« J’aurais aimé être soutenue » : face aux violences, des profs expriment leur désarroi sur Twitter

Ne pas réagir, faire le moins de bruit possible. C’est apparemment une consigne que les professeurs de l’Education nationale ne connaissent que trop bien. Depuis dimanche 21 octobre, des centaines d’entre eux dénoncent sur Twitter, sous le hashtag ironique #pasdevague, l’absence de réactions de leur hiérarchie face aux violences qu’ils subissent.

Les témoignages font écho à la vidéo partagée sur les réseaux sociaux d’un élève en train de braquer sa professeure avec une arme factice dans un lycée de Créteil. Il a été mis en examen dimanche soir pour « violences aggravées » et remis en liberté avec des mesures de contraintes provisoires.

« Déjà il vient en cours, on ne va pas le sanctionner »

Sur Twitter, plus de 35.000 posts mentionnant le mot clef « pas de vague »  ont été dénombrés ce lundi par le cabinet Visibrain. « Un élève a jeté sur moi une de ses petites camarades qui s’était assise à sa place. Nous sommes tombées toutes les deux, j’étais enceinte. Le principal : déjà, il vient en cours, c’est une victoire, on ne va pas le sanctionner, » raconte une professeure.

Violences physiques, insultes, « drague » déplacée… Le motif des témoignages est partout le même. Mais davantage que les faits évoqués, c’est l’immobilisme voire l’ignorance volontaire des établissements scolaires que les enseignants fustigent. « ‘Tes cours c’est de la merde’, je te tutoie si je veux arrête de te prendre pour François Hollande’, ‘vazi j’ai compris ton vice là !’ …. Réponse de ma directrice de Segpa: ‘mmeB, ce n’est pas contre vous personnellement. Prenez de la distance’ « 

Et quand la plainte du professeur est prise en compte, certains pointent du doigt le laxisme des sanctions.

« On a les élèves qu’on mérite »

Jenny Lartaud, 28 ans, professeur de français dans un collège d’Alsace, fait partie des profs ayant partagé son expérience sur Twitter. « On vit des agressions verbales régulières, mais on est obligé de continuer d’enseigner », dit-elle à l’AFP. Elle raconte avoir été « testée » il y a deux ans par sa classe de 4e, pendant six mois. « Je leur ai proposé, pendant une heure de cours, de me dire ce qui ne se passait pas bien, selon eux, explique-t-elle. Je n’aurais pas dû : ils se sont lâchés et j’ai entendu les pires ignominies. »

Elle écrit alors un rapport à sa hiérarchie : « le principal adjoint m’a convoquée, je n’étais pas seule, mais malgré des courriers faits aux parents, malgré quelques exclusions, les élèves ont continué ». Selon elle, de nombreux profs préfèrent faire « comme si tout allait bien, pour ne pas qu’on dise d’eux qu’ils sont de mauvais enseignants ».

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et Christophe Castaner, qui vient d’être nommé place Beauvau avec l’ambition affichée d’une politique de fermeté, ont annoncé la réunion d’un « comité stratégique » pour un « plan d’action ambitieux » contre les violences visant les enseignants.

L.D. avec AFP

L'Obs
Source: http://www.nouvelobs.com/education/20181022.OBS4297/j-aurais-aime-etre-soutenue-face-aux-violences-des-profs-expriment-leur-desarroi-sur-twitter.html?xtor=RSS-78
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