École 42: des étudiants racontent leur quotidien sous vidéosurveillance

L’école 42 a été mise en demeure ce mardi par la Commission nationale de l’informatique et des libertés pour un système de vidéosurveillance jugé excessif. Les étudiants eux, trouvent ça rassurant.

Mise en demeure par la Commission nationale d’internet et des libertés (Cnil) pour des manquements quant au traitement des données personnelles de ses étudiants, l’école 42 aura deux mois pour rentrer dans le rang. En effet, le système de vidéosurveillance particulièrement poussé de l’école, avec soixante caméras qui filment en continu les moindres recoins de l’école excepté les douches et les toilettes, a fini par alerter le régulateur des données personnelles. Pourtant, les étudiants de 42 semblent considérer cette pratique quotidienne comme étant un gage de sécurité plutôt qu’une méthode de surveillance intrusive.

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Une mesure de sécurité

«Ça fait partie des règles un peu particulières de l’école 42, raconte Gregory, qui est entré en 2016 dans l’école fondée par Xavier Niel. Je ne trouve pas cela intrusif car je suis dans un environnement de travail, je ne suis pas censé y introduire ma vie intime». Élodie*, également étudiante à l’école 42, ajoute que les élèves «ont été informés de la présence des caméras dès leur concours d’entrée», et que «personne n’a dit que ça dérangeait». «Nos données à tous sont collectées en permanence, qu’on soit à l’école 42 ou pas. Être filmé à l’intérieur de l’école, ce n’est pas plus intrusif qu’ailleurs», ajoute Gregory.

La sécurité est la raison la plus régulièrement avancée pour justifier un tel dispositif de vidéosurveillance. «Étant donné que tout le monde est accepté en piscine (le mois d’essai pour intégrer l’école), il peut parfois y avoir des cas de vol. Les caméras sont une mesure de sécurité supplémentaire» poursuit Élodie. Anaïs, de la même promotion que Gregory, partage son avis. «Ça m’arrive souvent de laisser mon MacBook seul sur une table, et de ne pas m’inquiéter. C’est assez rassurant», indique-t-elle.

«Les vidéos sont parfois utilisées par des stalkers (personne qui traque, ndlr) pour repérer des filles».Grégory, étudiant à l’Ecole 42

Surtout, les étudiants eux-mêmes semblent avoir intégré le système de vidéo surveillance dans leur routine. Il est par exemple utilisé par une application qui indique l’affluence à la cafétéria. «C’est presque devenu un réflexe. Il arrive qu’on soit plus de 1000 au même moment dans le bâtiment, donc c’est très pratique» explique Gregory.

Les caméras ne sont pas le seul moyen de savoir où se trouvent les étudiants. En accédant à un site internet, les étudiants peuvent aussi savoir qui est connecté, et sur quel ordinateur dans l’école. «Il y a trois étages et plus de 300 MacBook. C‘est très utile pour savoir où sont connectés nos amis. Quand on a besoin de se faire relire, il n’y a pas besoin de les chercher dans toute l’école. Je ne sais pas comment on ferait autrement», dit Élodie.

L’aspect visuel de la vidéosurveillance la rend cependant plus délicate à encadrer. Gregory explique qu’il peut y avoir des dérives. «Il est très facile de mal l’utiliser. J’ai eu des retours d’amis qui m’ont dit que les vidéos sont parfois utilisées par des stalkers (personne qui traque, ndlr) pour repérer des filles». «J’ai eu quelques problèmes en piscine, mais c’est quelque chose qui est propre au monde de l’informatique, la vidéosurveillance n’y change pas grand-chose» conclut Anaïs.

(Le prénom a été modifié)

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/ecole-42-des-etudiants-racontent-leur-quotidien-sous-videosurveillance_36259e56-dc5c-11e8-b0f3-62444cdc1bef/
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