Alain Joyeux (Aphec): «Les prépas sont hostiles à l’anonymisation des dossiers sur Parcoursup»

INTERVIEW – Alain Joyeux, président de l’Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales (Aphec), s’oppose à l’anonymisation des lycées d’origine des candidats sur Parcoursup.

Tout au long de la procédure Parcoursup, en 2018, Alain Joyeux, le président de l’Aphec avait plusieurs fois pris position pour dénoncer la lenteur du processus. Quelques semaines après l’ouverture de la plateforme d’orientation pour l’année 2019, celui qui est également professeur au lycée Joffre de Montpellier donne son avis sur les modifications apportées au portail cette année.

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LE FIGARO – Le ministère de l’Enseignement supérieur prévoit l’anonymisation partielle des dossiers sur Parcoursup cette année. Quelle est votre position sur ce sujet?

ALAIN JOYEUX – Nous sommes plutôt hostiles à l’anonymisation. Concernant les noms, prénoms et genre, s’ils y tiennent vraiment, pourquoi pas. Mais après, il ne faudra pas nous reprocher que dans certaines promotions, il n’y ait plus de filles que de garçons, ou l’inverse.

En revanche, nous sommes montés au créneau concernant la possible anonymisation du lycée d’origine.

Alain Joyeux est le président de l’Aphec.
Alain Joyeux est le président de l’Aphec.

Pourquoi le rendre secret? Ce serait un signal très négatif. Cela voudrait dire que l’on ne nous fait pas confiance sur notre capacité à veiller à l’équilibre de notre recrutement. On part de l’idée que l’on discriminerait en fonction de ce critère, ce qui est totalement faux. Les prépas n’ont absolument aucun intérêt à ne recruter que dans les meilleurs lycées.

Quel bilan tirez-vous de la procédure Parcoursup en 2018?

«Beaucoup de prépas n’ont été remplies qu’à la fin du mois d’août»Alain Joyeux, président de l’Aphec

La procédure s’est mieux terminée qu’elle n’avait commencé. Le problème que nous avons eu l’année dernière, c’est que beaucoup de prépas n’ont été remplies qu’à la fin du mois d’août. Beaucoup de candidats en attente ont dû attendre le dernier moment, à cause d’élèves qui maintenaient leurs vœux en attendant d’avoir une meilleure proposition. Cela en a découragé certains qui sont partis dans d’autres filières.

Le fait que la procédure se termine aussi tard nous a également posé problème pour le remplissage des internats. Les élèves modestes qui viennent de territoires ruraux ne pouvaient pas se permettre d’attendre fin août pour trouver un logement. Toute cette attente n’allait pas dans le sens des élèves.

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Le passage du secondaire au supérieur est un saut important, on ne choisit pas sa filière comme un menu au restaurant, ça se prépare. Lorsqu’un élève est accepté en prépa, il reçoit une bibliographie, avec des livres qu’il peut lire pour se préparer à la rentrée. En septembre 2018, beaucoup ont été obligés d’arriver comme un cheveu sur la soupe. Heureusement, pour cette année nous avons réclamé un raccourcissement du calendrier Parcoursup et nous avons été entendus.

L’arrivée de Parcoursup a-t-elle changé votre manière de recruter?

Avec Parcoursup, du fait de la non-hiérarchisation des vœux, les prépas ont reçu beaucoup plus de candidatures que les années précédentes. Au final, nos effectifs sont à peu près comparables aux années précédentes.

Prépa option économique (ECE)

Certaines classes ont toutefois moins bien rempli que l’année dernière. La raison? Lorsque nous recevons les candidatures que nous devons classer. Certains établissements décident de toutes les classer, et d’ainsi mettre tous les candidats sur liste d’attente. D’autres préfèrent quant à elles classer uniquement un certain nombre de candidats, et de refuser les autres. L’an dernier, certaines classes préparatoires n’ont pas classé assez de dossiers et se sont ainsi retrouvées rapidement avec une liste de candidats épuisée, alors qu’elles n’étaient pas remplies. C’est pour cette raison qu’en procédure complémentaire, certaines prépas prestigieuses ont ouvert quelques places.

«Malheureusement, le retour à la hiérarchisation des vœux n’est pas à l’ordre du jour cette année»Alain Joyeux, président de l’Aphec

Les changements annoncés par Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, vous satisfont-ils?

Oui, ils vont dans notre sens. Déjà, le fait que la procédure principale s’arrête le 19 juillet nous arrange beaucoup. Ensuite, le système de répondeur qui va être mis en place est également un élément positif. L’an dernier, les élèves en attente se connectaient frénétiquement, pareil pour les responsables de prépas qui regardaient si leurs effectifs se remplissaient. Ce sera plus agréable pour tout le monde puisque les élèves pourront prioriser leurs vœux sur ce répondeur, qui répondra à leur place aux propositions.

Malheureusement, le retour à la hiérarchisation des vœux n’est pas à l’ordre du jour cette année. Cela aurait eu le mérite d’accélérer la procédure.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/les-prepas-economiques-restent-hostiles-a-l-anonymisation-des-dossiers-sur-parcoursup-_8e96f266-2567-11e9-a262-40964c8f5d77/
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