Les examens dématérialisés gagnent du terrain

Surveillance des épreuves à distance, grâce à la webcam, concours sur tablettes… Petit à petit, le numérique franchit la barrière de l’évaluation.

Par Sylvie Lecherbonnier Publié aujourd’hui à 06h30

Temps de Lecture 5 min.

Article réservé aux abonnés

L’université Paul-Valéry de Montpellier se souviendra longtemps de ce printemps 2018. Après plusieurs semaines de blocages à la suite du mouvement des étudiants contre la loi ORE (orientation et réussite des édutiants), l’établissement décide de faire passer les examens en ligne. Furieux, des bloqueurs s’introduisent dans les locaux et sabotent une partie des serveurs informatiques.

Lire aussi A la fac de Montpellier, des serveurs informatiques « vandalisés » avant les examens en ligne

« Nos équipes ont tout réparé en un week-end. Au total, plus de 600 examens se sont déroulés en ligne. Près de la moitié des 20 000 étudiants du campus ont été concernés », détaille François Péréa, vice-président de l’université en charge du numérique. Aucune surveillance en ligne n’a pu être mise en place durant cette session organisée en urgence, et la faculté a constaté une augmentation de 10 % des notes en moyenne.

Lire aussi A l’université de Montpellier, le bilan mitigé des examens en ligne du mois d’avril

Une expérience qui a décomplexé François Péréa : « On ne va pas se plaindre que certains aient trouvé des ressources pour alimenter leur réflexion ! D’un autre côté, le numérique permet aussi plus facilement de détecter les tricheurs, avec les logiciels antiplagiat notamment. Plus largement, cette gestion de crise nous a obligés à nous interroger sur notre manière d’évaluer. » Et la réflexion se poursuit : l’université veut désormais proposer une modalité de partiels en ligne à tout étudiant qui en ferait la demande.

Surveillés par webcam

Passer ses examens à domicile est encore rare. Le décret qui le rend explicitement possible ne date que d’avril 2017. Même les formations à distance ne l’ont pas encore généralisées. « Nous sommes face à un paradoxe : nous proposons des formations en ligne mais nous demandons aux étudiants, souvent disséminés aux quatre coins du monde, de venir à l’université pour passer leurs partiels. L’absentéisme est de fait important », souligne Pierre Beust, vice-président délégué en charge des transformations pédagogiques à l’université de Caen-Normandie, qui, avec Sorbonne-Université, fait partie des pionnières en la matière. Elles sont à ce jour les deux seules universités françaises à faire partie d’un projet de recherche Erasmus+ sur le sujet.

Lire aussi A Rennes-II, des examens dématérialisés se sont soldés par des zéros

Caen fait appel à la start-up française Managexam, après être passée par une société américaine. Un surveillant contrôle l’examen avec la webcam et l’accès à l’écran de l’ordinateur. Sur un millier d’étudiants à distance, 45 ont utilisé ce système en 2017-2018, et 140 cette année. Seuls 2 % d’entre eux déclarent ressentir une intrusion dans leur vie privée, et près des trois quarts jugent que ce système ne favorise pas la triche, selon l’enquête de satisfaction réalisée par l’université.

Source: https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/02/12/les-examens-dematerialises-gagnent-du-terrain_5422286_4401467.html
Dans l’Hérault, CAMINA vous guide dans votre orientation scolaire, universitaire et professionnelle
CAMINA utilise la méthode MENTAL’O