Comment les étudiants choisissent-ils leur école de commerce ?

Cérémonie des diplômes à HEC, le 16 juin 2003, à Jouy en Josas, près de Paris.

« Qui suis-je ? Que faire ? » Inès Qian s’est posé ces questions pendant toutes ses années lycée. « Jusqu’en milieu de terminale, je ne savais toujours pas quoi répondre », sourit la Parisienne de 20 ans. Par facilité ou manque d’inspiration, elle s’oriente vers une école de commerce. « C’est ce qui m’a semblé le plus évident, confie-t-elle. Mes ­parents travaillant comme grossistes, j’ai baigné dans le marketing, la relation clients. »

Le casse-tête est pourtant loin d’être terminé : « Pour faire ma ­sélection, j’ai participé à plusieurs ­Salons de l’étudiant. Seulement, comme je n’avais pas de projet très précis, je ne savais pas quelles questions poser. J’ai procédé par élimination, en fonction de l’expérience des profs, de la localisation… Et j’ai opté, en définitive, pour ­Paris School of Business (PSB). »

« Papier glacé »

Devant la profusion des business schools en France – 38 grandes écoles officiellement recensées et près de 250 établissements sans label –, il n’est pas toujours facile de choisir. D’autant que les établissements ont un talent sans pareil pour vendre du rêve. « Les étudiants ne s’en tiennent pas à ce que mettent en avant les plaquettes en papier glacé. Ils creusent, ils ont besoin d’être convaincus », confirme Jean-Christophe Hauguel, président du ­Sigem, un système qui centralise les ­affectations des élèves de classe prépa dans 29 business schools dont HEC, l’Essec, ESCP Europe, Neoma, Kedge ou encore Audencia.

Camille Pelat, 24 ans, en est un parfait exemple. « Avant de passer le concours, j’ai épluché la presse, regardé les avis sur les forums en ligne, et interrogé des membres de mon club de tennis qui avaient pris cette voie », explique-t-elle. A l’issue de ce travail d’enquête, c’est Montpellier Business school qui a trouvé grâce à ses yeux. Une école « bien classée, avec une bonne image, dans une ville sympa et dynamique », résume-t-elle.

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« Quand on a travaillé d’arrache-pied pendant deux ans, on a envie d’avoir la meilleure école. Avoir la mention HEC sur son CV, c’est forcément un plus. » Un étudiant

Voilà qui dit bien les préoccupations premières des jeunes Français quand ils choisissent leur affectation. Ainsi, dans le baromètre « Génération prépa » publié en 2017 par Espace ­Prépas, la ville est le premier critère cité pour le choix d’une école (30,91 %), juste devant les classements dans la presse (30,17 %).

« Comme les prépas sont jugées sur le taux d’admission de leurs étudiants dans les meilleures écoles, les profs qui y enseignent ne peuvent que les pousser dans la course au classement », analyse Manuelle Malot, directrice du New Gen Talent Center à l’Edhec, un centre d’expertise sur les nouvelles générations.

Ainsi, quand Vincent Thiel, 20 ans, a su qu’il était admis à HEC, à l’Essec, à l’ESCP et à l’EM Lyon, sa préférence s’est portée sur la première. « Quand on a travaillé d’arrache-pied pendant deux ans, on a envie d’avoir la meilleure école, se justifie-t-il. Avoir la mention HEC sur son CV, c’est forcément un plus quand on se présente devant un recruteur. »

La notoriété d’accord. Mais encore ? « Le contenu et la qualité des programmes comptent beaucoup, insiste Clara Lizier, 25 ans. Ce qui m’attirait à l’EDC Paris, c’était l’approche entrepreneuriale très développée. » Dès la première année, « nous devions remplir des missions de consulting pour des chefs d’entreprise confrontés à des problématiques très concrètes : la création ou la reprise d’une société, le développement à l’export… Une bonne manière de nous confronter au terrain. Je me suis sentie moins perdue quand j’ai décidé de lancer ma boîte en cinquième année. »

Expatriation

Mobiles et ouverts sur le monde, les jeunes misent aussi sur l’international. « On ne peut plus se passer de cette ­carte-là », affirme Romain Arlot, originaire de la banlieue parisienne, étudiant à PSB. « Pour moi qui mène en parallèle de mes études une carrière de basketteur semi-professionnel, être ­bilingue est essentiel, affirme-t-il. A PSB, tous les cours, dans le cursus ­“international track”, sont en anglais pendant cinq ans, et la 3e année se ­déroule à l’étranger dans l’une des 170 universités partenaires. C’est ce qui m’a séduit. »

Marie Kraffmüller, elle, voulait vivre une expatriation de longue durée. Elle a trouvé son bonheur à l’EM Normandie. « On peut partir à Oxford dès la première année et, si les notes suivent, y faire tout son parcours », s’enthousiasme-t-elle. A condition d’être prêt à sortir le porte-monnaie… « La vie en Angleterre coûte plus cher, mais en prenant une coloc et en surveillant son budget, on peut s’en sortir », assure la jeune femme. Comme si l’argument financier ne pesait pas. « Le coût de la scolarité n’entre plus trop en compte car les établissements ont fait de gros efforts pour développer une politique sociale, assure Alice Guilhon, présidente du chapitre des écoles de commerce à la Conférence des grandes écoles. Les élèves qui n’ont pas les moyens peuvent ­bénéficier de bourses. »

Même s’ils ne mettent pas en avant le coût, les étudiants plébiscitent l’alternance. Inscrit en master « marketing and sales manager » à South Champagne Business School, Corantin Giorgetti alterne une semaine de cours à Troyes et trois semaines en entreprise à Paris. « Ce système me permet d’être autonome, d’acquérir de l’expérience et d’entrer dans la vie active plus tôt, ­témoigne-t-il. A 20 ans, on n’a plus ­envie de dépendre de ses parents. »

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Source: https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/11/09/comment-les-etudiants-choisissent-ils-leur-ecole-de-commerce_5381031_4401467.html
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