Dans cette école, la journée de classe commence par le petit-déjeuner

Debout devant ses camarades de classe, Nour, 8 ans, tient un paquet de Krisprolls à deux mains. Son enseignante, Céline Haller, pointe du doigt le sac et interroge la classe : « Quelqu’un a déjà mangé ça ? » Il est 8h30 ce jeudi de septembre et les portes de l’école Karine, située en réseau « super-prioritaire » d’éducation (REP+) dans la cité strasbourgeoise de Hautepierre, viennent d’ouvrir. 

La vingtaine d’élèves de la classe qui nous accueille découvre les galettes suédoises au nom imprononçable, bientôt recouvertes de miel ou de confiture. Les enfants ont aussi droit à une compote, un verre de lait, du cacao en poudre et une prune. « Attention, il y a un noyau », insiste la maîtresse, qui s’enquiert également à chaque début d’année des allergies alimentaires de chacun. 

En France, entre 200.000 et 300.000 enfants sont en difficulté alimentaire, selon le gouvernement qui entend donner les moyens aux écoles de REP et REP+ d’organiser des petits déjeuners à l’école. « Maîtresse Céline », comme l’appellent ses élèves, n’a pas attendu ce feu vert pour se lancer. Depuis six ans, elle propose chaque semaine à ses élèves de CM1 ou CM2 deux repas du matin équilibrés et éducatifs.
« Lorsque j’ai eu l’idée de ce projet, beaucoup le trouvaient farfelu, voire inutile », nous raconte-elle.

Loin de renoncer, elle fait des demandes de subventions et exige une participation aux parents  – deux euros par mois et par enfant. Une seule association, Rotary International, lui fait alors confiance. Il faudra attendre quelques articles dans la presse régionale pour que la ville suive : elle verse désormais 300 euros par an à l’école.

L’histoire par le cacao

Le projet est réfléchi. D’abord, il permet aux enfants de tenir jusqu’au déjeuner. Ce qui n’est pas évident pour ceux qui arrivent en classe le ventre vide, notamment depuis la suppression de la collation de 10 heures. Et ils sont nombreux. Selon une étude réalisée en 2015 par le Credoc, 25% des 3-11 ans ne prennent pas de petit déjeuner tous les matins. Les populations défavorisées étant les plus touchées. Chez ces enfants, les enseignants constatent une baisse de concentration et une augmentation de la fatigue dans environ 80% des cas. 

Ensuite, c’est un moment d’apprentissage important. En une demi-heure, entre 8h30 et 9 heures, les enfants développent leur autonomie : ils installent et nettoient à tour de rôle. Sans se faire prier, ceux qui sont désignés déposent les assiettes, verres et couverts multicolores sur les tables, toutes tournées les unes vers les autres. 

« Maîtresse Céline » discute du contenu nutritif du petit déjeuner du jour avec une élève de sa classe de CM1. 

Ils font aussi un maximum de découvertes. Après la présentation des aliments, place à la dégustation. « C’est amer », commente un enfant qui s’attendait sûrement à du Nesquik plutôt qu’à du véritable chocolat en poudre. D’autres n’osent pas mélanger le lait et le cacao, des camarades touilleurs viennent alors à leur rescousse.

Une élève se désole d’avoir une prune pourrie ? Sa voisine lui offre la moitié de la sienne. Amyra, elle, refuse de manger sa compote. « Il y a de la pêche dedans et j’aime pas ça. » Or il n’y a pas de pêche dans la recette, simplement une illustration sur l’opercule. L’enseignante explique : 

« Tu vois comme tu peux te faire avoir par une image, par la publicité mensongère ? »

Succès ! L’élève accepte d’ouvrir le petit pot, avant d’en dévorer le contenu avec plaisir.

« Je les encourage à tout goûter, après ils ont le droit de ne pas aimer. »

Partage, découverte et travail en équipe : difficile de ne pas adhérer à ces petits déjeuners à l’école.

« Déplucher »

D’ici le mois prochain, entre deux bouchées, l’enseignante profitera surtout du rituel pour introduire les savoirs fondamentaux, pas loin de la pédagogie Freinet, celle-là même qui a irrigué l’école Karine depuis sa création. Toutes les matières vont y passer.

« Le cacao permet d’aborder l’histoire et la géographie. Au cours de l’année, nous cuisinons souvent. Les gâteaux, tourtes, et autres servent à travailler les masses, la proportionnalité et les fractions, en situation concrète. C’est motivant pour les enfants. »

Sans oublier l’enrichissement du vocabulaire, dont manquent cruellement ces élèves ; beaucoup vivent en situation précaire et certains, allophones, débarquent à peine en France. Au total, les 252 élèves de l’école Karine parlent « une trentaine de langues différentes », nous assure le directeur, Martial Lauck.  

La semaine dernière, les élèves de Céline Haller ont découvert le mot « quetsche ». Ambitieux pour des CM1. Dans une autre classe, celle de la charismatique « Maîtresse Amélie » qui s’inspire de la pédagogie petit déjeuner de sa collègue, les CE1 ont appris à dire « éplucher », et non pas « déplucher ».

Bonnes habitudes

Ce jeudi, Céline Haller parle aussi santé bucco-dentaire. En croquant dans leur Krisprolls, deux élèves se sont plaints d’avoir mal aux dents. « Tu l’as dit à ta maman ? », interroge l’enseignante auprès d’Amyra. L’enfant hoche la tête. « Et alors, tu vas aller chez le dentiste ? » Réponse mitigée. Les élèves de l’école Karine « ne se brossent pas les dents tous les jours », nous dit-on. Les situations familiales des élèves étant parfois plus que compliquées. Dans une classe voisine, une élève, qui a fui le Nigéria avec sa mère, vit sans domicile fixe depuis l’été. 

Les quatre élèves de CM1 chargés de faire la vaisselle du petit déjeuner ce jeudi. 

Céline, Amélie, Annaïg, Karen, Yves… tous les enseignants de l’école s’efforcent d’adapter leur pédagogie à ces jeunes élèves, parfois violemment ballottés par la vie. Notamment en leur apportant les repères qu’ils n’ont pas. 

« Au début de l’année de CM1, le petit déjeuner des élèves n’est pas très varié à la maison. C’est soit des gâteaux, soit des céréales, soit rien. Ici, ils découvrent des fruits, des produits non-transformés, ils apprennent à lire les étiquettes. »

Et ils en redemandent. Amir avoue avoir « déjà mangé des céréales » avant de venir, mais ne boude pas pour autant son assiette colorée : « Je re-mange parce que c’est différent. » Plus raisonnable, Imène s’est réservée pour l’école : « Ce matin, quand j’ai vu mon petit frère manger une madeleine au chocolat, je suis vite partie de la maison ! ».

A 16 heures, point de sonnerie classique, c’est la chanson « Children » de Robert Miles qui retentit. Des parents récupèrent leurs enfants. Peu loquaces mais unanimement conquis par cette école « originale », qui s’apparente pour les plus enthousiastes à une « deuxième famille ».

Au cours de l’année, eux aussi seront conviés à quelques-uns des célèbres petits déjeuners de « Maîtresse Céline ». « C’est un travail sur deux ans : CM1, CM2 », insiste Céline Haller. « Les élèves rapportent chez eux ces bonnes habitudes alimentaires. » Inès, rentrée en 6e au collège voisin cette année, confirme : « Avec ces petits déjeuners, la nourriture a changé à la maison. »

Barbara Krief

Barbara Krief
Source: http://www.nouvelobs.com/education/20180927.OBS3076/dans-cette-ecole-la-journee-de-classe-commence-par-le-petit-dejeuner.html?xtor=RSS-78
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Onisep Plus n°45 – De la formation à l’emploi, le guide du professeur principal

Orientation des élèves, le guide du professeur principal en Occitanie !

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L’Onisep Occitanie, avec le soutien des Académies de Montpellier et Toulouse et de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, propose un nouveau magazine Onisep Plus De la formation à l’emploi, le guide du professeur principal, imprimé à 30 000 exemplaires. Dans les académies de Montpellier et Toulouse, chaque professeur principal, de la 6e à la terminale, y trouvera des informations sur le fonctionnement de l’orientation et de l’affectation, ainsi que sur les principaux secteurs porteurs d’emplois en région.

Un outil d’aide à l’orientation

Ce magazine met en avant les temps forts et les enjeux de l’orientation dans le cadre du parcours Avenir à chaque étape du cursus scolaire ou en apprentissage.
Il liste les services et applications permettant de délivrer aux élèves l’information sur les filières de formation et leurs débouchés professionnels. Il présente le Service public régional de l’orientation, le fonctionnement des Campus des métiers et des qualifications, explique comment naît une formation et quels sont les rôles de la Région et des Rectorats.

Le lycée se transforme !

La réforme du baccalauréat général,  technologique et professionnel vise à renforcer le baccalauréat, diplôme national de fin d’études secondaires et premier grade de l’enseignement supérieur. Elle répond à quatre objectifs : simplifier l’examen ; redonner du sens et de la force à l’examen ; mieux valoriser le travail des élèves ; mieux accompagner les lycéens dans la conception de leur projet d’orientation. Dans ce magazine, les étapes clés pour ne rien rater de cette transformation. Un fort accent est également mis sur le plan Étudiants, mis en place afin de mieux accompagner les lycéennes et lycéens vers le supérieur.

La scolarisation de l’élève en situation de handicap

Au collège ou au lycée, pour son orientation, ses examens, le jeune en situation de handicap est accompagné.

La lutte contre le décrochage scolaire : une priorité nationale et régionale

Chaque année en France, 80 000 jeunes en moyenne quittent le système éducatif sans avoir obtenu un diplôme de niveau V ou IV (CAP/BEP ou bac). La lutte contre le décrochage scolaire répond à un double objectif : prévenir les risques, développer les solutions proposées aux jeunes décrocheurs à travers des actions de remédiation. Ce magazine décode ces dispositifs à travers l’action des acteurs mobilisés contre le décrochage scolaire : le Service public régional de l’orientation, les enseignants, les chefs d’établissements…

Un territoire élargi : des secteurs qui emploient

Sur notre territoire, quels sont les indicateurs à connaître pour bien accompagner les élèves dans leurs choix d’orientation ? Les professeurs principaux, retrouveront dans le magazine une présentation des domaines qui concentrent en région le plus d’emplois, avec pour chacun d’eux des indicateurs régionaux sur le secteur aujourd’hui mais aussi sur ses perspectives. Ces données sectorielles sont issues en grande partie du diagnostic établi par le Carif-Oref Occitanie, dans le cadre de l’appui à l’élaboration des différents contrats, schémas et stratégies qui vont structurer l’action publique régionale en matière d’emploi, de développement économique, de formation et d’orientation.

Le saviez-vous ?

À partir de maintenant, l’apprentissage sera ouvert aux jeunes jusqu’à 30 ans, au lieu de 26 aujourd’hui (sauf dans certaines régions pilotes). Tous les jeunes d’au moins 18 ans en apprentissage percevront une aide de 500 euros pour passer leur permis de conduire.

Sophie Salvadori, rédactrice Onisep

La diffusion de ce numéro est réalisée grâce aux soutiens des Académies de Montpellier et Toulouse, de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, ainsi que pour leurs établissements les MFR, le CREAP et l’UNREP.

Source: http://www.onisep.fr/Pres-de-chez-vous/Occitanie/Montpellier/Publications-de-la-region/Publications-thematiques/Onisep/Onisep-Plus-n-45-De-la-formation-a-l-emploi-le-guide-du-professeur-principal
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Violent règlement de comptes entre migrants devant l’université de Marseille

VIDÉO – Une rixe à l’arme blanche a éclaté mardi entre une trentaine d’invidus devant la faculté d’éco-gestion de l’université d’Aix-Marseille. Depuis, la présence policière devant la faculté a été «nettement renforcée».

Les images sont très violentes. Sous les arcades de la halle Puget, juste devant la faculté d’économie et de gestion de l’université d’Aix-Marseille, une trentaine de migrants réunis autour de quelques matelas de fortunes disposés ça et là s’invectivent et se frappent violemment. Certains d’entre eux ont en main de «longs couteaux courbés», qualifiés par la voix off de la vidéo de «sabres». Postée sur les réseaux sociaux et reprise par France 3, cette bagarre qui a eu lieu mardi est la deuxième de la semaine sous cette halle. À chaque fois, les étudiants «absolument paniqués» de la faculté voisine ont été confinés derrière les grilles de l’université. Devant un tel niveau de violence, son doyen Pierre Granier a alerté la mairie, sans solution concluante pour l’instant. De son côté, la préfecture des Bouches-du-Rhônes assure avoir «nettement renforcé» la présence policière en ces lieux depuis la bagarre.

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«Des bagarres comme celle-là, il y en a tout le temps devant la fac, raconte au Figaro un étudiant en licence d’économie et de gestion de l’université Aix Marseille. Ce sont des règlements de compte entre eux, mais ils ne s’en prennent jamais aux étudiants.» Ils sont en effet une cinquantaine de migrants à squatter le dessous de la halle Puget depuis le mois de septembre 2017. «Ils étaient arrivés l’année dernière, et ça s’était déjà très mal passé avec les jeunes du quartier, confie Pierre Granier. Au bout de deux mois, la halle s’était vidée jusqu’au mois de mars de cette année où ils sont revenus.»

«Des couteaux courbés qui ressemblent à des sabres»

L’insalubrité sous les colonnades préoccupe le personnel de l’université depuis quelques mois. «Les conditions d’hygiène sont terribles, explique encore Pierre Granier. Nous n’avons pas de toilettes publiques ici, alors ces jeunes utilisent la rue pour cela, c’est une saleté épouvantable.» Depuis quelques semaines, des affrontements entre migrants ont régulièrement lieu. «Cela fait deux fois cette semaine qu’on est obligé de fermer les grilles de l’université et de confiner nos étudiants à l’intérieur. Plusieurs jeunes portent à la ceinture des couteaux courbés qui ressemblent plus à des sabres qu’à des instruments de cuisine.»

Devant une situation qui inquiète tout le monde, enseignants, étudiants et personnel administratif, Pierre Granier a décidé d’alerter le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui a renvoyé la balle à la préfecture des Bouches-du-Rhônes. «La préfecture nous répond pour l’instant qu’un groupe de travail constitué de personnel de la ville, de l’université et du département a été constitué. Il ambitionne de faire occuper autrement la halle, mais vu l’état de la situation en cours, je vois mal comment on pourrait la transformer en marché aux fleurs» poursuit, fataliste, le doyen de la faculté. Au Figaro, la préfecture assure toutefois que «l’État et la ville de Marseille travaillent de concert pour renforcer la sécurisation (police nationale et municipale sur place) et la salubrité (nettoyage quotidien) de ce lieu».

«On a peur de perdre 50% de nos étudiants sur Marseille»

Le personnel de la faculté a décidé hier matin de lancer une pétition qui sera en ligne prochainement pour faire réagir directement le préfet sur cette question de sécurité des étudiants. «Si nous n’agissons pas tout de suite, plus aucun parent ne voudra inscrire son enfant dans notre faculté. On a peur de perdre 50% de nos étudiants sur Marseille l’an prochain» conclut Pierre Granier.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/violents-reglement-de-comptes-entre-migrants-devant-l-universite-de-marseille_d4a31268-c2fb-11e8-af9a-1ecac13903f7/
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Le parquet de Toulouse ouvre une enquête après le bizutage d’élèves infirmiers

Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Toulouse pour des faits de bizutage dont avaient été victimes quelque 250 élèves infirmiers de première année, quelques jours après leur rentrée à Toulouse.

Des jeunes élèves infirmiers ligotés, aspergés de farine, d’œufs et de vinaigre. Début septembre, 250 étudiants de première année avaient été bizutées par leurs aînés dans un grand amphithéâtre du Pôle régional d’enseignement et de formation aux métiers de la santé (PREFMS) de Toulouse. Après une enquête interne ouverte juste après les faits, l’affaire sera donc portée en justice puisqu’une enquête judiciaire vient d’être ouverte par le parquet de Toulouse.

Cette enquête a été confiée au commissariat de Toulouse, a précisé à l’AFP Alix-Marie Cabot-Chaumeton, la procureure adjoint au TGI de Toulouse, confirmant une information de La Dépêche du Midi. Mi-septembre, le Centre hospitalier universitaire, qui avait mené une enquête interne, avait transmis au procureur de la République le dossier de ce bizutage.

Copeaux de litière pour lapin et soupe de poisson

Celui-ci s’était déroulé le 5 septembre, au troisième jour de la rentrée des étudiants infirmiers de première année, dans un amphithéâtre du CHU. Attachés par deux avec du scotch, les étudiants avaient été ensuite aspergés à l’extérieur avec divers produits: «eau, œufs, farine, ketchup, vinaigre, bétadine, mousse à raser, ail, pâtée, copeaux de litière pour lapin, soupe de poisson…», avait détaillé mi-septembre une étudiante interrogée par l’AFP.

Certains avaient aussi été obligés de porter des couches sur la tête, quand d’autres, surtout des filles, s’étaient vus écrire «bizut» sur la poitrine. Selon la CGT du CHU, des étudiants tentant de quitter le groupe avaient été empêchés de partir et plusieurs étudiantes, «dont certaines étaient mineures, avaient mal vécu cette situation» qui avait duré plus d’une heure. Dans un tweet, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait jugé «intolérable» ce genre de «pratique dégradante» et avait apporté tout son soutien à l’enquête interne ouverte par le CHU de Toulouse.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/le-parquet-de-toulouse-ouvre-une-enquete-apres-le-bizutage-d-eleves-infirmiers_bf860fde-c30f-11e8-af9a-1ecac13903f7/
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Jeunes ingénieurs, vieille industrie : histoire d’un désamour

Un étudiant en école d’ingénieurs.

« Le pays a besoin de 40 000 ingénieurs diplômés par an d’ici à cinq ans. C’est un défi pour la compétitivité de son économie et de son industrie. » Cet avertissement de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) visait à alerter sur les conséquences d’une pénurie d’ingénieurs, « acteurs-clés du développement économique des entreprises ». Le message date de mai 2012. Six années ont passé, et l’estimation des besoins s’avère juste.

La France peut recruter, aujourd’hui, 40 000 jeunes ingénieurs par an. Mais l’avertissement n’a pas été entendu. Ou les conséquences d’un déficit de cerveaux pour faire tourner la machine industrielle nationale ont été mal appréhendées. Les 201 écoles de l’Hexagone habilitées à délivrer le titre d’ingénieur n’en forment, en effet, que 33 000 annuellement selon le rapport 2018 de la Conférence des grandes écoles (CGE). Résultat, à l’heure où l’économie repart doucement, « des entreprises sont à saturation de capacité, elles sont bloquées par l’impossibilité de recruter, elles subissent un vrai goulot d’étranglement », observe Thierry Weil, délégué général de la Fabrique de l’industrie, think tank consacré aux problématiques du secteur industriel, rattaché à l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM).

Vision passéiste de l’industrie

Non seulement le nombre d’ingénieurs formés est insuffisant pour satisfaire aux besoins, mais une proportion considérable des nouveaux diplômés se détourne de l’industrie traditionnelle. Dans son rapport d’insertion, la CGE observe ainsi que le premier secteur d’activité vers lequel s’oriente le plus gros bataillon de nouveaux ingénieurs est celui des « sociétés de conseil et bureaux d’étude » (16,5 %). Viennent ensuite les « technologies de l’information et communication » (15,3 %). L’industrie des transports (construction automobile, aéronautique, ferroviaire, navale) qui compte, pourtant, de très…

Source: https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/09/28/jeunes-ingenieurs-vieille-industrie-histoire-d-un-desamour_5361401_4401467.html
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Éric Coquerel (LFI): «On est en train d’entériner la sélection à la fac comme une chose normale»

INTERVIEW – Très présent au côté des manifestants pour fustiger la récente loi pour l’orientation et la réussite des étudiants, le député La France Insoumise (LFI) lutte pour que le bac reste l’unique passeport pour l’université.

Le député de la France Insoumise (LFI) Éric Coquerel est un hyperactif de la cause étudiante. On l’a vu, au printemps, mégaphone en bout de bras, alpaguer les étudiants du centre Pierre Mendès France (Tolbiac) de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. On l’a vu aussi, en avril, se faire entarter par un militant anti-blocage de l’Action Française. Pour cette rentrée universitaire 2018, il est allé sur le campus de Nanterre pour venir en soutien aux «sans facs», ces étudiants sans affectation dans l’enseignement supérieur qui déposent leurs dossiers en dernier recours auprès du syndicat Unef. Celui qui se déclare «au plus proche de toutes les luttes», regrette aujourd’hui la sélection instaurée par la loi pour l’orientation et la réussite des étudiants (ORE), la perte de crédibilité du baccalauréat et le manque de moyens alloués à l’université, notamment dans son département de Seine-Saint-Denis (93).

LE FIGARO – D’après les chiffres officiels, il reste 900 candidats inscrits sur Parcoursup qui n’ont pas trouvé de place dans l’enseignement supérieur. L’an dernier ils étaient 3.000 à la même époque. Par ailleurs, la grogne étudiante semble s’être calmée depuis la rentrée. Est-ce que Parcoursup a finalement mieux fonctionné que vous ne le prévoyiez?

Éric Coquerel – Parcoursup n’est pas un succès, tout le monde l’admet. Il y a beaucoup plus de gens qui se retrouvent sur le carreau que ce que l’on dit. Il y a 40.000 personnes qui étaient considérées comme inactifs et qui sont dans un trou noir dont on ne sait comment ils y sont répartis. Il y en a probablement parmi eux qui n’ont toujours rien pour cette année. Mais surtout, le vrai problème est ailleurs: vu qu’il n’y a pas eu de hiérarchisation dans les choix que pouvaient faire les étudiants (comme c’était le cas avec APB, ndlr), ils sont nombreux à se retrouver dans des filières qu’ils ne voulaient absolument pas rejoindre.

Le gouvernement se félicite d’une plus grande ouverture aux recrutements de candidats en dehors des académies de chaque université. Cela pourrait en principe permettre aux meilleurs candidats de banlieues et de province de rejoindre plus facilement les universités parisiennes les plus prestigieuses. Faut-il «désectoriser» complètement le système d’accession à l’enseignement supérieur?

Le fait d’avoir la liberté de pouvoir s’inscrire dans l’université de son choix est une bonne chose. Il ne faut pas que toute la Seine-Saint-Denis aille à l’université Paris 8, par exemple. Nos étudiants devraient pouvoir postuler avec les mêmes chances dans toute l’Île-de-France. Mais je reste quand même attaché à une forme de sectorisation régionale, pour que les étudiants n’aient pas à traverser la France entière pour faire les études de leurs choix, car cela est invivable.

«On est en train d’entériner la sélection comme une formalité, quelque chose de normal»Éric Coquerel, député La France insoumise

L’an dernier, certains candidats dans des filières sous tension (psycho, Staps…) ont été tirés au sort pour rentrer à l’université. Cette année, ils ont été sélectionnés grâce à leurs dossiers de première et de terminale. Quelle est la meilleure solution?

Les deux solutions sont mauvaises, mais la seconde l’est encore plus. Le problème, c’est qu’on est en train d’entériner la sélection comme une formalité, quelque chose de normal. Dans trois ans, elle ne posera plus de problème à personne, on n’en parlera plus. Pourtant, cette sélection a un impact majeur sur notre système éducatif: le bac ne garantira tout simplement plus l’accès à l’université dans la filière de son choix. C’est principalement pour cette raison que je m’oppose à cette loi. Au lieu de faire correspondre le nombre de places au nombre d’étudiants, on est en train de faire l’inverse, on sélectionne le nombre d’étudiants en fonction du nombre de places.

Le gouvernement a ouvert 30.000 nouvelles places à l’université et en BTS pour la rentrée. Il table aussi sur un

«À Tolbiac, l’état des locaux était quasiment le même avant et après les manifestations»Éric Coquerel, député LFI

budget de l’enseignement supérieur en hausse de 173 millions d’euros en 2019. Est-ce suffisant?

Ce n’est pas assez! Nous aurons 55.000 étudiants en plus à la rentrée prochaine, et si l’on tient compte du nombre d’étudiants en plus qui arrivent chaque année, le budget par élève baisse. Dans l’est de mon département, par exemple, la Seine-Saint-Denis, il est indispensable de construire très vite une nouvelle université.

Au printemps dernier, les blocages dans le seul campus de Tolbiac ont coûté 1,7 million d’euros au contribuable. 7 millions au moins si l’on compte tous les campus de France. Quel message apportez-vous aux étudiants qui souhaiteraient poursuivre la «lutte» cette année dans les universités françaises?

Je réfute ces chiffres. Ce sont les données officielles qui ne se basent sur rien puisqu’aucun état des lieux n’avait été fait nulle part avant les blocages. Ma fille, qui est à Tolbiac, m’a dit que l’état des locaux était quasiment le même avant et après les manifestations: les tags existaient déjà! Et puis un blocage est une forme de lutte qui permet de se faire entendre. Quand je suis passé l’an dernier à Tolbiac, ils étaient 2.000 à se réunir en assemblée générale, contre 250 deux ans avant contre la loi El Khomri quand le campus n’était pas bloqué (Loi relative au travail adoptée en 2016, ndlr). Cette façon de manifester fonctionne, et je continuerai de soutenir les jeunes dans leurs combats, comme ailleurs je soutiens les salariés dans d’autres luttes.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/eric-coquerel-lfi-on-est-en-train-d-enteriner-la-selection-a-la-fac-comme-une-chose-normale-_f1aea2a8-c24e-11e8-af9a-1ecac13903f7/
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Une bande dessinée pour lutter contre les idées reçues sur les ingénieurs

Les métiers de l’ingénierie recrutent, mais ils sont encore bien trop souvent méconnus. Pour y remédier, Syntec-Ingénierie a décidé de lancer une série de bande dessinées pour sensibiliser les lycéens à ces professions.

Sensibiliser les lycéens aux métiers de l’ingénierie. Tel est le but de la série de bande dessinées que lance aujourd’hui le Syntec-Ingénierie, la fédération professionnelle des entreprises d’ingénierie de France. Ce support ludique, destiné aux lycéens et aux jeunes qui se posent des questions sur leur orientation, entend faire de la pédagogie sur les métiers et carrières de l’ingénierie.

«Il y a un problème de connaissance des professions et des opportunités professionnelles dans notre secteur, introduit Nicolas Jachiet, président du Syntec-Ingénierie. L’objectif de ces bande dessinées est de faire de la pédagogie en permettant aux jeunes de s’identifier aux personnages», ajoute-t-il.

Des exemples parlants

Dans l’une de ces BD, on retrouve par exemple Charlène, 29 ans, responsable d’études dans le domaine de l’aviation. Au cours du récit, la jeune femme raconte que son métier consiste notamment à la répartition des avions dans le ciel afin qu’il n’y ait jamais de collision entre eux. Autre exemple: Sahar, un écologue de 33 ans, qui s’assure que la construction d’un nouveau tramway n’ait aucun impact négatif sur des espèces d’animaux rares ou protégées.

Des histoires qui ont pour but de faire prendre conscience aux jeunes que les métiers de l’ingénierie ne ressemblent pas forcément à l’image qu’ils s’en font. «Il existe beaucoup d’idées reçues sur l’ingénierie. On entend fréquemment que c’est un secteur réservé aux hommes, qui n’emploie que des ingénieurs, ou encore que ce sont des métiers de bureau. Tout cela est évidemment faux. De l’aéronautique aux bâtiments, en passant par l’environnement et le digital, l’ingénierie emploie des hommes et des femmes issus d’horizons très divers», précise le président du Syntec-Ingénierie.

«Ces supports pédagogiques seront distribués dans tous les lycées de France et sont en accès libre sur le site www.avenir-ingenierie.fr», renseigne la fédération. Un partenariat devrait d’ailleurs être signé avec l’Onisep, organisme national sous tutelle du ministère de l’Education nationale qui a pour but d’informer sur les études et les métiers.

L’ingénierie: un secteur en forte croissance

Depuis plusieurs années, l’ingénierie est en forte croissance. En 2017, 53 000 recrutements ont été engagés dans le secteur, contre 36 000 en 2016. Et le chiffre devrait continuer à croître dans les années à venir. L’insertion professionnelle des diplômés d’écoles d’ingénieurs est très bonne, et les salaires d’embauche sont attractifs. Selon l’enquête d’insertion 2018 de la Conférence des grandes écoles, seuls 8,3% des diplômés d’écoles d’ingénieurs en 2017 étaient en recherche d’emploi en 2018. Un chiffre inférieur à celui des jeunes diplômés d’écoles de commerce (10,6%), pourtant également très convoités.

» LIRE AUSSI – Écoles d’ingénieurs: pourquoi des étudiants parisiens passent les concours en province

Ces écoles d’ingénieurs connaissent d’ailleurs un succès de plus en plus grand. Le concours commun Puissance-Alpha, qui permet à 16 écoles de recruter des étudiants après le bac, va d’ailleurs ouvrir 1000 places supplémentaires dès cette année. «Le nombre de candidats a augmenté en 2018, et sa croissance devrait se poursuivre l’an prochain», prévient Jean-Marc Idoux, président de Puissance-Alpha. Et ce concours est loin d’être le seul à enregistrer une telle progression. Le secteur de l’ingénierie a donc de beaux jours devant lui.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/une-bande-dessinee-pour-lutter-contre-les-idees-recues-sur-les-ingenieurs_86dafe94-c23b-11e8-ad1e-60c1e544ba7a/
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« Les doctorants ne veulent plus être vus comme des rats de laboratoire »

Une grande disparité existe entre les filières en termes d’embauche et de financement des thèses, les scientifiques étant plus courtisés que les chercheurs en sciences humaines et sociales.

La finale internationale 2018 de « Ma thèse en 180 secondes » s’est tenue jeudi soir 27 septembre à Lausanne, en Suisse. Lors de cette 5e édition, des doctorants francophones venus de 18 pays se sont succèdé sur scène pour présenter leur recherche à un public profane. Alexandre Matic, représentant de la Confédération des jeunes chercheurs, qui regroupe quarante associations françaises de doctorants et docteurs, témoigne des difficultés et améliorations quant à leur situation.

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En quoi l’événement « Ma thèse en 180 secondes » est-il le signe d’une évolution du rapport des doctorants avec le grand public ?

Alexandre Matic : Il participe de l’enjeu de vulgarisation de la recherche. C’est une évolution positive que l’on observe depuis quelques années et que les jeunes chercheurs ont bien intégrée. Ils ne veulent plus être assimilés à des rats de laboratoire et sont aujourd’hui habitués à devoir partager leurs recherches, ne serait-ce qu’avec leurs pairs. C’est ce que démontre, dans le domaine scientifique, l’ampleur que prend le mouvement open science (partage et diffusion des données de recherche). Diverses initiatives, comme « Ma thèse en 180 secondes » ou la Nuit européenne des chercheurs, qui aura lieu vendredi 28 septembre, permettent ainsi à l’ensemble de la société, très curieuse et demandeuse, de se tenir au courant des avancées de la recherche. C’est aussi un moment d’échange qui peut être profitable au chercheur lui-même : obtenir des retours, même par des personnes qui ne connaissent rien à la problématique, permet de soulever de nouveaux enjeux.

Quelle est la situation des doctorants français en 2018 ?

La précarité des jeunes chercheurs est alarmante. Sur les près de 12 000 doctorants inscrits en première année pour la rentrée 2016, 30 % se trouvaient sans financement pour leur thèse. Ils sont donc contraints de travailler à côté, souvent en tant que vacataires dans les universités. Ces prestations sont mal payées au vu des compétences d’un doctorant : si l’on prend en compte les heures de préparation des cours, le salaire est proche du smic. Sans compter que les vacataires sont sans contrat de travail : cela en fait des « ubérisés » du secteur de l’enseignement et de la recherche.

Une situation de pauvreté qui entraîne un très fort taux d’échec

Quant à ceux qui ne trouvent aucun emploi pour payer leurs études, ils se trouvent dans une situation de pauvreté qui entraîne un très fort taux d’échec. Il est intolérable que, en 2018, la recherche ne soit pas payée à sa juste valeur. Forcément, cela entraîne une diminution du nombre de thésards français : on en compte aujourd’hui environ 70 000, contre 80 000 il y a dix ans (touchant particulièrement les filières de sciences humaines et sociales, plus sujettes au manque de financement). Nous sommes sur une pente descendante quand nos voisins, l’Allemagne par exemple, voient leur nombre de doctorants augmenter.

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A l’étranger, le diplôme du doctorat est extrêmement valorisé. En France, les docteurs sont toujours en concurrence avec les diplômés de grandes écoles…

Effectivement, il existe une chasse gardée très franco-française qui consiste à réserver les postes dans le secteur privé, notamment en recherche et développement (RD), aux diplômés de grandes écoles de commerce ou d’ingénieur. En Allemagne ou aux Etats-Unis, le doctorat est valorisé en tant que tel — d’ailleurs, le docteur français est très courtisé à l’étranger. Une mentalité différente perdure en France, qui entend plutôt confiner les doctorants au secteur public : c’est se priver de talents incroyables. Le chômage des jeunes docteurs s’élève, cinq ans après la sortie de l’université, à 14 % : pratiquement le double par rapport aux filières ingénieurs et grandes écoles. Quant au salaire médian des chercheurs dans le privé, il est aussi inférieur à ceux des ingénieurs et des personnes issues des grandes écoles.

Observe-t-on malgré tout une évolution dans la perception des docteurs par la société ?

Oui et il faut accompagner la valorisation naissante du diplôme de docteur. L’expérimentation, dès la session d’août 2019, d’un concours d’entrée à l’ENA [Ecole nationale d’administration] réservé aux doctorants est un bon signal : cela rappelle qu’ils sont en mesure de répondre aux profils attendus dans la fonction publique. Autre avancée : depuis mars, le doctorat figure dans le Registre national des certifications professionnelles (RNCP), par le biais de 22 fiches qui mettent en avant les compétences qu’un doctorant acquiert au cours de son cursus et dont il pourra faire profiter une entreprise. Un docteur est notamment à même de gérer des projets dans la recherche et développement, a une capacité de veille qui permet de jouer des coups stratégiques en avance et a tissé un réseau partout dans le monde : autant de compétences qui en font un atout pour le secteur privé.

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Quel est l’enjeu du doctorat aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les doctorants sont une population muette dans le cadre universitaire, car très peu, voire quasiment pas, représentée. Ils correspondent à une population à part entière — ni vraiment étudiants ni totalement personnels de l’enseignement supérieur —, qui n’est pas considérée comme telle et qui donc n’apparaît pas dans les conseils centraux, qui gèrent les universités. Nous souhaitons donc la reconnaissance du statut particulier de doctorants, à l’instars des apprentis, au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche et une véritable contractualisation des doctorants. Ils seraient alors moins liés au seul bon vouloir des directeurs de thèse et seraient plus accompagnés au sein de l’université.

Lire :   Le secteur privé attire de plus en plus les titulaires d’un doctorat

Source: https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/09/27/les-doctorants-ne-veulent-plus-etre-vus-comme-des-rats-de-laboratoire_5361077_4401467.html
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Sélection, année zéro

« Sélection piège à c… » C’est le détournement de slogan le plus connu de Mai 68. L’un des non-dits les plus tenaces aussi dans le monde universitaire français. La sélection, un tabou auquel entendait bien s’attaquer Emmanuel Macron à peine élu. On allait voir ce qu’on allait voir. Et on a vu.

Un an après, la table a été renversée… sur les pieds du nouveau président. Parcoursup ? Toute-puissance de l’algorithme, « oubliés » de l’été 2018 – pas moins nombreux que ceux de l’été 2017… Le nouveau système d’admission postbac a comme ranimé son prédécesseur honni APB, qu’il était censé faire oublier.

2018, année zéro pour la sélection ? Pas si sûr. Parcoursup agit comme un révélateur de l’exception française, sa « méritocratie » qui patine, son « ascenseur social » en panne, ses discriminations qu’il est de bon ton de dénoncer, à droite comme à gauche, élection après élection, alternance après alternance – mais que personne n’a vraiment pris à bras-le-corps dans les multiples réformes qui se sont succédé depuis Edgar Faure, le ministre de l’éducation de Charles de Gaulle en 1968.

Lire aussi :   Parcoursup : « En France, la sélection par l’échec est une coutume »

Plus qu’une énième réforme, celle de 2018 est peut-être la mère de toutes les réformes…

Car, depuis cinquante ans, la sélection a déjà gagné… les esprits. Personne n’en parle, mais tout le monde l’a en tête. Le numerus clausus de médecine est condamné ? Gageons qu’il n’a pas dit son dernier mot… « En France, la sélection par l’échec est une coutume », résume parfaitement la pédopsychiatre Catherine Jousselme dans ce supplément.

Bref, le système des castes a encore de beaux jours devant lui. Et le débat continue. Ou plutôt le dialogue de sourds. La réforme de l’entrée à l’université ? « Une sélection qui ne dit pas son nom », disent les uns, la garantie que le bachelier aura « le dernier mot », assurent les autres. L’université, nous disent doctement les experts, est « sous tension » dans nombre de filières – comprendre : trop de demandes pour trop peu de places. D’où la « promesse intenable » que tente de tenir Parcoursup, souligne le sociologue Jules Donzelot. Un débat très « en même temps »…

Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, a, comme promis, revu (un peu) sa copie. Et elle s’est engagée à créer 130 000 places dans l’enseignement supérieur durant le quinquennat. Sélection, année zéro vous dis-je…

Lire aussi :   Parcoursup : ce qui devrait changer en 2019

Source: https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/09/27/selection-annee-zero_5360880_4401467.html
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«Après le bac, je suis parti étudier à Oxford dans le campus de l’EM Normandie»

VOTRE AVIS – Clément, 18 ans, a décidé de partir étudier à l’étranger après l’obtention de son bac. Il raconte sa première année d’études supérieure au sein du campus de l’EM Normandie à Oxford.

Après le bac, partir étudier à l’étranger dès la première année peut faire peur. Pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à s’y risquer. C’est le cas de Clément, 18 ans, jeune titulaire d’un bac S. Après l’obtention de son diplôme, il a décidé de rejoindre l’EM Normandie, une école de commerce. «Je cherchais une école qui permettait de partir à l’étranger, et notamment en Angleterre, assez facilement. Lorsque j’ai vu que l’EM Normandie avait un campus à Oxford, j’ai révisé comme un fou pour réussir le concours», introduit-il.

Mais le jeune homme n’imaginait pas partir dès la première année à l’étranger. C’est lors des journées portes ouvertes qu’il a appris que l’école donnait désormais la possibilité aux étudiants de rejoindre son campus oxfordien directement après le bac. Une aubaine. «Je voulais avoir cette sensation d’indépendance, de responsabilité. J’ai vécu quatre ans en expatriation en Arabie Saoudite avec mes parents, j’étais dans une école anglaise, j’avais donc très envie de renouveler l’expérience, mais loin de ma famille», dit-il. Comme lui, seize autres jeunes de première année ont rejoint le campus d’Oxford de l’EM Normandie. Pour le Figaro Etudiant, il donne son ressenti sur ses premières semaines dans la ville.

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Ce que j’aime: «Oxford est une ville très étudiante, jeune, active»

Cela fait maintenant presque trois semaines que j’étudie ici, et je vais rester au moins un an. Je me suis très facilement adapté, notamment grâce à l’accueil très chaleureux des anciens étudiants de l’école ayant déjà passé du temps ici. Dès le premier jour, ils nous ont fait découvrir la ville, la culture et l’architecture

Clément va rester au moins un an sur le campus de l’EM Normandie à Oxford.

oxfordienne, le cadre de vie. C’était parfait.

Oxford est une ville très étudiante, jeune et active. Elle est en mouvement constant. Dans les rues, il y a toujours du monde. Le soir, c’est vraiment très sympa de se balader dans la ville et d’aller boire des verres dans les pubs.

«Il y a de très nombreuses conférences organisées par l’université d’Oxford : elles sont gratuites et ouvertes à tous»Clément, étudiant en première année sur le campus d’Oxford de l’EM Normandie

Le campus de l’école est situé en centre-ville. Il n’est pas grand, ce qui favorise les rencontres et l’entraide entre étudiants. Les anciens nous expliquent beaucoup de choses qui nous aident à nous intégrer, cela a rapidement créé une cohésion et cela facilite grandement l’accès aux informations.

Ce qui est très appréciable, c’est que la grande majorité des activités sont situées dans le centre-ville. Nous sommes donc à proximité de tout: le cinéma, le sport, le théâtre…Il y a de très nombreuses conférences organisées par l’université d’Oxford: elles sont gratuites et ouvertes à tous. C’est une chance incroyable pour nous.

Ce qui me surprend: «Les étudiants anglais nous invitent à venir boire des verres avec eux»

Ce n’est pas du tout comme ça que j’imaginais la ville d’Oxford. Je suis déjà allé à Cambridge et j’imaginais qu’Oxford y ressemblait sensiblement. Et ce n’est pas du tout le cas. Oxford est une ville beaucoup plus grande et il y a beaucoup de rues piétonnes. Ici, tout se fait à vélo, il n’y a quasiment pas de voitures.

J’imaginais également que ce serait compliqué au niveau des transports en commun. Avec 40 000 étudiants dans la ville, je pensais que ce serait le bazar. En fait, ce n’est pas du tout le cas, tout est très bien organisé, c’est très agréable.

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Et puis, j’ai été vraiment surpris de la gentillesse et de l’ouverture d’esprit des étudiants anglais. Lorsqu’ils voient que l’on est un peu perdu, ils viennent nous parler et n’hésitent pas à nous inviter à boire des verres avec eux. Tout le monde se mélange et c’est très agréable. C’est une ville très internationale: dans les rues, on entend toutes les langues.

Ce que j’aime moins: «La vie ici coûte très cher»

Il est assez compliqué de trouver un appartement à Oxford. Il existe beaucoup de sites pour ça, mais ils sont un peu inutiles lorsqu’on ne connaît personne. Les étudiants à Oxford se regroupent et louent des maisons en colocation. Mais lorsque l’on arrive en première année, il est assez complexe de trouver. D’autant que les universités achètent des propriétés pour les louer à leurs élèves et cela ne laisse pas beaucoup de possibilités pour les autres. Après de nombreuses recherches, j’ai eu la chance de trouver une colocation en maison avec des étudiants de nationalités différentes, c’est l’Auberge espagnole.

Pour un étudiant, la vie coûte très cher à Oxford. C’est vraiment l’aspect le plus négatif. Lorsque l’on sort boire des verres avec ses amis, l’addition devient très rapidement salée. C’est assez compliqué. Il est donc nécessaire de trouver un job étudiant. Heureusement, c’est très simple. J’ai déposé une dizaine de CV, et j’ai reçu cinq ou six réponses positives. J’ai l’embarras du choix. Je pense que je vais choisir d’être livreur, comme ça je pourrais tout faire à vélo et j’aurais la possibilité de gérer mon emploi du temps.

Autre inconvénient, ici, les boîtes de nuit ferment à 3/4h du matin. Les gens sont donc alcoolisés à partir de 21h. Il est donc parfois compliqué de s’amuser le soir avec ses amis, car il y a beaucoup de gens qui déambulent dans la rue un peu bourrés, et c’est parfois un peu limite. Mais généralement, il n’y a pas de problème.

Source: http://etudiant.lefigaro.fr/article/-apres-le-bac-je-suis-parti-etudier-a-oxford-dans-le-campus-de-l-em-normandie-_2abbae64-c1a6-11e8-af9a-1ecac13903f7/
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