Premier aperçu du nouveau concours d’entrée en médecine

L’annonce d’une réforme des études de médecine a déclenché en septembre une vaste polémique. Les grandes nouveautés du concours 2020, parues ce lundi dans la presse, feront l’objet d’une loi votée d’ici la rentrée 2019.

L‘annonce était très attendue. Depuis que la ministre de la Santé et celle de l’enseignement supérieur ont annoncé, le 18 septembre dernier, la grande réforme du concours de médecine, la France est à l’affût du sort qui sera réservé aux étudiants dès la rentrée 2020. L’Obs publie aujourd’hui les grandes lignes du futur concours d’entrée. Elles seront présentées dans un document officiel le 11 décembre prochain.

L’objectif de cette réforme: diversifier le recrutement, pour «enrichir les filières médicales et, à terme, transformer les métiers de la santé et leurs modes d’exercice», d’après le rapport que l’Obs s’est procuré. Ce dernier émane d’un groupe de travail mis sur pied fin octobre, réunissant les présidents d’université, les doyens des facs de médecine, et les représentants des étudiants, et les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Les résultats feraient l’objet d’un large consensus. Le texte de loi sera vraisemblablement finalisé vers Noël, et voté en mars prochain.

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● La fin du redoublement

Le gouvernement souhaite la suppression de la Paces. Cette première année clôturée par un concours devait laisser place à une formation généraliste sur le modèle d’une licence, c’est-à-dire trois ans. Cela devait permettre de sélectionner les élèves sur le long cours, et un ecrémage définitif devait advenir à l’entrée en quatrième année.

Ce modèle, assez proche de celui des États-Unis, n’a pas remporté l’adhésion des universitaires. Pour eux, il aurait été impossible de gérer le flux trop important d’élèves généré par une sélection tardive. Ils ont finalement décidé de sélectionner une bonne partie des élèves au terme d’une première année, désormais baptisée «Portail Santé» et non Paces. Elle devrait filtrer 50 à 70% des étudiants. Outre le changement de nom, le portail santé présente plusieurs différences avec la Paces: parmi elles, la fin du redoublement. Les étudiants n’obtenant pas la moyenne s’inscriront dans une autre licence, et les «reçus-collés» , ayant un dossier insuffisant pour passer en deuxième année mais assez haut pour valider, seront «réorientés vers une licence universitaire, a priori scientifique, proposée par leur université», indique l’Obs. Le but est d’éviter aux excellents élèves refusés de se retrouver sans équivalent post-bac après deux ans d’études.

● Possibilité de faire médecine après une L2, L3 ou un master

C’est un outil majeur de la réforme pour diversifier les profils des futurs médecins. Désormais, l’instauration d’une «mineure santé» permettra aux élèves en maths, biologie, histoire ou philosophie de rejoindre les filières médicales après une L2, une L3 ou un Master, s’ils ont suivi cette mineure au sein de leur cursus universitaire. Celle-ci bénéficiera également aux élèves ayant échoué la validation du Portail Santé et envoyés en licence généraliste. Jusqu’à présent, le dispositif «alter-Paces» au sein des facultés de médecine fonctionne sur ce modèle, recrutant sur dossier et entretien des élèves de licences scientifiques. Il n’a attiré qu’un faible nombre d’étudiants.

Sur Parcoursup, la «mineure santé» sera affichée comme voie d’accès similaire au Portail Santé pour les études médicales et paramédicales. D’après le rapport, le but est d’inviter les étudiants à «diversifier leur stratégie» et désengorger le portail Santé. Toutes les universités seront enjointes à proposer cette mineure. Les facultés se sont engagées à recruter 30% des étudiants par cette voie en deuxième et troisième année, en leur proposant si besoin des modules de remise à niveau. Les doyens ont en revanche refusé une admission par ce biais en quatrième année, qui avait été proposée.

● Un numerus clausus plus souple pour s’adapter à la demande locale

Très critiqué, le quota d’étudiants admis en deuxième années de médecine n’a pourtant jamais trouvé de formule apte à le remplacer. Et pourtant, le gouvernement a annoncé en septembre dernier sa prochaine disparition. N’importe qui va-t-il donc pouvoir devenir médecin? «Supprimer le numerus clausus national ne veut pas dire abandonner tout principe de régulation», aurait déclaré un membre du groupe de travail, cité par l’Obs. Cette régulation devrait être garantie par la mise en place d’un «quota souple», un «numerus apertus», du latin «ouvert». Les universités se verront proposer un chiffre plancher et un chiffre plafond. «Concrètement, s’il nous reste deux-trois étudiants de très bon niveau une fois le chiffre plancher atteint, on pourra les rattraper, alors qu’auparavant nous n’avions aucune marge de manœuvre», souligne un doyen.

D’après le gouvernement, cette solution devrait permettre une meilleure adaptation aux besoins locaux et un outil contre la désertification, sans augmenter trop massivement le nombre de professionnels de santé. Reste à espérer que les élèves resteront dans leur région de formation une fois diplômés;

● Une sélection plus humaine, mais encore floue

D’ici Noël, les acteurs de la réforme doivent encore s’accorder sur un point central: les critères de sélection. Dans leur présentation du plan santé, Agnès Buzyn et Frédérique Vidal avaient souhaité qu’ils soient plus humains. Le par cœur et les QCM devaient laisser davantage de place à l’évaluation des qualités d’ «écoute», d’ «empathie» et d’ «analyse», face aux nouveauté de la médecine comme l’essor de l’intelligence artificielle.

Cependant, la mise en place de ces nouveaux critères présente de nombreuses difficultés. «Ce qui est envisageable avec de tout petits volumes de candidats ne le sera pas forcément dans des portails santé à plusieurs milliers d’étudiants», signale un professeur de médecine cité par le nouvel Obs. Il préconise une adaptation des critères de sélection en fonction des universités. Un autre acteur explique encore que «ces nouveaux modes d’évaluation posent par ailleurs question». Pour lui, «valoriser les compétences humaines, sur le principe, tout le monde est pour, mais juger des capacités d’écoute d’un jeune de 18 ans, amené, s’il réussit le concours, à exercer la médecine pendant cinquante ans, ça, très humblement, nous ne savons pas faire». Pour les futurs candidats en médecine, les dés ne sont pas encore jetés.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/premier-apercu-du-nouveau-concours-d-entree-en-medecine_63380be4-f6fc-11e8-82f2-ef873a7d569f/
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