Une «ode au viol» écrite par des étudiants suscite la polémique à Caen

Plusieurs chansons paillardes d’une violence rare envers femmes ont été partagées par des étudiants d’une école d’ingénieurs caennaise. Certaines d’entre elles sont des incitations au viol ou à la pédophilie.

Les paroles sont d’une violence inouïe. Elles incitent sous couvert d’humour au viol, à la pédophilie, à la violence et au machisme. Les étudiants de l’École nationale supérieure d’ingénieurs (Ensi) de Caen ont distribué en début d’année un carnet de chants où figurent des propos qui restent habituellement entre les murs de l’école. Mais cette année des étudiantes brésiliennes, en échange à Caen, se sont fait traduire ces paroles et ont décidé de les exhumer sur internet.

«À trois ans, ça dit pas nan»

«À trois ans, ça dit pas nan. A quatre ans, c’est consentant», «Bois d’l’alcool pour que j’te viole», «j’te défonce pendant que tu pionces», ou encore «j’vais devenir un ingénieur pour pouvoir niquer ta sœur». La cruauté des paroles de ce «livret de chants» semble sans limite. Le compte Instagram qui l’a publié, «tasjoui», explique qu’elles sont issues d’une «fiche chanson qui a été distribuée par des élèves de l’Ensi Caen […] aux nouveaux élèves en ce début d’année scolaire».

«L’Ensi Caen reçoit des étudiants étrangers en échange scolaire, peut-on encore lire dans la publication Instagram de «tasjoui», «aimée» plus de 3.600 fois. Des étudiantes brésiliennes en ingénierie ont été outrées de découvrir ces textes et sont donc montées au créneau en allant voir la direction de l’école. La direction les a d’abord rembarrées en affirmant qu’ils n’étaient pas responsables vu que c’était une «vieille tradition des élèves». Sur Twitter, les réactions sont unanimes. «On s’étonne qu’il n’y ait pas assez de filles dans ces métiers», souligne par exemple @fatima_bent, quand @MottaisteJr n’hésite pas à parler d’«ode au viol». Contactée par Le Figaro, l’école ne souhaite pas commenter pour l’instant et prendra la parole dès le début de semaine prochaine.

«Vivre ensemble dans la joie et la bonne humeur»

Certains commentaires publiés sur Facebook ont également fait réagir le compte «Tasjoui». Comme celui de l’association d’anciens étudiants Memsicaen. «J’aurais été assez curieux de savoir ce qu’il serait advenu du petit français venu foutre le zbeul (le bazar, ndlr) dans 40 ans de tradition d’une université brésilienne», a écrit l’association en inversant l’histoire des Brésiliennes ayant dénoncé les propos des chansons. Avant de défendre «une culture collective» qui n’est «sûrement pas celle du viol mais celle du vivre ensemble dans la joie et la bonne humeur».

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Il n’est pas rare que les «vieilles traditions» d’écoles d’ingénieurs remontent à la surface lors des séminaires d’intégration. L’an dernier par exemple, une dizaine d’étudiants de deuxième année de l’Ensam avait infligé des brûlures à des premières années lors de la sempiternelle «période de transmission de valeurs, ce qui avait poussé l’école à supprimer ces périodes d’intégration.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/une-ode-au-viol-ecrite-par-des-etudiants-suscite-la-polemique-a-caen_ffc31d12-ce2c-11e8-896c-7d05c73a49da/
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