Reconnaissance faciale à l’entrée des lycées : 3 questions sur une expérimentation contestée

Des portiques à l’entrée des lycées ! La reconnaissance faciale sera testée dès janvier 2019 à l’entrée de deux établissements : le lycée des Eucalyptus, à Nice, dans le quartier Caucade, et le lycée Ampère, à Marseille dans le quartier Pont-de-Vivaux, indique le quotidien « Nice Matin », vendredi 14 décembre. Trois questions sur cette expérimentation, qui fait déjà polémique.

#Comment ça marche ?

Des portiques sont installés à l’entrée des lycées. Développés par Cisco, une société américaine, ils fonctionnent sur le même principe que ceux déjà en cours d’expérimentation, depuis juillet, dans les aéroports de Nice et de Paris (Roissy et Orly). Il s’agit d’abord de détecter le visage de la personne qui entre dans l’établissement. Puis, le programme crée un modèle 3D qui est comparé automatiquement aux données enregistrées. La personne est reconnue à partir de données tels que la forme de la bouche, l’écartement des yeux… Si son visage ne correspond pas à la base de données détenue par l’établissement, le personnel de surveillance est alerté.

Une technologie comparable existe en domotique, dans certains smartphones pour déverrouiller l’appareil, ou encore sur les réseaux sociaux (Facebook ou Google+) afin de détecter l’identité des personnes qui apparaissent sur une photo ou une vidéo.

#Pourquoi ces expérimentations ?

Les portiques de reconnaissance faciale visent à renforcer la sécurité à l’entrée des établissements. Ils permettent « d’apporter une assistance aux agents assurant l’accueil du lycée », de « réduire la durée des contrôles, lutter contre l’usurpation d’identité et détecter le déplacement non souhaité d’un visiteur non identifié », selon la région Sud (ex-Provence-Alpes-Côte d’Azur), citée par « Nice Matin ».

Le conseil régional a donné son feu vert par un vote en séance plénière vendredi 14 décembre. Mais l’expérimentation a été longuement préparée avec la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés), qui veille au respect du cadre législatif, et en particulier du règlement général sur la protection des données (RGPD).

« Ce projet de portiques virtuels a pour but d’évaluer l’efficacité d’un contrôle d’accès par comparaison faciale à l’entrée des deux lycées concernés », ajoute la Cnil, jointe par BFM Tech.

#Quels sont les problèmes que cela pose ?

Le Syndicat national des enseignements de second degré (Snes) s’inquiète non seulement du coût du dispositif mais aussi de l’utilisation des fichiers. Il considère également que remplacer le personnel par des portiques automatiques ne réglera pas les questions de sécurité. Sa secrétaire générale, Frédérique Rolet, estime :

« On n’endiguera pas la violence dans les établissements avec des portiques de sécurité. »

La Région Sud, que nous avons notamment interrogée sur le coût du dispositif et la sécurisation des données numériques, ne nous avait pas encore répondus lundi en fin de journée.

Autre question : la plupart des élèves étant mineurs, peuvent-ils refuser la reconnaissance faciale ? Pour l’instant, oui, explique la Cnil, qui souligne que l’expérimentation a lieu sur la base du volontariat :

« Les personnes qui n’auront pas accepté le traitement de leurs données biométriques ne seront pas concernées. »

Les lycéens qui refusent la reconnaissance faciale feront l’objet d’un contrôle classique. A Nice, seulement deux classes sont concernées par l’expérimentation, soit une soixantaine d’élèves.

B.L.

L'Obs
Source: http://www.nouvelobs.com/education/20181217.OBS7274/reconnaissance-faciale-a-l-entree-des-lycees-3-questions-sur-une-experimentation-contestee.html?xtor=RSS-78
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