Aux concours des grandes écoles, le déclin des sacro-saintes épreuves écrites

Dans les grandes écoles, tests standardisés, entretiens de personnalité et examen du dossier détrônent de plus en plus les épreuves écrites académiques, comme la dissertation. Une réponse à la diversité des candidats et aux attentes des recruteurs.

Par Jean-Claude Lewandowski Publié aujourd’hui à 06h30, mis à jour à 06h30

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Oraux pour des écoles d'ingénieurs.
Oraux pour des écoles d’ingénieurs. ECOLE POLYTECHNIQUE / CC BY 2.0

C’est un changement qui s’opère par petites touches, année après année. Mais la tendance est nette : aux concours d’entrée dans les écoles de commerce, les épreuves « académiques » les plus scolaires, diront certains –, comme la dissertation ou l’exposé, pèsent de moins en moins lourd, au bénéfice de tests, de l’entretien de personnalité et de l’examen du dossier. Même tendance à Sciences Po qui a, en 2018, tout simplement supprimé l’épreuve écrite de son concours d’accès à ses masters, au profit de tests de langues et d’entretiens oraux.

Plus déterminants, les oraux ont aussi changé. Les écoles n’hésitent pas à jouer leur propre partition. « Pour les candidats issus des classes préparatoires, nous avons complété l’entretien par un test de mise en situation, indique ainsi Felix Papier, directeur général adjoint de l’Essec. L’objectif est d’évaluer leurs aptitudes personnelles, leur curiosité, leur sens de l’environnement… Et pour les admissions parallèles ou en post-bac, nous nous appuyons d’abord sur le dossier. » Celui-ci comporte notamment une lettre de recommandation, une autre de motivation, un test de logique, mais aussi un essai sur les valeurs de l’école et un texte sur une expérience personnelle marquante le tout débouchant, si le candidat est déclaré admissible, sur un oral associant entretien, test et épreuve de langues.

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L’atout des compétences extrascolaires

Approche similaire chez Skema, où les candidats doivent présenter un CV « projectif », qui reflète leur vision de leur avenir et qui sert de base à l’entretien. De même, pour le cycle bachelor, Skema a introduit un portfolio extrascolaire, avec lettres de recommandation et rapport sur les activités associatives du candidat.

« En combinant les résultats scolaires et ce portfolio, nous sélectionnons nos élèves à la fois sur leur parcours académique et sur leur personnalité, souligne Patrice Houdayer, directeur des programmes, de l’international et de la vie étudiante. Nous valorisons beaucoup mieux que par le passé les compétences extrascolaires. »

« Nous cherchons des étudiants qui fassent preuve d’ouverture d’esprit, de curiosité, de courage, tout en partageant les valeurs de l’école »

« L’entretien, qui s’apparentait autrefois à un simple contrôle des connaissances, porte de plus en plus sur la personnalité », confirme Sébastien Chantelot, directeur de La Rochelle Business School. A l’école, c’est un « futurum vitae » qui sert de fil conducteur à l’entretien : il s’agit pour le candidat d’imaginer son parcours sur le campus, puis dans son premier poste.

Source: https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/02/12/aux-concours-des-grandes-ecoles-le-declin-des-sacro-saintes-epreuves-ecrites_5422287_4401467.html
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