Le récit poignant de l’Héraultaise Caroline, 15 ans : « Harcelée, je voulais mourir »

Jusqu’ici, la voix ensoleillée de Caroline souriait. La lycéenne de 15 ans, qui prépare un CAP de services à la personne et qui rêve de travailler « comme auxiliaire puéricultrice ou avec des handicapés », raconte ce qui lui est arrivé il y a deux ans. Elle était alors en quatrième dans un collège héraultais.

Quelque chose vient de se bloquer dans sa gorge. Les mots sortent sans une respiration, glacés, glaçants. « Je voulais mourir. » Elle avait 13 ans et à deux reprises, elle est passée à l’acte. Médicaments. Elle avait 13 ans et durant des mois, elle s’est scarifiée les bras. Puis, quand ses parents ont surveillé ses bras, elle a blessé ses cuisses, son ventre. « Elle me disait : “Quand j’ai mal, je ne pense qu’à l’endroit où j’ai mal, maman. C’est plus fort que moi. Comme ça, je ne pense plus à ceux qui me harcèlent”, se souvient sa mère, Angélique. Le quotidien, c’était l’enfer. »

« Parents, on se sent impuissants »

Ce cauchemar est parti d’une photo, envoyée dans un message au garçon, plus âgé, dont Caroline est amoureuse. Photo où l’on voit sa poitrine d’ado et que va s’approprier une autre collégienne. Laquelle la diffuse via les réseaux sociaux. « Je suis arrivée le matin et tout le monde m’a traitée de pute, de salope. J’ai pleuré. Je ne savais pas quoi faire. »

Le dénigrement est permanent, violent. Sur internet et au collège. Plus personne ne veut parler à l’adolescente. Elle est sans cesse insultée. Cela va durer des mois. Toute l’année scolaire. « Je pensais que c’était ma faute. J’étais très mal. J’étais à bout. » Caroline n’a pas dit tout de suite à ses parents ce qui s’est abattu sur elle. « Elle était la victime, elle se sentait coupable. Dès qu’on a su, on lui a dit qu’on ne laisserait pas faire ! On s’est aussi sentis coupables. Elle a fait une erreur, rien de grave et c’est allé très loin ! »

Plainte à la gendarmerie. L’enquête sera rapide, efficace.

Multiples contacts avec le collège. « Il a fallu que je leur répète qu’ils ne comprenaient pas ! On me disait “Cela va passer”… » Et aussi que si c’est sur internet, « cela n’a rien à voir avec le collège ». Puis « la CPE (conseillère principale d’éducation) s’est occupée de Caroline ». Elle va chercher un plateau à la cantine pour l’adolescente qui ne peut plus s’y rendre et elle l’installe dans une salle à part. Caroline ne voit plus ses harceleurs, mais elle est de fait exclue. Et ils se sentent renforcés par les réactions des adultes, rapporte la jeune fille : « Tu as porté plainte, on s’en fout. Nos parents nous soutiennent. » Sa mère en garde un goût amer : « Ils se sentaient tout puissants et dans un groupe. »

Beaucoup seront convoqués à la gendarmerie. Angélique, elle, demandera au procureur de ne pas poursuivre. « Mais je voulais qu’ils comprennent la gravité des faits. »

Caroline tient bon jusqu’à la fin de l’année, malgré des résultats en chute libre. Puis elle change de collège en troisième. Prise en charge psychologiquement, aimée, soutenue par sa famille, elle reprend de l’assurance. Elle oublie. Elle pardonne. Elle revoit ses anciens copains. Elle guérit et sourit.

Aujourd’hui, elle veut « avoir une belle vie ! » Sa voix chante à nouveau. Dans son lycée, la direction, comme ses amis, savent ce qui est arrivé. Le point final est mis. Désormais, c’est Caroline qui aide ceux qui sont insultés, harcelés : « Je vais les voir et je vais aussi voir l’autre personne, en médiation. Je suis plus ouverte aux autres. » Elle témoigne aussi volontairement à visage découvert, à nouveau heureuse, « pour aider ceux qui vivent ça ».

Source: https://www.midilibre.fr/2018/11/08/le-recit-poignant-de-lheraultaise-caroline-13-ans-harcelee-je-voulais-mourir,4828859.php
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