Parcoursup : l’université de Nîmes veut élargir le « oui si » à toutes les filières

En 2018, l’arrivée de Parcoursup s’est accompagnée d’un nouveau dispositif : le « oui si ». L’université de Nîmes, qui l’a mis en place pour certaines de ses filières, souhaite l’élargir à tous ses cursus dès la prochaine session.

Des étudiants mieux accompagnés pour une meilleure réussite en licence. C’était l’objectif du «oui si», mis en place par le ministère de l’Enseignement supérieur sur Parcoursup dès 2018. Ce dispositif, dont la mission est de proposer des parcours de remise à niveau aux candidats n’ayant pas les connaissances requises pour rejoindre une formation, a été mis en place dans de nombreuses universités.

En 2018, 145 000 propositions de ces cursus «adaptés» ont été faites aux candidats par l’intermédiaire de la plateforme Parcoursup. Au sein de l’université de Nîmes, en septembre, 73 étudiants se sont inscrits dans le dispositif, en licence de droit, en AES (administration économique et sociale) et en psychologie.

«Du travail de dentelle»

Emmanuel Roux, le président de l’université de Nîmes, a tout de suite été séduit par l’idée du «oui si». «La démarche est extrêmement pertinente, c’est pour cette raison que nous avons rapidement décidé de mettre en place des cursus adaptés», introduit-il. En 2017 selon les chiffres publiés par le ministère de l’Enseignement supérieur, seuls 53 % des étudiants de licence sont parvenus à passer le cap de la première année, en un ou deux ans. Les autres? Réorientés pour la plupart, ou perdus dans la nature sans diplôme. Il devenait donc urgent d’agir pour accompagner les possibles futurs décrocheurs.

» LIRE AUSSI – Le calendrier Parcoursup pour 2019: toutes les dates pour ne rien rater

« Le but est que les étudiants ne perçoivent pas ça comme une punition mais comme une main tendue »Dhiego Teles, enseignant à l’université de Nîmes

«Nous devons faire du sur-mesure. C’est du travail de dentelle. Pour cette première année, ce que nous avons mis en place est un peu expérimental, mais c’est une étape très intéressante», témoigne Emmanuel Roux. À l’université de Nîmes, ce dispositif se manifeste sous la forme de cours de remise à niveau et de renforcement. Les étudiants en droit acceptés en parcours de remise à niveau sont par exemple obligés de suivre un cours de méthodologie et un cours de culture générale juridique en plus de la formation traditionnelle.

Chaque étudiant impliqué doit suivre trois heures de soutien chaque semaine, ce qui équivaut à 30 heures par semestre, sur toute la première année. Ces cours sont obligatoires: s’ils ne s’y rendent pas, les élèves risquent de ne pas valider leur semestre, et donc, de devoir passer les rattrapages.

Une participation encouragée

Dhiego Teles, enseignant en charge des travaux dirigés de remise à niveau en droit, explique le déroulement des cours: «Nous avons souhaité faire quelque chose de dynamique. Nous prenons donc des thèmes d’actualité et les traitons avec un angle juridique: le droit au logement, l’addiction aux jeux vidéos, le burn-out, etc. Je commence par quelques remarques, de la théorie, j’explique les enjeux de la thématique. Puis je leur demande leur avis sur la question. Pour finir, nous passons à la partie exercice où l’on étudie un texte en essayant de dégager les idées importantes», détaille-t-il.

» LIRE AUSSI – Parcoursup 2019: mode d’emploi, dates inscriptions…toutes les infos!

Durant le cours, les étudiants sont encouragés à prendre la parole, à interagir. «Ce n’est pas un cours en amphi, ils ne sont pas très nombreux, ils peuvent donc s’exprimer, ils progressent donc plus facilement», témoigne Dhiego Teles. Après un semestre de cours, Dhiego Teles est plutôt satisfait du résultat: «Le but n’est pas que les étudiants perçoivent cela comme une punition mais comme une aide supplémentaire pour réussir. Et cela fonctionne. À la fin du semestre, il y avait plus d’étudiants qu’au début», se félicite-t-il.

« Au début, ça m’a fait bizarre, je pensais que tout le monde était pris en psycho, je ne m’attendais pas à être accepté sous conditions »Lilian, étudiant en première année de psychologie à l’université de Nîmes

Des retours positifs

Lilian, admis en première année de psychologie malgré une moyenne insuffisante en terminale S, a été contraint de suivre ce dispositif. «Au début, ça m’a fait bizarre, je pensais que tout le monde était pris en psycho, je ne m’attendais pas à être accepté sous conditions», introduit-il.

«Je dois suivre un cours de méthodologie, et un cours de renforcement en mathématiques. Même si je pense que j’avais le niveau pour intégrer psycho sans suivre ces cours, je ne suis pas mécontent d’y être. Je me sens encadré, cela m’a permis de ne pas me laisser vivre, ce qui peut être un piège en première année à l’université», raconte-t-il. Même point de vue pour Sarah, étudiante en première année de droit. «Ce dispositif m’a vraiment été utile. Je pense que si je ne l’avais pas suivi, je m’en serais beaucoup moins bien sorti», se réjouit-elle.

» LIRE AUSSI – Parcoursup: les dix choses à retenir pour réussir ses inscriptions

Mais pour Lilian, il y a tout de même un hic: «Nous sommes peu nombreux. En mathématiques, dans les meilleurs jours, nous sommes sept. Mon professeur de mathématiques trouve dommage d’être payé pour faire cours à si peu d’étudiants. Je trouve cela étonnant que tous les étudiants inscrits ne viennent pas alors que cela aurait pu profiter à d’autres», regrette-t-il.

Un élargissement à toutes les filières dès 2019?

À l’inverse selon Sarah, certains étudiants, qui ne sont pas concernés par le dispositif, essaient de rentrer dans les classes discrètement.

«Certains viennent nous demander des conseils méthodologiques», affirme-t-elle. Mais pour le président de l’université, Emmanuel Roux, une trop grande ouverture de ces cours serait contre-productive: «Il serait bien que plus d’élèves puissent en bénéficier mais nous ne devons pas trop accepter de monde au risque de diluer l’auditoire», argue-t-il.

Le dispositif «oui si» devrait en tout cas être élargi en 2019. «Nous sommes en phase de réflexion. Si le ministère nous donne les financements adéquats, nous souhaitons généraliser le ‘oui si’ sur toutes les filières de notre université en 2019», prévoit Emmanuel Roux. En espérant que cette fois-ci, l’assiduité des étudiants soit au rendez-vous dans chacun des cursus.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/parcoursup-l-universite-de-nimes-veut-elargir-le-oui-si-a-toutes-les-filieres_dcd6c57c-f6dd-11e8-82f2-ef873a7d569f/
Dans l’Hérault, CAMINA vous guide dans votre orientation scolaire, universitaire et professionnelle
CAMINA utilise la méthode MENTAL’O