Violences scolaires : les premières mesures de Blanquer pour rassurer les professeurs

Registre d’incidents dans les établissements, conseils de discipline simplifiés, diversification des sanctions… Jean-Michel Blanquer a présenté ce mercredi 31 octobre les premières mesures d’un plan d’action global contre les violences en milieu scolaire, qui sera présenté d’ici le 15 décembre. Pour ce qui relève de la seule Rue de Grenelle, le ministre de l’Education nationale a indiqué que plusieurs dispositifs pourraient être renforcés ou créés dès la rentrée de la Toussaint.

Ces annonces font suite à l’émoi suscité le 20 octobre par une vidéo montrant un lycéen de Créteil braquant une professeure au beau milieu d’une salle de classe, avec une arme factice. Depuis, des centaines de professeurs ont dénoncé sur Twitter, sous le hashtag ironique #Pasdevague, l’absence de réactions de leur hiérarchie face aux violences qu’ils subissent.

Le gouvernement a immédiatement promis des mesures sécuritaires, et un « plan d’action » ambitieux. Le sujet a été abordé mardi en conseil des ministres, mais aucune annonce officielle n’avait été faite ensuite. « L’Obs » fait le point sur les pistes de réflexion déjà évoquées, et les dernières annonces du ministre.

Les premières mesures 

Le ministre a détaillé ce mercredi les mesures purement scolaires prises pour lutter contre les violences à l’école.

  • Un registre pour signaler les incidents

Chaque chef d’établissement devra créer un registre où sera consigné chaque incident prenant place au sein d’un établissement scolaire. Ce répertoire sera le plus souvent numérique. Les membres de la direction des établissements auront l’obligation de répondre à chacun des signalements. 

La parole des professeurs sera mieux prise en compte à l’avenir, promet le ministre. 

« J’accorde plus de crédit à leur parole qu’à celle de l’élève car il y a une présomption de vérité derrière la parole d’un adulte. » 

  • Des conseils de discipline simplifiés

Les conseils de discipline seront simplifiés, le ministre assurant que les directions hésitaient à les convoquer en raison de leur lourdeur administrative. Le délai de convocation – huit jours – et le nombre de participants – 14 personnes – devraient être réduits.

  • Un accompagnement pour porter plainte

Si un incident justifie le dépôt d’une plainte par un professeur auprès des autorités, celui-ci devra obligatoirement être accompagné au poste de police par un membre de la direction.

  • Une période probatoire pour les élèves exclus

Après une exclusion, l’élève concerné fera dès son retour en cours l’objet d’une période de probation d’un mois. Il aura alors l’obligation de prendre rendez-vous chaque jour avec un membre de la direction pour faire le point sur son comportement.

  • Des « sanctions de responsabilisation »

Le ministre souhaite développer les « sanctions de responsabilisation ». Elles ne représentent actuellement que 1% des sanctions prises par les établissements : repeindre un mur tagué par l’élève, rédiger un devoir sur l’homophobie en cas de remarque homophobe, ou même « faire des lignes » lorsqu’un élève réitère les mêmes incivilités – le port d’une casquette au sein de l’établissement par exemple. 

  • Des formations à l’exercice de l’autorité

Des formations à l’exercice de l’autorité seront développées, afin d’être proposées aux professeurs et aux personnels d’encadrement. 

  • Des équipes dédiées aux enjeux de sécurité

Un personnel de direction spécialiste des enjeux de sécurité pourra être nommé dans les établissements qui le « nécessitent ». 

Les autres pistes envisagées

Le gouvernement avait déjà évoqué d’autres pistes pour son futur plan. 

  • Des policiers dans les établissements scolaires

Il ne doit pas y avoir de « tabou » sur la venue de policiers dans les établissements scolaires, pour des missions d’information ponctuelles auprès des élèves, ou en cas d’incidents graves, a déclaré mardi le ministre sur LCI.

« Le but n’est évidemment pas d’avoir des policiers dans chaque établissement de France », mais « pourquoi pas avoir des permanences de policiers dans des établissements difficiles en fonction de ce que demande le chef d’établissement », a ajouté Jean-Michel Blanquer.

Quelque « 6.500 policiers ou gendarmes » sont déjà les « référents » d’établissements scolaires, a quant à lui souligné le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. « Le principe de la permanence, c’est qu’un policier puisse venir à la demande du chef d’établissement pour faire par exemple un diagnostic de sécurité. »

  • Interdiction des téléphones portables au lycée

Jean-Michel Blanquer avait également dit « encourager » l’interdiction du téléphone portable dans les lycées. « A Créteil, on peut se demander si les faits n’ont pas été accomplis pour être filmés et diffusés », avait-il avancé. 

« Notre loi ouvre la possibilité aux lycées d’interdire le portable. Cela n’était pas possible avant. J’encourage ainsi vivement les lycées qui sont confrontés à des faits anormaux à user de ce nouveau droit. »

L. D. (avec AFP)

L'Obs
Source: http://www.nouvelobs.com/education/20181031.OBS4748/violences-scolaires-les-premieres-mesures-de-blanquer-pour-rassurer-les-professeurs.html?xtor=RSS-78
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