Seuls deux bacheliers sur dix changent d’académie après le bac

D’après une étude de l’Insee, les bacheliers sont peu nombreux à changer d’académie après avoir obtenu le bac. Les raisons principales sont le coût, le choix pédagogique, ou la présence de déserts de la formation.

Les jeunes Français ne quittent pas le domicile de papa et maman d’un claquement de doigts. D’après une grande étude publiée par l’Insee, ils ne sont en effet qu‘un sur quatre, en France, à quitter l’antre familial immédiatement après leur baccalauréat, et seulement deux sur dix changent carrément d’académie. En revanche, ils sont plutôt nombreux, 60 %, à aller étudier hors de leurs zones d’emploi*. Pour des raisons géographiques, sociologiques et pédagogiques, les déplacements sont donc nombreux entre le lycée et la première année d’études, mais se concentrent bien souvent proches du domicile familial. L’île de France et la Corse sont les régions qui enregistrent le plus de mobilité.

Zones blanches

L’étude distingue trois types de formations. D’abord les filières courtes, comme les sections de technicien supérieur (STS) et les instituts universitaires de technologie (IUT). Ensuite les filières longues comme les cycles LMD (licence-master-doctorat). Enfin les filières plus sélectives, comme les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) et les écoles recrutant après le bac. La moitié des étudiants s’orientent vers les formations universitaires hors IUT, 25 % choisissent des formations en STS et les autres se partagent les autres formations, parmi lesquels les IUT, CPGE ou écoles d’ingénieurs.

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L’Insee souligne dans un premier temps la présence de zones blanches en France. Pour 1 % des bacheliers en effet, ceux qui sont par exemple dans les zones d’emploi de Loches (Indre-et-Loire) et de Porto-Vecchio (Corse), il n’existe aucune formation d’enseignement supérieur dans les alentours. Ces étudiants-là sont donc contraints de bouger. Pour d’autres, la mobilité peut être encouragée par plusieurs facteurs.

L’attrait des grandes villes

La proximité d’une grande ville très attractive semble être la principale source de mouvement pour les bacheliers. Ainsi les académies de Versailles et Créteil, proches de Paris, sont celles qui enregistrent le plus grand nombre de départs, avec plus de 80 % de jeunes qui changent de zones de travail (contre 60 % sur toute la France). La ville de Grenoble, proche de Lyon, enregistrait en 2017 l’un des plus grands nombres de vœux de bacheliers en dehors de son académie sur APB, l’ancienne plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur. Et ce malgré la présence d’un grand pôle universitaire. Ces mobilités-là, selon l’Insee, correspondent à des choix des bacheliers.

Parfois au contraire, les villes sont de vrais aimants à étudiants. À Lille, Strasbourg, Nancy, Metz ou Rennes, la plupart des bacheliers restent dans le secteur. Lille détient à ce titre la palme de l’agglomération qui retient le plus ses bacheliers. L’une des raisons évoquées par l’Insee est que la ville nordiste concentre une grande quantité d’étudiants précaires, moins aptes à assumer les frais d’un déménagement. En effet, 4 étudiants sur 10 sont d’origine sociale défavorisée, contre 3/10 au niveau national. La ville de Paris, elle, se retrouve dans la moyenne nationale, avec environ deux étudiants sur dix qui bougent d’académies, principalement pour celles de Créteil et Versailles.

Plus les bacheliers sont issus d’une catégorie sociale «favorisée», plus ils sont enclins à déménager.
Plus les bacheliers sont issus d’une catégorie sociale «favorisée», plus ils sont enclins à déménager.

Comme vu ci-dessus dans le cas de Lille, l’origine sociale est assez logiquement un facteur important de mobilité. En effet, les déménagements coûtent chers, la vie loin du domicile familial aussi. Ainsi l’étude stipule que seuls 19 % des néo-bacheliers d’origine sociale défavorable poursuivent leurs études en dehors de leur académie d’origine, contre 26 % des jeunes d’origine sociale très favorisée. En juillet dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal avait annoncé une aide à la mobilité pour environ 10 000 jeunes en situation de précarité par an. Ce coup de pouce devait varier entre 200 et 1 000 euros selon les cas.

* Une «zone d’emploi» est définie par l’Insee comme «un espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main-d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts».

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/seuls-deux-bacheliers-sur-dix-changent-d-academie-apres-le-bac_7f7d0894-135e-11e9-830d-78e7d5526521/
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