« C’est leur premier combat politique » : à Montreuil, les parents épaulent les lycéens en colère

Pas d’odeur de poubelle brûlée, ni de dégradation apparente. Ce « mardi noir », annoncé par  l’Union nationale lycéenne (UNL) comme une grande mobilisation, s’amorce très tranquillement au lycée polyvalent Condorcet à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Les lycéens matinaux, qui se sont chargés de bloquer totalement l’établissement à l’aide de poubelles et autres éléments de mobiliers urbains, sont rejoints par ceux qui les soutiennent ou par d’autres, qui craignent d’être noté « absents » ce jour-là.

Sur fond d’une légère musique recrachée par un téléphone portable, ils papotent en petits groupes. En passant dans la rue, il faut vraiment tendre l’oreille pour comprendre qu’il s’agit d’un attroupement de lycéens « en colère ». Ce calme, on le doit peut-être aux adultes qui, depuis plus d’une semaine, se relaient pour encadrer leurs enfants militants. 

Dès 7h30 ce matin, cinq professeurs de l’établissement sont ainsi venus sécuriser, et parfois même soutenir leurs élèves. Ils discutent entre eux tout en restant à l’écoute. Avec eux, Alice [le prénom a été modifié, NDLR], la mère d’une lycéenne de première. Représentante FCPE, l’une des principales fédérations de parents d’élèves, en recherche d’emploi, elle répond présente depuis jeudi dernier. Et nous explique pourquoi :  
« On ne peut pas dire que je participe au blocus, ce n’est pas mon combat. Mais je l’encadre en quelque sorte. Nous, parents d’élèves, nous essayons de nous relayer pour assurer la sécurité des jeunes et éviter les débordements. »

En faisant cela, elle veut « aussi répondre à leur demande » : 

« Les lycéens souhaitent qu’il y ait des adultes sur place avec eux. Ça les rassure de nous savoir à leurs côtés. Ce n’est pas un moment facile pour eux, c’est leur premier combat politique. Ils savent ce qu’ils veulent et ce pour quoi ils se battent, mais ils ont besoin de voir qu’ils ne sont pas seuls. » 

Alice soutien sa fille, élève en première, qui participe au blocus. A titre personnel, elle approuve le mouvement : « Je les comprends et je les soutiens. S’ils ne veillent pas à leurs intérêts de futurs étudiants, personne ne le fera pour eux. Ils prennent dès aujourd’hui la mesure de ce qu’on leur prépare et de ce qui les attend. »

La veille, les élèves ont obtenu de haute lutte de la direction de pouvoir organiser une assemblée générale, « le moment pour certains d’expliquer à d’autres les enjeux de ce blocus. Ce n’est pas forcément clair pour tout le monde. »

Le départ des professeurs et des parents d’élèves, vers midi, sonne la fin des réunions de blocage sur le parvis du lycée. Ce mardi dit « noir », mais qui à Montreuil est plus calme que la veille, certains se rendront directement à la manifestation étudiante. D’autres promettent revenir dans l’après-midi, pour être bien sûrs que les cours n’ont pas repris. 

Barbara Krief

Barbara Krief
Source: http://www.nouvelobs.com/education/20181211.OBS6963/c-est-leur-premier-combat-politique-a-montreuil-les-parents-epaulent-les-lyceens-en-colere.html?xtor=RSS-78
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