Rencontres d’Occitanie : « Attirer les chercheurs étrangers »

L’organisme Campus France en charge de la promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger va déployer un nouveau plan d’attractivité. Sa directrice générale est l’invitée des Rencontres d’Occitanie ce jeudi au siège de La Dépêche.

Bio express : un parcours complet

Béatrice Khaiat est diplômée de l’ESCP, de Sciences Po Paris et de la Johns Hopkins University. Elle a été chef adjointe du cabinet de Claude Allègre, ministre de l’Éducation nationale puis de Jack Lang de 1997 à 2000.

Secrétaire général de la présidence française de l’Union Européenne de 2007 à 2009, elle devient conseillère technique au cabinet du Premier ministre de Jean-Marc Ayrault (2012-2014). Elle est nommée directrice générale de Campus France en 2015.

Le gouvernement s’est en effet fixé l’objectif d’accueillir 500 000 étudiants étrangers en 2027 contre 340 000 aujourd’hui. Toutes les régions profitent de cette ouverture au monde et notamment l’Occitanie, troisième région en termes d’accueil d’étudiants étrangers.

Quelles sont les grandes missions de Campus France ?

Campus France a deux grandes missions. La première est de faire la promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger face à nos concurrents que sont notamment le DAAD allemand ou le British Council. Le but est d’inciter les chercheurs internationaux à venir en France. Notre seconde mission revient à gérer les bourses du gouvernement français.

La nouvelle stratégie d’attractivité du gouvernement n’élargit-elle pas vos missions ?

Effectivement, “Bienvenue en France” nous amène à développer une activité d’accueil des étudiants étrangers en France. Nous allons être amenés à labelliser les établissements d’enseignement supérieur qui le souhaitent en matière de qualité d’accueil des étudiants étrangers.

Combien de personnes s’occupent de ces missions ?

Campus France compte 220 collaborateurs et s’appuie sur un réseau d’agences Campus France dans les ambassades. Au total, ce sont un millier de personnes réparties dans 256 espaces dans 125 pays.

Combien d’étudiants étrangers viennent étudier chaque année en France ?

Nous comptons environ 345 000 étudiants étrangers en France. Le flux, c’est-à-dire le nombre de nouveaux arrivants chaque année, est de 115 000 étudiants. C’est un chiffre en hausse de 5 % par an ; une dynamique moins marquée que dans le reste du monde. En effet, le nombre d’étudiants en mobilité croît de 10 % par an sur la planète soit deux fois plus vite qu’en France. D’où la volonté du gouvernement d’activer un vaste plan d’attractivité.

En quoi consiste-t-il ?

La stratégie d’attractivité est globale mais comporte un volet “Bienvenue en France” pour les étudiants. De nombreuses mesures ont été fléchées. Une mesure dont on a beaucoup parlé est la hausse des frais d’inscription. Il s’agit en fait de droits d’inscription différenciés. Les frais pour une licence passent de 170 € à 2 770 €, de 243 € à 3 770 € pour un master.

Augmenter ces frais ne freine-t-il pas l’attractivité ?

Il s’agit en fait de ressources nouvelles qui permettront aux universités de mieux accueillir les étudiants étrangers en facilitant leur accès à un logement, à un visa ou un titre de séjour. Les établissements dispenseront aussi davantage de cours en anglais, un aspect très important pour attirer les jeunes. Des guichets d’accueil et des référents seront aussi mis en place. L’État triplera aussi le nombre de bourses accordées aux étudiants étrangers et débloque un plan d’investissement de 10 millions d’euros.

La France rénove également et lance une grande politique en Afrique. Notre ambition est d’accroître le nombre de formations à la française, de coopérer davantage avec les universités africaines avec par exemple des campus ou des formations décentralisés. En 2019, 5 millions d’euros y seront consacrés puis 20 millions pendant cinq ans. Avec ce plan global, notre objectif est d’accueillir 500 000 étudiants étrangers en 2027 contre 340 000 aujourd’hui.

D’où viennent les étrangers qui viennent étudier en France ?

Dans le top 10 nous retrouvons par ordre décroissant le Maroc, l’Algérie, la Chine, l’Italie, la Tunisie, le Sénégal, l’Allemagne, la Côte d’Ivoire, l’Espagne et le Cameroun. Suivent en onzième position les États-Unis.

Quelles filières choisissent-ils ?

La filière sciences et médecine rassemble 37 % des inscriptions suivie des lettres, langues et sciences humaines avec 32 %. L’économie et la gestion représentent 20 % alors que le droit et les sciences politiques atteignent 12 % des inscriptions.

Que pèse Erasmus dans ces grands échanges d’étudiants ?

Le programme européen Erasmus c’est 30 000 étudiants par an en France soit environ 10 % du total des étudiants étrangers accueillis.

Les universités en régions profitent-elles de ces flux ?

Il est vrai que la première région qui bénéficie du volume des étudiants étrangers reste l’Île-de-France avec environ un tiers des étudiants étrangers. Suivent ensuite Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie. Votre région accueille chaque année 16 000 étudiants étrangers sur l’académie de Toulouse et 15 500 à Montpellier. Campus France s’emploie à montrer aux étudiants étrangers qu’il n’y a pas que Paris pour étudier. Le logement y est beaucoup plus cher qu’en région et très souvent, ils sont mieux accueillis en région que dans la capitale.

Comment promouvez-vous les établissements français ?

Nous éditons 83 sites internet dans 33 langues pour diffuser mondialement l’offre d’enseignement supérieur dans le monde. Nous diffusons également des fiches par villes : Toulouse, Montpellier, Perpignan, Albi… en Occitanie voient leurs filières de formations mises en avant. Nous organisons et participons aussi à cinquante salons par an à l’étranger auxquels s’associent les universités des régions. Grandes écoles et universités mènent à nos côtés un important travail de promotion tout au long de l’année.

Que deviennent les étudiants étrangers une fois diplômés en France ?

Les diplômés de master ou de doctorat peuvent rester un an de plus pour acquérir une première expérience professionnelle. Si l’emploi qu’ils trouvent correspond à leur branche et est payé au moins 1,5 fois le smic, ils peuvent rester. La France n’est toutefois pas un pays d’immigration comme le Canada ou l’Allemagne. Souvent notamment en Afrique, les jeunes diplômés ont davantage d’opportunités qu’en France.

La 22e édition des Rencontres d’Occitanie aura lieu le 14 mars à Montpellier.
Source: https://www.midilibre.fr/2019/02/13/rencontres-doccitanie-attirer-les-chercheurs-etrangers,8011659.php
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