Des lycéens suisses sèchent les cours pour dénoncer l’inaction sur le climat

Avec quelques semaines de décalage, c’est cette fois-ci au tour des Français de rejoindre le mouvement. Des étudiants d’Ile-de-France ont prévu de se rassembler ce vendredi 15 février devant le ministère de la Transition écologique et solidaire à Paris (à partir de 14 heures), pour porter une première revendication : que le gouvernement s’engage dans la voie d’une réduction annuelle de 4% d’émissions de gaz à effet de serre, afin de s’aligner sur l’Accord de Paris, celui qui a été conclu à l’issue de la COP21.

« Nous appelons le gouvernement français à prendre ses responsabilités et à déclarer l’état d’urgence écologique et sociale afin de débloquer un plan interministériel à la hauteur des risques encourus », peut-on lire dans le Manifeste de la jeunesse pour le climat.

« Si le gouvernement persiste dans son manque de volonté et maintient ses notes aussi proches de zéro, un conseil de discipline sera organisé pour envisager une réorientation », mettent en garde les étudiants.

« Nous allons porter chaque semaine une nouvelle revendication. En cas d’absence de réponse du gouvernement, nous reconduirons la grève chaque vendredi », détaille à « l’Obs » Lena de Vanssay, étudiante et membre du collectif « Désobéissance Ecolo Paris ».

Climat : l’exécutif français vit-il sur la même planète que nous ?

Ce groupe est à l’initiative de l’AG qui s’est tenue le 8 février dernier, à Jussieu, au cours de laquelle le principe de cette grève pour le climat a été voté. « Il n’était pas normal que nous, étudiants français, restions plus longtemps à l’écart de ce mouvement mondial », souligne cette étudiante en géographie environnementale. En plus de défiler pour le climat chaque semaine, son collectif défend l’idée de mener des actions plus radicales de désobéissance.

« Marcher ne sera pas suffisant. Si nous voulons peser, il faut une diversité d’actions », défend Lena de Vanssay.

Greta Thunberg bientôt à Paris

Alors que nos voisins belges et suisses défilent depuis maintenant plusieurs semaines, le mouvement a mis un peu de temps à émerger en France. La faute, notamment, au contexte social, avec l’énorme place prise par la mobilisation des « gilets jaunes », mais aussi une jeunesse déjà mobilisée par la réforme du bac notamment. « Ce retard est tout relatif », nuance toutefois Hugo Viel, membre de Youth For Climate France, une plateforme créée pour coordonner les actions et tisser du lien avec les mouvements de jeunes des autres pays. « Beaucoup d’initiatives ont émergé en France depuis septembre, avec notamment plusieurs marches pour le climat et la pétition de ‘L’Affaire du siècle’, dans lesquelles la jeunesse a été très impliquée », souligne-t-il.

Si la première journée d’action, prévue ce vendredi, a été impulsée par le collectif Désobéissance Ecolo Paris, plusieurs organisations travaillent en réalité depuis plusieurs semaines pour structurer en France cette mobilisation de la jeunesse pour le climat. Avec en ligne de mire, une date : le 15 mars prochain, désigné « journée mondiale de la grève pour le climat ». « L’objectif, c’est de monter en puissance pour être vraiment prêt ce jour-là », indique Martial Breton. Vice-président de l’association CliMates, cet étudiant de 23 ans collabore activement avec Youth For Climate France pour développer le mouvement.

« Demander à des jeunes de faire grève, et notamment à des lycéens, n’est pas anodin. Il faut commencer dès maintenant pour faire naître une dynamique capable de rassembler le plus de monde possible dans un mois. »

Selon Youth for Climate France, plus de 40 grèves sont d’ores et déjà prévues à travers la France pour le 15 mars. Un chiffre plutôt encourageant. Combien d’étudiants et de lycéens prendront-ils part au mouvement le jour J ? Chez nos proches voisins, la mobilisation ne cesse de grandir. Ces dernières semaines, ils étaient près de 35.000 à manifester à Bruxelles, et plus de 40.000 en Suisse. Pour booster leur mouvement, les jeunes grévistes français vont pouvoir compter très bientôt sur un soutien de choix, puisque Greta Thunberg a déjà annoncé sa présence le vendredi 22 février prochain, à Paris.

Sébastien Billard

Sébastien Billard
Source: http://www.nouvelobs.com/planete/20190214.OBS0171/secher-les-cours-pour-le-climat-les-etudiants-francais-s-y-mettent-enfin.html?xtor=RSS-18
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