« Faire accepter à la communauté universitaire un relèvement modéré des droits d’inscription »

A l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, en octobre 2013.

Tribune. Le sous-financement de l’enseignement supérieur français est problématique à plus d’un titre. Il dément la volonté souvent affichée de placer la France au cœur de l’économie globalisée de la connaissance. Or cette place est conditionnée par la qualité de son enseignement supérieur et de sa recherche, et donc par les moyens qui lui sont consacrés. Par ailleurs, la faiblesse générale du financement masque de fortes disparités. A côté du système des classes préparatoires et des grandes écoles, « enfants choyés » de l’enseignement supérieur, des pans entiers de l’université font figure de « parents pauvres ». Les élèves des milieux défavorisés qui fréquentent en masse l’université se trouvent donc pénalisés, ce qui contribue à creuser les inégalités.

Pourtant, quelle que soit la couleur des gouvernements, le bond en avant budgétaire est toujours reporté à des jours meilleurs. Les priorités de la nation se portent sur d’autres urgences, même si l’enseignement supérieur ne fait jamais partie des secteurs sacrifiés.

Il est vrai que les solutions proposées suscitent des opinions divergentes. En particulier, la hausse des droits d’inscription est perçue comme un cheval de Troie pour faire dériver le modèle d’enseignement supérieur public vers un modèle de quasi-marché où les valeurs d’égalité profondément ancrées dans la communauté universitaire dans son ensemble seraient remises en cause.

Relèvement modéré

Cette appréhension se décline selon plusieurs dimensions. Dans une version où les universités disposeraient d’une certaine liberté pour fixer le montant des droits d’inscription, il est indéniable que les universités ne s’aligneraient pas toutes sur la même ligne de départ. Certaines pourraient aisément bénéficier de ressources accrues, alors que d’autres, en raison de la modestie de l’origine sociale des étudiants ou d’une spécialisation sur des sujets plus éloignés de l’entreprise, éprouveraient de la peine…

Source: https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/09/faire-accepter-a-la-communaute-universitaire-un-relevement-modere-des-droits-d-inscription_5381395_3232.html
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